L’artiste, cet avare qui ne se montre pas

Le 8 février 2012, Peer2peer

L’artiste est un homme d’affaires comme les autres. Le considérer autrement c’est commettre une erreur de jugement, et minimiser sa place dans la ...

Référencement, mensonges et vidéo

Le 7 février 2012, So_cult’

MegaUpload n’est plus et les sites de video à la demande comme de télé de rattrapage voient leurs audiences s’envoler. Explications. La fermeture du ...

Introduction en bourse de Facebook : du marketing de pros

Le 7 février 2012, Le_Flouze

En prévision de son introduction en bourse, la direction de Facebook orchestre une communication rassurante et parfois naïve pour empêcher une chute ...

Les fabricants d’écrans exigent une refonte du modèle de financement de la création

Le 6 février 2012, So_amazing

Les fabricants de téléviseurs estiment verser 100 millions d’euros de trop à la copie privée. Ils demandent aussi des contenus pour nourrir les écrans ...

La posture hallucinante de la presse française face à Google

Le 14 Décembre 2009 dans Le_Flouze par Xavier Sauvignat

Comment comprendre la crise que traverse la presse online ? Probablement en lisant les articles, les tribunes, les analyses des journalistes, blogueurs ou éditorialistes français. Mais certainement pas en regardant les vidéos publiées sur le blog La voix du dodo (google vs presse française : le clash a bien eu lieu) ; vous n’y obtiendrez aucune réponse. Attention, non pas qu’elles soient sans intérêt, c’est même l’inverse, mais le visage offert par la presse française, au travers de ses dirigeants, est consternant.

Réunis autour du thème des « outils mobiles », ce concile des éditeurs de presse s’est trouvé un parfait bouc émissaire en la personne de Carlo d’Asaro Biondo, responsable de Google Europe du sud. Il est désormais bien vu de taper sur Google, ce méchant despote qui capte toutes les richesses et paupérise, d’après ses détracteurs, tout un secteur délibérément. La posture est habile mais les failles sont bien trop profondes pour ne pas y voir une attitude désespérée.

Description des vidéos

Dans ces vidéos, on y voit Nathalie Collin (NC), co-présidente du directoire de Libération, qui d’un ton péremptoire signale à son interlocuteur que la production éditoriale des entreprises de presse a une valeur. Jusque la rien de nouveau, même Google ne le conteste pas. Mais que cette valeur est, toujours selon NC, diluée dans un océan de technologies qui construit la sienne autour de ces contenus et de ceux qui les produisent. Pour résumer, les opérateurs technologiques pillent les producteurs d’information et se rémunèrent sur leur dos. C’est une contre-vérité et un raccourci dangereux. Pour ne parler que de Google, l’accusé, il a créé un outil révolutionnaire qui se propose soit d’ordonner de manière pertinente les réponses à une requête, soit de proposer les meilleures cibles (sites ou blogs) pour un annonceur. Donc Google ne capte pas et ne détourne pas mais crée de la valeur. Peut-être trop et sans réelle concurrence. C’est ce qui inquiète...
Dans ces vidéos, on y voit Philippe Jannet (PJ), pdg du Monde Interactif, critiquer Adsense, qui selon lui dévalorise les espaces publicitaires et détourne les flux financiers destinés traditionnellement à la presse. Incompréhensible, il reproche finalement à Google d’être innovant et d’avoir pensé un nouveau modèle de redistribution des budgets alloués par les annonceurs. Adsense manque probablement de transparence ou de cohérence tarifaire mais c’est une prouesse marketing, et cela confirme la nouvelle réalité du web qui consacre les masses de niche et la fameuse "longue traîne". Ce que PJ dénonce c’est le bon sens et la viabilité d’un modèle économique, curieux comme attitude.
Je vous épargne l’épisode de l’hypothétique massive évasion fiscale dont est victime l’Etat français, et de sa répercussion sur les tarifs du programme Adsense. Des propos diffamatoires qui n’enrichissent pas le débat.

