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La musique veut "sanctuariser" la redevance pour "copie privée"

La société civile des producteurs de phonographiques, réunissant essentiellement les majors de la musique, demande une stabilisation des revenus issus de la copie privée. Ce qui impliquerait une revalorisation forte de cette rémunération sur les disques durs externes ou les lecteurs MP3.


C’est à la mode. Avec la crise, les parapluies sont de sortie et les demandes de garanties sur les recettes aussi. Les producteurs de musique demandent aujourd’hui que le montant de la rémunération pour copie privée, celle qui est perçue à partir des ventes de CD, lecteur MP3 ou tout autre support numérique vierge, ne baisse pas l’année prochaine. Pour ce faire, la Société civile des producteurs phonographiques a fait de la réévaluation des barèmes une de ces priorités de l’année à venir.
La situation est inquiétante, ont expliqué de concert Pascal Nègre, président de la SCPP et Marc Guez son directeur général : les revenus de la société de perception de droits sont largement menacés par la chute des ventes de CD. Et les sommes perçues sur le chiffre d’affaires généré par la commercialisation des disques durs externes, des lecteurs MP3 ou des clefs USB, ne compensent pas les pertes.
Pour l’année 2008, les recettes de la SCPP accusent déjà une déflation de 4,8% comparées à 2007 avec un total de 58,34 millions d’euros. Celle-ci ne doit rien encore à une diminution des ventes de CD, elle est directement imputable à une baisse de la diffusion des vidéomusiques et à une régularisation des perceptions entre 2005 et 2006 en faveur de la SPPF (son homologue pour les producteurs français indépendants). La SCPP note également que 58,854 millions d’euros en tout ont été répartis entre les ayants droits, soit une hausse de 6,9% par rapport à l’année précédente. L’intégralité des produits financiers a également été distribuée, et les coûts de gestion ont légèrement augmenté (9,7% contre 9,4% en 2007).
En 2008, les producteurs ont obtenu une revalorisation de la licence légale radio. Un nouveau barème a été défini entre les ayants droits et les stations privées, grâce auquel la musique touche désormais entre 4 et 7% de leur chiffre d’affaires.


De 10 à 105 euros

En revanche, en 2009, les producteurs anticipent une baisse de près de 15% de la rémunération pour copie privée "alors que le public n’a jamais autant copié de musique dans le cadre de l’exception pour copie privée", souligne la SCPP. Cette rémunération représente aujourd’hui un tiers à peu près de ses revenus. L’enjeu est donc d’importance dans ce contexte de crise, où le marché du disque a perdu "deux tiers de sa valeur, et que le numérique ne devrait représenter 13% cette année. En définitif, c’est 50% du marché de la musique qui a disparu en quelques années", souligne Pascal Nègre. La SCPP demande que le montant total de la rémunération pour copie privée soit maintenu, et pour cela il suffirait de modifier en fonction des usages les barèmes des différents supports enregistrables. Autrement dit, si le CD périclite, il serait indispensable aux yeux des producteurs de relever les tarifs sur les disques durs externes ou les lecteurs MP3. A cet effet, ils ont fait des propositions basées sur la dernière étude de la Sofres concernant l’utilisation des supports numériques. Cette fameuse étude qui avait été voulue par les membres de la commission "Copie privée" à la suite de la décision du Conseil d’Etat d’exclure des barèmes les contenus illicites. Et finalement, ce ne sont pas les consommateurs qui sortent gagnants. Loin de là, puisque la copie privée serait largement relevée sur l’ensemble des supports si ce nouveau barème était appliqué. Ainsi, sur un disque dur externe cette redevance passerait en moyenne de 5,04 euros à 23,49 euros ou encore le même en version multimedia (ceux des décodeurs audiovisuels notamment) passerait de 10 euros à 105 euros ! Enfin, pour un lecteur MP3 de type iPod capable de stocker des vidéos, elle serait de 29,56 euros contre 8 actuellement. "Les usages de la copie ont évolué. Et nous ne les avions pas pris en compte jusque-là", précise Marc Guez. En fait, comme nous l’avions expliqué précédemment, cette étude prend en compte le fait que les consommateurs copient puis effacent et copient à nouveau les contenus pour réévaluer les tarifs !
La Commission présidée par Tristan D’Albis devrait se réunir à partir du mois de février prochain. Pour suivre les recommandations du secrétaire à l’économie numérique, Eric Besson, une réforme est planifiée qui prévoit un processus de désignation du président entre trois ministères (Economie, Consommation et Culture) et non plus seulement la Culture. Une recomposition est également prévue, avec l’arrivée d’un représentant des télécommunications dans le collège des industriels. Les nouveaux barèmes seront alors discutés.

9 Commentaires. Ajoutez le votre +

Créco 13 janvier 2009

Je suis fatigué d’entendre les majors pleurer et réclamer à cor et à cri des sous sur les supports d’enregistrement. Car, il faut bien voir le problème dans son intégralité. Et à y regarder de plus près, on est pris pour des cons !



