La traque des oeuvres au coeur des réseaux, pour la bonne cause
Transparency, Kollector, deux sociétés, une française et une belge se proposent d’épauler les ayant droit dans la surveillance de l’exploitation de leurs oeuvres sur le Net.
Le Midem approchant, tout plein de bonnes initiatives viennent se rappeler au bon souvenir de la filière musique. Parmi les plus encourageantes sont certainement les sociétés qui promettent monts et merveilles dans le domaine de la collecte des droits, et le suivi au bit près d’une oeuvre sur le réseau et ailleurs, pour les plus aventureux. Deux sociétés se sont montées sur ce principe dernièrement, Kollector et Transparency. Toutes les deux ont à coeur de surfer sur un double constat, à la fois motivant, et inquiétant.
En tout premier, ces sociétés, françaises ou du moins francophones de naissance - Kollector est belge -, sont ravis par les possibilités technologiques offertes par le Web et le numérique en particulier. En effet, avec le réseau, un bon ordinateur et du code aux petits oignons, il est possible relativement facilement de dénicher une exploitation d’une oeuvre, par une radio en ligne, ou un site, quel qu’il soit, à la condition express que l’émetteur soit recensé dans une base de donnée.
Le second constat fondateur de ces sociétés est l’idée tenace que les sociétés de gestion et de collecte des droits n’ont pas encore su prendre le virage du Net, et peuvent finalement être dépassées, sans trop de difficulté. Cela dit, ni Transparency, ni Kollector n’avoueront, car les deux veulent se présenter comme complément de la mission, hautement compliquée et complexe, d’une Sacem en France, ou Gema en Allemagne ou encore PRS au Royaume-Uni.
1,25 euro la traque
L’offre de base de ces sociétés est la suivante : l’artiste, le fan, ou le producteur, qu’importe finalement, peut avoir accès à un traitement en temps direct de la diffusion, donc de l’exploitation, des oeuvres sur le réseau. Le belge Kollector, co-fondé par Dominique Derwa, revendique un rayon d’action de 56 pays pour 1890 radios suivies, et bientôt aussi, c’est promis, les chaînes de télévision. Il suffit de concocter encore une fois, le code qui va bien. L’utilisation n’est pas gratuite évidemment, ces services sont payants. Kollector propose une tarification à la chanson, 1,25€ par mois et un forfait annuel de 125 euros pour 10 chansons.
De son côté, Transparency va plus loin, et se propose d’accompagner l’ayant droit dans sa gestion au jour le jour de ses droits. La société présidée par Jean-François Bert revendique ainsi une compatibilité avec les outils et bases données des sociétés de gestion. L’outil a été développé pour les ayant droit, quand Kollector propose plutôt une interface de surveillance pour toute personne en possession d’une oeuvre sous la forme d’un MP3 à identifier. Libre à elle ensuite d’en traquer l’exploitation, sans faire la preuve de sa propriété.
Cependant, l’utilité de ces outils nés du web peut s’avérer cruciale le jour où une oeuvre diffusée n’est pas rémunérée par la société de perception, pour une raison non identifiée. Dominique Derwa explique d’ailleurs que l’idée de créer Kollector est née d’une demande de ce type. La société a fait les démarches nécessaires pour que ces process soient reconnus et puissent être fournis comme preuve à une SPRD récalcitrante.
D’ailleurs, ces dernières ne sont pas hostiles. Bernard Miyet, le président du directoire de la Sacem, s’est montré intéressé par ces système de surveillance des oeuvres, mais a nourri quelques doutes sur leur véritable efficacité : "nos ingénieurs auront encore à tester ces technologies". Pour se faire connaître, elles ont d’ailleurs été présentées lors du Midem 2011, et pour le grand congrès des société d’auteurs, la CISAC, en juin dernier.