Critiquer google ou ne pas assumer les échecs du passé

A l’heure où les nouveaux supports (mobile, tablet PC, electronic paper...) offrent des relais de croissance intéressants pour les entreprises de presse, il est bon de signaler qu’ils ne répètent pas les erreurs commises par le passé. Aujourd’hui, si tu veux consulter, tu payes (pas toujours mais de plus en plus) – le système paraît logique, et pourtant, à l’origine, les médias sur le web ont fait un autre pari, celui de la gratuité, des millions pages vues et des millions de visiteurs uniques. Force est de constater que les conséquences de ces choix les ont fragilisé.
Le postulat originel de considérer l’information comme un bien immatériel gratuit dont les seuls revenus publicitaires suffiraient à couvrir le coût est une impasse : les lecteurs n’ont plus perçu la valeur ajoutée des contenus éditoriaux qui leur sont proposés. D’où l’émergence rapide des blogueurs, qui ont une liberté, un ton insolent, qui interagissent avec leurs audiences et le tout gratuitement. Evidemment, sans prix, pas de revenu. Nul besoin de s’étendre sur cette équation comptable.
Par ailleurs, quelle peut être la valeur d’un espace publicitaire perçu par un annonceur si le média qui diffuse sa campagne est incapable de justifier le degré d’attachement ou de considération du lecteur à son égard ? Degré d’attachement qui est en partie fonction du prix.
Enfin, découle de ces choix, une course effrénée à l’audience qui s’appuie sur des stratégies d’équilibriste : la rédaction d’articles suppose un mix de techniques éditoriales et de "référencement" pur, le temps réel exige une actualisation intensive de l’information sans traitement de fond. Le tout au détriment d’un contenu différenciant et qualitatif.
Google n’est donc pas responsable, d’une part des choix hasardeux entrepris par les dirigeants de la presse française ces dix dernières années, et d’autre part de l’inadaptation de son modèle économique. Tellement inadapté, qu’ils n’atteignent pas le point d’équilibre alors que les français n’ont jamais consommé autant d’information.

Google coupable, mais de quoi ?

Que peut-on reprocher à l’entreprise de Mountain View ? De considérer que les news ou l’actualité ont un sens économique et s’inscrivent dans son business model. Pas vraiment, c’est de l’ingérence. De ne pas jouer les partenaires candides ? Certainement, d’autant que son impressionnante dynamique de croissance conforterait ses attitudes de prédateur. Mais les médias peuvent y remédier simplement. Le Soir en Belgique fut l’un des premiers à se "déréférencer" (lire le commentaire de Philippe Laloux sur le blog de F.Pisani). Donc, les moyens d’action existent.
Par ailleurs, Google, qui n’a probablement pas l’approche partenariale rêvée, reste poli. Il prête une oreille attentive aux complaintes des entreprises de presse alors qu’elles contribuent si peu à son chiffre d’affaire. Preuve qu’il est lucide, et qu’il a conscience de la puissance des éditeurs et de leurs éditos. Une mauvaise image est si vite véhiculée sur le web...

Partager cette information

11 Commentaires

  1.  le 14 décembre 2009

    Le deal en place entre Google et les éditeurs de presse est un deal gagnant perdant et certains commencent seulement à s’en rendre compte.

    Google est condamné à bouger car son modèle économique est très dépendant d’un contenu qu’il ne produit pas et dont il n’a pas à supporter les coûts. Quel est l’intérêt d’un moteur de recherche qui ne trouve pas une information de qualité ? Que serait Google si les patrons de presse n’avaient pas autorisé un accès gratuit à leurs contenus ?

    Bien évidemment il n’y a pas de modèle unique, il y a des modèles économiques multiples fonction de l’audience, du type de contenus, de la concurrence, etc mais il est grand temps de revenir à un peu de bon sens et d’équité. Une juste rétribution du travail de chacun dans la chaîne de valeur de la création du contenu doit être trouvé.

    Je ne vois pas en quoi la posture de la presse française est hallucinante face à un groupe qui n’a pas brillé par son respect des droits d’auteurs.

    J’appelle cela un juste retour des choses.



  2. Payoute le 14 décembre 2009

    La posture française est plus que justifiée, le monopole de Google n’eperagne personne, le gros problème de cette entreprise c’est qu’elle commence a avoir les yeux trop gros...

    Oui on en a ras le bol de Google, et je suis a 100 % d’accord avec la presse française, il parait inconcevable qu’elle fasse tout le boulot et que c’est Google qui encaisse la mise.

    Sans parler des dérives constantes du géant qui n’a pas trouver d’autres moyens que d’acheter du lien pour sa société au japon et qui présente ses excuses en retrograndant uniquement leur pr et non pas le positionnement de leur site.

    http://searchengineland.com/google-...