Explications : dans les années 80-90, les K7 (audios et vidéos) et les CD se vendaient plutôt pas mal. Il y avait des copies, mais soit elles étaient de mauvaises qualités (K7), soit elles étaient anecdotiques (CD, voire DVD). Mais, comme les producteurs ne sont pas fous, à la fin des années 90, on a vu arriver une taxe pour la copie privée. Au départ, elle concernait principalement les moyens de copies (en gros, les graveurs). Ce qui est amusant, c’est de se rappeller que l’un des pionners, Philipps, possédait une maison de disque peu de temps auparavant !
Bref, dans le début des années 2000, on a vu les taxes augmenter, concerner de plus en plus de supports (graveurs, CD et DVD vierges, puis cartes mémoires, clefs USB, disques durs...). Pour autant, des protections ont été mises en place pour éviter les copies ! Donc, d’un côté les producteurs réclament des sous pour palier les pertes qu’ils connaissent à cause des copies. Mais, en parallèle ils mettent des battons dans les roues des copieurs. Entre parathèses, les copieurs qui en font commerce n’ont aucun problème à outre-passer ces protections, par contre, les petits consommateurs galèrent pour copier les DVD qu’ils offrent au tonton, les DVD loués (car c’est légal !).
Pendant un temps, un député a proposé de taxer les FAI. Cette solution me semble la plus judicieuse ! Car, pour moi comme pour beaucoup d’autres, les copies arrivent par internet...
Me concernant, j’ai acheté l’album de Radiohead (In the rainbows) lorsqu’il est sorti sur internet. J’ai donné un prix qui se semblait juste : 10€. J’ai été un peu dégouté lorsque je me suis aperçu qu’il était encodé seulement en 160kb/s. Du coup, je l’ai télécharger "illégalement"...
Pour autant, Radiohead a reconnu avoir gagné plus d’argent avec cet album qu’avec l’ensemble de leurs autres albums... Cette piste, Radiohead a décidé de l’abandonner. Officiellement à cause des journalistes qui ne s’intéressent qu’à ça pdt leurs interviews...
Heureusement, d’autres groupes continuent dans cette voie.



Pour résumer, les majors devraient arrêter de pleurer, se retrousser les manches, proposer d’autres méthodes de distribution. Innover, provoquer l’envie d’achat.



Perso, je suis plutôt mélomane, pourtant, sur l’ensemble des albums que je peux avoir (physiques et/ou numériques), rares sont ceux qui contiennent plusieurs chansons qui me plaisent réellement... Et filer 15-20€ (minimum), c’est cher payer !



@ bientôt dans les salles de concert !



David

travis 13 janvier 2009

quelques rectifications, mon cher David...



la rémunération pour copie privée est apparue en 1985 et non à la fin des années 90. Les producteurs ont donc pu capitaliser de longue date (mais aussi, les auteurs et artistes ont pu vivre). Les supports numériques n’ont commencé à être taxés qu’en 2001.



il n’est pas légal de copier pour tonton un CD ou un DVD acheté ou loué. la loi ne prévoit un "droit" de copie privée qu’à l’usage exclusif du copiste. Toute autre utilisation, c’est de la contrefaçon. Idem si tu organises une projection privée dépassant la sacro-saint "cercle de famille"...



enfin, le Conseil d’Etat a récemment défini que toute copie privée devait se baser sur une source licite.. ce qui n’est pas le cas si tu télécharges un fichier sur le web ou si tu copies le DVD d’un pote..
pour le reste, je suis d’accord avec toi. mais ces réajustements s’imposaient, on entend trop de contre-vérités.



@ bientôt sur le web

ikariya 13 janvier 2009

Alors voila-t-y pas que la solution miracle pour sauver l’industrie du disque c’est de créer une rente, à base d’un impôt prélevé sur tous les appareils numériques.



Et que le pendant de cette opération de sauvetage, c’est la mise en place du filtrage de l’internet.



DOnc si je résume, pour sauver les vendeurs de soupes sur disque, il faut appliquer la politique économique et de l’information chinoise. Quel avenir radieux s’ouvre sous nos yeux ! Merci au Grand timonier pascal !

Créco 13 janvier 2009

Cher Travis,



les articles L122-5-2 et L211-3 du code de la propriété intellectuelle autorisent la copie privée d’une oeuvre à partir d’un original acquis légalement (par exemple un DVD de location), pour un usage privé et dans un cercle familial. Une taxe a ainsi été appliquée aux supports de stockage afin de compenser le manque à gagner des artistes provoqué par le droit à la copie privée.



Sinon, je ne dis pas que copier des fichiers (musique, films, etc.) c’est bien et légal. Bien au contraire ! Mais je dis qu’on ne peut pas réclamer des sous d’un côté et interdire une pratique de l’autre... Soit c’est complètement interdit et on punit sévèrement les fautifs (et sans instaurer de taxes), soit on autorise sous certaines conditions (et on enlève les DRM) et on limite la copie à un but non lucratif et on prélève les taxes permettant les ayant droits de vivre de leur travail.



