La publicité maintenue sur France Télévisions
L’arrêt de la publicité sur France Télévisions fin 2011 risque d’être une promesse non tenue. Plusieurs indices laissent, en effet, penser que cette mesure phare de la loi sur la réforme de l’audiovisuel publique ne sera jamais appliquée. Des mesures compensatoires sont à l’étude.
Deux des trois candidats à la reprise des 70% du capital de France Télévisions Publicité, le groupe Lagardère et Stéphane Courbit
sont suffisamment proches du président de la République et des pouvoirs publics pour ne pas se laisser aller dans cette aventure s’ils considéraient que celle-ci était éphémère. Hi-Media, spécialisé dans les médias en ligne, ne peut élargir son orientation stratégique si cette entreprise ne voulait pas l’inscrire dans la durée.
Qui peut croire que de tels groupes vont prendre, dans le meilleur des cas, possession d’une régie en septembre 2010 qui cessera son activité quinze mois plus tard ? Même si le prix d’achat de 20 millions d’euros sera extrêmement modéré, il faudrait dans l’hypothèse d’une cession
définitive, procéder à un plan de départ 250 personnes sur les 290 actuellement salariées. Alain Weill, pdg de nextradio, candidat écarté, n’a jamais répugné à effectuer ce type de mission comme il l’a démontré comme patron du groupe Tests ou de la Tribune - le fait qu’il soit écarté de ce dossier prouve, à l’évidence, que ce n’est pas ce point qui constitue l’élément essentiel du dossier. Par ailleurs, le groupe Lagardère qui doit réduire le périmètre de son groupe de presse ne va pas alourdir son climat social en mettant fin à l’activité majeure d’une régie dont nul ne sait comment le personnel réagira. Stéphane Courbit qui entend prendre pied durablement dans un média généraliste ne vas pas, lui, se contenter d’un simple aller retour en étant très momentanément propriétaire d’une régie. L’homme d’affaires est prêt à rendre certains services mais jusqu’à un certain point.
Le fait que FTP commercialise, à coté des espaces publicitaires de France Télévisions, ceux de Discovery Channel, FoxLife, Euronews, TV5Monde et de quelques sites internet n’explique pas la détermination de tels
acteurs.
Décision est quasiment prise de maintenir la publicité
L’évidence s’impose d’elle même : ni Lagardère, ni Stéphane Courbit, adossé à Publicis sur ce dossier, ne veulent reprendre FTP pour en fermer la porte 18 mois après. Avec des recettes brutes estimées à 50 millions d’euros en 2011 et donc amputées des coûts de fonctionnement de régie, la reprise ne se justifie pas, sauf si FTP poursuit ses activités après 2011. Ce qui va être le cas... Attaché aux problèmes d’image, Nicolas Sarkozy serait parvenu à la conclusion que les téléspectateurs ne verraient pas la différence entre la fin de la publicité sur les chaînes publiques entre 6 heures du matin et 20 heures, et son maintien.
Pourquoi, dès lors, se priver de cette recette qu’il faudra encore une fois compenser par une dotation budgétaire ? Le versement des 415 millions d’euros effectué cette année par le Trésor pour compenser l’arrêt de la publicité après 20H ayant déjà fait couler beaucoup d’encre, il est inutile de lancer un plus vaste débat sur cette question à six mois de l’échéance présidentielle. En courant le risque de se voir aller accusé d’enterrer la télévision publique en lui resserrant les cordons de la bourse.
Si la décision est quasiment prise de maintenir la publicité sur les chaînes publiques, le gouvernement va devoir donner le change à TF1, M6 et Canal+ qui comptaient sur sa suppression définitive pour bénéficier de quelques transferts d’investissements des annonceurs.
L’hypothèse retenue consisterait à mettre purement et simplement fin à la taxe de 1,5% sur les recettes publicitaires de la Une, de la Six et de Canal dont le produit devait compenser la baisse des recettes de l’audiovisuel public.
La publicité étant maintenue, celles-ci ne baissent plus et la taxe n’aurait plus lieu d’être.
