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La radio se meurt, lentement

Le 16 Avril 2009 dans Old fashion media par Emmanuel Torregano

A la publication des audiences de la radio en France par Médiamétrie, le diagnostique s’affirme chaque fois un peu plus. La radio se meurt. Le média affiche encore une forme relative, écouté par plus de 80% de la population française, mais d’autres symptômes sont inquiétants.

Depuis plusieurs années, les chiffres de l’audience de la radio sont à la baisse, alors que la population française croît, elle, pendant ce temps. L’impact du déclin n’est pas identique selon les stations ou les genres. Ainsi, les radios généralistes, celles qui parlent vraiment dans le poste, semblent être épargnées, tandis que les stations musicales sont violemment secouées.
L’enquête de Médiamétrie sur les audiences de ce début d’année n’échappe pas à ce constat amer. La radio en tant que média a ainsi perdu quelques plume avec une audience globale de 81,5%, alors qu’elle était encore de 82,7%, sur la même période, un an plus tôt. Tout ce passe en fait comme pour les personnes âgées, atteintes d’une maladie incurable, le développement des métastases est ralenti, mais inéluctable.

Feu d’artifice du service public

Dans cette morosité ambiante, quelques stations arrivent à sortir du lot, avec des scores en progression mais qui n’ont pas grand chose à voir avec des performances. Ainsi, Europe 1 confirme bien son regain de forme depuis que la station, reprise par Alexandre Bompard, a abandonné un peu de son soutien trop voyant à la majorité présidentielle. La station de la rue François 1er gagne un petit 0,3 point avec 9,4% d’audience. Une progression qui semble se faire notamment en partie au détriment de RTL. La radio du groupe Bertelsmann enchaîne les déceptions depuis quelques sondages, et malgré un titre de "première station de France", elle perd 0,3 point sur cette vague à 12,3%.
Pendant que dans l’autre côté de la barrière de l’argent, France Inter continue son étonnant redressement. En partant, Frédéric Schlesinger laissera donc à Philippe Val une antenne regonflée à bloc, capable d’aligner des audiences de grand soir. D’ailleurs, c’est par un véritable feu d’artifice que Jean-Paul Cluzel signale son départ, suite au non renouvellement de son mandat par l’Elysée. Le président de Radio France peut s’enorgueillir d’avoir placé son groupe en tête des audiences toutes catégories avec 25,9 %. Seul bémol, France Info perd toujours des auditeurs - de 9,2 à 8,9%. Il faut croire que le format tout info n’est plus aussi performant depuis que l’internet permet de s’informer en quelques clics.
L’audience de RMC mérite que l’on s’y attarde. Pour beaucoup, la progression de l’antenne propriété d’Alain Weill est l’un des signes d’une certaine décadence de la radio, avec son cortège d’émissions à la limite du racolage et un ton volontairement très dynamique, voire agressif. Pourtant, les performances de cette antenne sont totalement hors normes dans le contexte actuel. Et cette vague janvier-mars 2009 illustre bien le phénomène. Avec RMC, le paysage français tient son wonder boy, son cas d’école, sa météorite. La station dirigée par Frank Lanoux passe en trombe les 6% pour s’apprécier à 6,4%, soit une progression fulgurante de 0,7 point d’une année sur l’autre.

Un média populaire

Pour les stations musicales, la maladie a déjà gagné les organes vitaux. Ainsi, Virgin Radio a été placée sous tente à oxygène. La station du groupe Lagardère baisse de 1,3 point avec 5,1%. Cependant, il serait inutile de pointer du doigt la station, car aucune radio musicale ne s’en sort indemne, à l’exception de RTL2. Toute les autres voient leurs audiences s’affaiblire en début d’année. NRJ ne perd que 0,4 point avec une audience cumulée de 10,6% contre 11%. Voilà qui sonne comme un encouragement pour Christophe Sabot, le directeur de la station.
La question d’une survie de la radio est donc posée. Sa position de grand média populaire commence à chanceler, battue en brèche par d’autres, notamment l’Internet. Les opérateurs ont mis tous leurs espoirs dans le lancement de la radio numérique terrestre. Un mode de diffusion qui pourrait donner au média un coup de fouet. Ou bien finir d’achever certaines stations qui aujourd’hui profitent d’un avantage certain grâce à un parc d’émetteurs plus étoffé que la concurrence.

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2 Commentaires

  1. muhyidin le 17 avril 2009

    Les Podcasts sont ils pris en compte ? Pour ma part je n’ai pas le temps d’écouter la radio aux heures auxquelles passent mes émissions préférées (Les lundis de l’histoire, 2000 ans d’histoire, revue de presque...). Je les écoute donc quand j’en ai envie sur mon baladeur alors que je n’ai jamais été un auditeur, c’est d’ailleurs par ce biais que j’ai découvert ces émissions.

    Bémol pour la nomination de Val... Au secours



  2. Emmanuel Torregano le 17 avril 2009

    Oui, la méthodologie de Médiamétrie est "user centric". Elle ne fait pas de différence sur les modes d’écoute.



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