Juste une petite question : que vaut-il mieux ? Une taxe globale autorisant la copie et permettant une répartition de l’argent, ou une loi qui punit et interdit la copie, mais que tout le monde bafoue ?



Car il faut être honnête, rares sont les personnes qui peuvent se vanter de n’avoir aucune copie chez eux ! (logiciel, musique, film, etc.) Or, les lois existent depuis un bout de temps ! Mais les tribunaux ne voient passer que très rarement des internautes pris la main dans le sac. Or, si une taxe globale avait été mise en place, beaucoup de gens continueraient les pratiques qu’ils ont déjà... Ils verseraient 10-15€ via leur accès internet et seraient plus sereins...



Dans mon ancienne boite, l’accès internet était très très réglementé. Puis, pour X raisons, le service informatique a autorisé plus globalement les accès (en interdisant tout ce qui est puni par la loi évidement !). Au final, seuls quelques utilisateurs abusaient... Mais l’ensemble des salariés y trouvaient un intérêt ponctuel.



Malheureusement, je ne pense pas que Pascal Nègre s’oriente dans cette voie !



@++

 13 janvier 2009

Pourquoi Taxer les Lecteurs MP3 type iPods ou iPhone, ils n’ont qu’a taxer les Mobiles vendus chez SFR, Filiale de Vivendi et d’Universal. CQFD.

Quazaban 13 janvier 2009

Leur économie est simple, en faire un max pour les actionnaires quand les ventes vont bien, et demander à l’état de créer une taxe quand la demande n’existe plus ! Et oui la libre économie a des limites Monsieur les actionnaires qui pleurent. La bourse c’est comme une partie de poker, on spécule à mort pendant la partie, sauf qu’au poker on perd son argent parfois. Et puis le piratage à bon dos, sans Napster et autres P2P votre modèle économique était mort entre 98 et 2000, merci au "pirate" d’avoir guidé votre chemin dans la reconversion de ce modèle plus moderne d’échange payant. De plus Monsieur Universal ne peut être neutre, je ne comprend pas comment il peut se trouver à la tête d’une commission, qui se doit de l’être !

Y. R. 15 janvier 2009

La nature juridique de la rémunération pour copie privée est celle d’un droit à rémunération, composante du monopole d’exploitation des titulaires de droit d’auteur et de droits voisins.



Ce n’est pas une taxe qui vient alimenter le budget de l’Etat...

Quazaban 15 janvier 2009

Ce n’est pas une taxe qui vient alimenter le budget de l’Etat... Nous n’avons pas dit ça, simplement c’est l’état qui accepte quand même cette mise en place "d’une taxation". De plus la majeur partie des fonds ne va pas à l’auteur, mais dans une major, comme chez Monsieur Universal par exemple... Qui lui même décide de cette taxation ! Incroyable ! Ou est l’étique dans tout ça ?

Y. R. 16 janvier 2009

> " c’est l’état qui accepte quand même cette mise en place "d’une taxation".



Non.
En l’occurrence, la Loi aménage les droits de propriété intellectuelle dont bénéficient les auteurs et les titulaires de droits voisins, c’est bien différent.



C’est un peu comme si la loi prévoyait que le bénéficiaire d’une « servitude d’usage » sur la propriété d’autrui devait verser une rémunération au propriétaire.



> "De plus la majeur partie des fonds ne va pas à l’auteur, mais dans une major, comme chez Monsieur Universal par exemple... Qui lui même décide de cette taxation ! Incroyable ! Ou est l’étique dans tout ça ?"



Non, le partage de la rémunération entre les différents collèges d’ayants droit est fixé équitablement par la Loi (50% aux auteurs, 25% aux artistes interprètes, 25% aux producteurs).



la part de la rémunération qui correspond au droit à rémunération des auteurs leur est reversée par la société de gestion collective dont ils sont membres (SACEM).
La branche production phonographique d’Universal ne perçoit, via la SCPP, qu’une fraction (correspondant aux copies privées estimées dont ses phonogrammes ont fait l’objet) de la part qui revient aux producteurs en vertu de la Loi.



Enfin, "Mr Universal" ne décide pas lui même du montant de la rémunération. Il est fixé par une commission au sein de laquelle siègent notamment les ayants droit (auteurs, artistes et producteurs). Certes, ceux-ci sont majoritaires par rapport aux représentants des consommateurs et des fabricants de matériels de reproduction ; mais, étant donné qu’il s’agit de trancher une question relevant d’un droit qui leur est reconnu par la Loi, je ne vois là rien d’illégitime ou de contraire à l’étique.



sur les oeuvres (pour le auteurs), les prestations (pour les artistes interprètes) et les phonogrammes et vidéogrammes (pour les producteurs).


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