    Bref, oui je crois que les producteurs de contenus commencent à en avoir marre de travailler pour Google et je trouve cela parfaitement justifié au vue de l’apetit de l’ogre qui commence a se lancer dans l’immobilier... j’espère sincèrement que Google se fasse recadrer les webmasters commencent à en avoir marre de tous leurs lois absurdes qu’ils ne cessent de constester avec des choix marketing basés sur la rémuneration des bloggueurs... ouai de l’achat de lien ?



  3. jeanlou bourgeon le 14 décembre 2009

    C’est tout de même surréaliste : voilà une entreprise (Google) que tous les médias jusqu’à présent étaient bien contents de trouver à la croiiée de leur descente aux enfers, descente qu’ils ont eux-même orchestrée de main de maître.

    Les médias tenté de tirer un max de profit (en termes de notoriété). Ils ont offert des années durant un contenu gratuit en étant persuadés que c’était LA solution pour faire de l’audience.

    Entre-temps la qualité du contenu s’est fortement dégradée, le contenu s’est hyper pipolisé ; ils se sont délibérément pipolisés pour faire de l’audience. Et malgré ça, la descente continue. Vertigineusement !

    Accuser celui qui un temps a été complice et a permis de développer son business modèle est trop facile et irresponsable.

    Personne n’a forcé les médias à accepter la mise à disposition de leurs contenus. Il s’accommodaient fort bien et cela les arrangeait.

    Machine arrière et défection ; c’est une sorte de trahison.

    Que Google ne soit pas dénué d’arrière pensée esr une évidence qu’il fallait déceler à l’origine ou alors, vraiment, les médias sont d’une béate naïveté.

    Google dépend des contenus. Les médias doivent alors passer à l’acte et interdire l’accès à l’aspirateur Google.

    Mettez en phase vos convictions avec vos actes. Qui, Murdoch en tête, optera pour cette option. Bing ne sera que la réplique de Google.

    Mais pourquoi Murdoch ne signe-t-il pas avec Ballmer ???

    Il doit bien y avoir une raison. Que celles et ceux qui ont en répugnance Google cessent de l’utiliser. Google nous a pris en tenaille mais ne oblige pas à rester cois. Nous avons tous la possibilité de ne plus utiliser Google.

    Chiche !!  !



  4. Philippe Jannet le 15 décembre 2009

    Monsieur Sauvagnat,Vos propos à mon égard sont pour le moins injurieux. Vous ne me connaissez pas et n’avez même pas pris la peine de m’appeler pour évoquer ce débat dont vous vous faites l’écho, comme vous aviez omis de m’appeler pour parler de la vente du Post. Votre "expertise" se limiterait-elle à votre chambre ? Si vous m’aviez appelé, j’aurai pu vous expliquer en quoi, effectivement, la facturation irlandaise des revenus réalisés en France par Google pouvait poser un problème. Si vous aviez pris la peine de "chercher" (search en anglais), vous auriez pu vous rendre compte que sur les 800 millions d’€ de CA que Google réalise en France, il n’en reste que 40 lorsque Google déclare son CA sur le marché français. Si vous m’aviez appelé, j’aurai pu vous expliquer en quoi le partage des revenus sur les adsenses peut sembler très obscur et bien loin des professions de foi de transparence du patron Europe de Google. Si vous m’aviez appelé j’aurai pu vous expliquer en quoi le refus obstiné de Google de préférer le protocole "robot.txt" plutôt que le protocole ACAP semble démontrer une volonté clairement hégémonique de Google. Si vous m’aviez appelé, j’aurai pu vous expliquer les biais étranges de GoogleNews dans le traitement de l’information... Mais vous ne m’avez pas appelé, certain de savoir par avance qu’un patron de site web d’information n’avait rien compris, trop vieux, trop craintif ou juste trop peu expert...Lorsque vous mailez Google, téléphonez Google, cherchez Google, mappez Google, newsez Google,youtubez Google ..., je peux comprendre que vous finissiez par ne plus voir grand chose d’autre que ce nouveau monde si parfait qu’il est bien inconvenant de critiquer sans risquer l’anathème de ses plus serviles moinillons...



