La musique se paye un sondage favorable à la loi Olivennes
Les industriels de la musique ont compris l’urgence qu’il y avait à rassurer le gouvernement sur la popularité du projet de loi "Création et Internet". La SCPP a ainsi commandé à Ipsos un sondage sur les principales mesures du texte.
L’industrie de la culture pratique la démocratie directe. Suivant donc ce nouveau précepte : une loi est bonne lorsqu’elle a reçu l’assentiment populaire. Et comment mieux connaître l’avis du peuple que par le truchement d’un sondage, l’arme absolue des politiques ces dernières années. Ceci dit, les représentants de la musique au grand complet ont donc commenté ce midi en direct de l’Olympia à Paris, un sondage réalisé auprès des Français sur la future loi "Création et Internet", un texte issu des accords de l’Elysée et du rapport Olivennes. Une enquête d’opinion rendue visiblement nécessaire par la crainte du gouvernement et plus particulièrement de l’entourage du président de la République de voter une loi particulièrement anti-populaire (La loi Olivennes bute sur l’Elysée).
Sans surprise, l’état de l’opinion mesuré par Ipsos, à la demande des maisons de disques, et principalement les majors du secteur, épouse les grands principes du futur texte de loi. Ainsi, 80,3% des personnes interrogées se disent attachées au fait que les artistes soient rémunérés lorsque leurs oeuvres sont téléchargées sur Internet. De même, le gens sont favorables à un système de riposte graduée impliquant des envois d’emails et une suspension de connexion pour les plus entêtés. Enfin, autre point intéressant, le sondage révèle que ceux qui utilisent les applications de P2P seraient prêts à arrêter s’ils recevaient un message d’avertissement ; le pourcentage culmine à 89% après deux avertissements ! Le chiffre atteint 95% sur le segment des 15-19 ans...
La loi devant les députés en octobre
Voilà donc l’Elysée rassuré, le projet de loi "Création et Internet" bénéficie déjà d’une cote de popularité des plus élevées avant même son vote à l’Assemblée. Un sentiment du devoir accompli, adoubé par les instituts de sondage.
Cependant, plusieurs inconnues assombrissent encore cette alliance de rêve entre les majors et le public. Premièrement, malgré cette prise de conscience des difficultés de la filière, qui fait bégayer à Pascal Nègre, le président d’Universal Music, que l’opinion est en "adéquation avec nous", le marché du disque continue de chuter. D’autre part, le calendrier législatif est particulièrement rempli. Et Jean-François Lameignère, président de Sony BMG, a d’ailleurs avoué qu’il ne voyait pas la loi présentée avant le mois d’octobre devant les députés ; soit trois mois après la première lecture au Sénat prévue pour le mois de juillet.
Le débat ne fait bien sûr que commencer. Les adversaires de la loi auront tout le temps de préparer leur arguments avant la date fatidique, et le vote de l’Assemblée nationale.
