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La loi Olivennes bute sur l’Elysée

La loi dite Olivennes prend du retard. Alors qu’elle doit passer en première lecture devant le Sénat en juillet prochain, elle ne sera pas présentée au Conseil des ministres du 28 mai, comme prévu initialement.


Il serait fâcheux de gâcher la fête ! Voilà, en résumé, les raisons qui poussent aujourd’hui l’Elysée à mettre un maximum de bâtons dans les roues du processus d’adoption du prochain texte de loi sur le numérique, aussi appelé loi Olivennes. Après un an de réformes au pas de charge, comme aiment à le souligner les conseillers de la présidence, tous les efforts vont porter dorénavant sur le redressement de la cote de Nicolas Sarkozy dans les sondages de popularité. Et dans cette perspective, il n’y a pas pire que le vote en vitesse d’une loi sur les droits d’auteurs qui renferme en elle une bonne dose de répression envers les internautes.
Il est donc urgent d’attendre, voilà bien la maxime du château sur ce dossier délicat (voir aussi ici). Le souvenir du vote de la loi DADVSI est encore terriblement présent dans l’esprit du législateur. Celui-ci avait fortement perturbé l’hémicycle en décembre 2005, lorsque les députés avaient voté des amendements instituant une amorce de licence globale sur les téléchargements illicites de musique et de vidéo. Or, lors de cette séance mémorable pour les uns, mais traumatisante pour le ministre de la Culture en place, Renaud Donnedieu de Vabres, la rébellion pro-internautes était venue d’une partie des rangs de la majorité UMP. Avec en toile de fond, un argument imparable avancé par les votants : "Nos enfants sont des pirates, c’est un comportement social nouveau, il doit être institutionnalisé". Cela fleure bon la démagogie, mais qu’importe...


Présidence de l’Europe

Le plus efficace politiquement lorsque l’on veut gagner du temps, c’est encore de ne rien dire. Ainsi, la loi Olivennes n’est-elle toujours pas inscrite à l’ordre du jour du Conseil des ministres. Pis, le texte, tout frais extirpé du Conseil d’Etat pour l’occasion, devait être présenté à la séance du 28 mai prochain. Patatra, c’est la date choisie en dernier ressort pour discuter du Grenelle de l’environnement - une loi qui, elle, fait l’unanimité. Le ministère de la Culture et de la Communication attend donc une confirmation de la date choisie pour exposer sa loi devant les autres ministères, le premier ministre et le président. Cela pourrait intervenir deux semaines plus tard. Un retard qui serait préjudiciable en cas de problème... D’autant que le délai pour revoir la copie sera alors des plus serrés, puisque le gouvernement a laissé entendre qu’il voulait une première lecture du texte au Sénat lors d’une séance exceptionnelle en juillet, en fait la dernière avant les vacances des parlementaires. Mais il est hors de question de prendre le moindre risque, et de voir le texte être réduit en charpie par une assemblée clairsemée laissée aux mains des farouches adversaires de la riposte graduée, comme ce fut le cas en 2005.
Une véritable quadrature du cercle dont la solution pourrait venir paradoxalement de l’Europe. En effet, la France prend la présidence de l’Union cet été, une opportunité que Nicolas Sarkozy pourrait saisir afin de prétexter un "élargissement de la question" de la riposte graduée au niveau européen, avant de passer au vote en France. Un scénario tout à fait envisageable, car comme souvent dès qu’il est question de légiférer sur Internet, une action concertée au niveau mondial ou continental est toujours bien plus efficace. De plus, cela laisserait à Eric Besson, le nouveau secrétaire d’Etat au numérique, le temps de faire la synthèse des Assises du numérique prévues à la rentrée.
Au final, tout le monde serait satisfait, à l’exception des ayants droit, qui attendent avec impatience une mesure forte et déterminée de l’Etat pour endiguer efficacement le piratage des oeuvres sur les réseaux P2P.

10 Commentaires. Ajoutez le votre +

  7 mai 2008

c’est "bute" comme dans "buter" plutôt que "butte" comme la "butte montmartre"

  7 mai 2008

Petite rectification : l’examen de DADVSI et l’amendement sur la licence globale c’était en décembre 2005, pas 2004. Et la loi est entrée en vigueur le 1er août 2006.



La procédure d’urgence avait permis au gouvernement de ne subir un calvaire "que" de 6 mois, au lieu de devoir faire face à une navette parlementaire qui aurait éternisé les débats. Entre une poignée de rebelles assidus à l’Assemblée Nationale et un Sénat dilettante complètement aux ordres, il y avait matière à faire durer le plaisir...

Emmanuel Torregano  7 mai 2008

Merci. Toutes nos confuses...

  7 mai 2008

Franchement affirmer que le fond des arguments des opposants à la dadvsi en 2005/2006 se résume à "Nos enfants sont des pirates, c’est un comportement social nouveau, il doit être institutionnalisé" c’est plus que du simplisme. La démagogie c’est vous.
De plus présenter la soi disant "riposte graduée" comme "une mesure forte et déterminée de l’Etat pour endiguer efficacement le piratage des oeuvres sur les réseaux P2P" c’est vraiment ne rien connaitre à la question.