  5.  le 15 décembre 2009

    Monsieur Jannet,

    Si j’ai pu paraitre injurieux, je m’en excuse. Ce n’est pas dans mon intérêt.Pour ce qui est de l’expertise...elle est assurément bien moins importante que la votre, et vous l’avez clairement démontré dans votre commentaire. Je serai d’ailleurs ravi que vous la partagiez avec moi, je pourrai ainsi sortir de ma chambre.J’ai simplement voulu démontrer que les relations entre les difficultés actuelles de la presse online et le business de Google ne sont pas évidentes. Mais je me trompe peut-être.Enfin, j’utilise souvent Google, je le confesse, mais j’ai aussi conscience qu’il est important qu’un contre pouvoir s’affirme.

    A l’avenir, je vous contacterai. Merci



  6. Kad le 15 décembre 2009

    Monsieur Sauvignat,

    Comme indiqué dans un commentaire précédent, le chiffre d’affaire de Google France au 31/12/2008 est d’environ 40M€ (voir http://www.societe.com/societe/goog...) ce qui est très peu au regard de sa position sur le marché français. Je comprends que vous puissiez prendre l’opinion des acteurs de la presse française à rebrousse poil, mais la question du manque à gagner fiscal pose problème. Pourriez vous nous indiquer en quoi l’accusation d’évasion fiscale relève de la diffamation ?



  7. xavier sauvignat le 15 décembre 2009

    Bonsoir Kad,

    La réponse est dans votre commentaire : "ce qui est très peu au regard de sa position sur le marché français". C’est une interprétation de votre part.Présentez moi un rapport de l’administration fiscale française qui stipule que Google contourne les règles fiscales et comptables internationales et je vous présenterai immédiatement mes excuses.Par ailleurs, ce n’est pas le propos central de cet article. Mais si vous me trouvez une relation de cause à effet entre le manque à gagner fiscal et les difficultés de la presse en ligne, je suis aussi preneur.Merci pour votre commentaire.



  8. Philippe Astor le 15 décembre 2009

    Je constate dans les discussions que j’ai pu avoir avec des pure players bien installés de la presse en ligne (je veux parler de ceux qui ont émergé dans les 90’s, dans le domaine de l’info high tech, par exemple) que ces éditeurs sont pieds et poings liés à Google qui génère l’essentiel de leur audience, et donc de leur capacité à générer du chiffre d’affaires publicitaire, ce qui au passage a tendance à devenir, plutôt que le traitement de l’information, leur coeur de métier. Aussi Google a tout loisir de fixer les règles du marché de l’information sur Internet. Sa politique de lutte résolue contre le "duplicate content", par exemple, qui ne sert que ses propres intérêts de moteur de recherche, a tué le marché de la syndication, qui aurait pu devenir une source de revenus pérenne pour toutes sortes d’acteurs de la presse en ligne. Mais n’attendons pas des dits éditeurs qu’ils prennent le risque d’acheter du contenu syndiqué (ce qu’ils feraient volontiers, quitte à se passer d’entretenir une rédaction). Car la mécanique mise en place par Google, dans laquelle ils se sont laissés piéger, le leur ferait payer très cher en terme de chute d’audience, puisque les contenus dupliqués ne seraient pas référencés par Google. Je me réjouis d’ailleurs de voir, dans le stats d’EL, que l’essentiel de notre audience provient de Twitter, Facebook, Friendfeed et consorts plutôt que de Google. Peut-être une piste pour faire échec à la toute puissance d’un moteur de recherche comme Google ? Encore faudrait-il avoir le courage de la suivre...



  9. Gabriel le 16 décembre 2009

    Xavier,

    Lorsque vous en aurez marre d’écrire des articles gratuitement sur internet, et que vous demanderez une juste rétribution de votre travail, allez-vous sonner, avenue de l’Opéra, chez Google, pour demander votre dû correspondant à votre contribution à l’information disponible sur internet qui permet à Google d’être, effectivement, un outil si fantastique ?



  10.  le 16 décembre 2009

    Bonjour Gabriel,

    Non je n’irai pas sonner chez Google pour réclamer mon dû car j’estime qu’il ne me doit rien.



  11. xavier sauvignat le 16 décembre 2009

    Voici quelques arguments avancés par des chercheurs qui nous incitent à se méfier de Google. C’est bon, notamment la notion de capitalisme cognitif :- http://www.internetactu.net/2009/12...- http://www.internetactu.net/2009/12...



Ajouter un commentaire


modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)