JC  7 mai 2008

Etonnant article effectivement...



- la DADVSI résumé à un débat démagogique alors que le Secrétariat Général de la Défense Nationale est intervenu, que la communauté du Logiciel Libre s’est mobilisé massivement, que des questions de vie privée, de copie privée, de sécurité informatique, de libre concurrence ont été soulevées et donné lieu à des débats passionnants, particulièrement sur l’interopérabilité, débat qui se poursuit au niveau européen



- la riposte graduée résumée à une mesure forte pour lutter contre "le piratage" ... sans un mot sur les questions de libertés fondamentales soulevées par d’éminents juristes comme le professeur de droit pénal Jean Cédras dont le rapport a été enterré par le précédent ministre... et pour finir pas un mot sur le vote du parlement européen jugeant la riposte graduée contraire aux droits de l’homme



La démagogie, c’est vous a dit un lecteur... je ne sais pas... mais en tout cas cet article fait clairement l’impasse sur des informations essentielles pour contextualiser et en caricature d’autres. Est-ce volontaire, je ne ferais pas de procès d’intention, mais en tout cas c’est décevant pour moi qui commençait à fréquenter ce site avec interêt et curiosité.

Emmanuel Torregano  7 mai 2008

Il n’est pas écrit que la riposte graduée serait une mesure si efficace contre la piraterie que les ayants droits en tomberaient à genou. Mais que ces derniers attendent une mesure... Filtrage ?
Enfin, la Dadvsi est un sujet fort complexe, qui n’est pas au centre de cet article. Et l’exergue est "malheureusement" ce que nous avons trop entendu de la bouche de beaucoup de députés présents. Il ne s’agit pas de prendre position sur le fond de la question, ni de réduire ces nuits épiques à une expression, mais bien de rapporter ce qui a été à l’origine du vote en décembre 2005 des amendements "licence globale".
Enfin, je rappelle que cet article n’est pas une tribune, ni un éditorial, il ne reflète pas non plus notre point de vue, mais raconte ce qui se passe entre Matignon, la rue de Valois et l’Elysée.
Merci

  8 mai 2008

Soit. Votre article est objectif sur l’attitude de l’élysée et sa temporisation sur la question. Mais quand on écrit :
""Nos enfants sont des pirates, c’est un comportement social nouveau, il doit être institutionnalisé". Cela fleure bon la démagogie, mais qu’importe..."
dire
"que cet article n’est pas une tribune, ni un éditorial, il ne reflète pas non plus notre point de vue, mais raconte ce qui se passe entre Matignon, la rue de Valois et l’Elysée."
ce n’est pas tout à fait exact....
Donc encore un effort pour être d’une objectivité irréprochable.

  8 mai 2008

Hypocrisie quand tu nous tiens !



Dadvsi est un lamentable échec politique, social, économique, dans le pur jus de la splendeur démocratique à la Française. Et c’est peu dire… Mais comme c’est fini, n’en parlons plus.



La loi Baliverne (Oliviennes & co) est assurée d’être un petit bijou de la bêtise monumentale de nos chers élus qui, effectivement, ont du souci à se faire.



Chat échaudé craint l’eau froide. La patience des internautes ne sera certainement pas la même qu’avec la Dadvsi.



Est-ce un manque d’imagination ou une peur bleue d’instaurer un vrai régime démocratique ? Peu importe, les chiens aboient la caravane passe… Mais les chiens ne sont plus les mêmes que ceux du siècle dernier…



Pourtant, notre gouvernement n’a plus aucune marche d’erreur ! Peser les conséquences d’un nouvel échec devient primordial.



Ils ne savent même pas sécuriser leurs propres systèmes informatiques (et pour cause, il n’y a jamais eu de sécurité en Info), et ils souhaitent culpabiliser d’innocentes victimes (entreprises et individus, morale et physique) pour justifier leurs erreurs patentes.



L’évolution est tellement rapide dans ce domaine, que le problème des majors, Sacem et consorts est déjà périmé depuis un bon moment ! Mais personne ne veut le voir. À quoi bon soulever ces évolutions majeures dans nos sociétés ?



Seul certitude, nos élus n’anticipent absolument pas les développements futurs, nous avons déjà perdu plus de 5 ans en palabres inutiles.



En pleine crise économique, nous nous payons le luxe de cracher dans la soupe et nous donnons, à nos concurrents, notre part du gâteau. Bravo et bon courage !



Les Solutions, pour aujourd’hui et demain, se dessinent avec l’outil informatique faut-il le rappeler ? Le réseau est notre Culture.



La Culture ce n’est pas du divertissement, la Culture n’appartient à personne, donc à tout le monde.



La Culture ne s’achète pas, elle se transmet.



La Culture ne se décrète pas, elle est le fruit de nos comportements humains.



La Culture est l’échange des savoirs, pour une addition et une multiplication, pas pour une soustraction ou une division.



La Culture c’est notre passé qui rejoint l’avenir dans le temps présent.



La Culture c’est notre langage.



La Culture,…, n’est-ce pas Madame Albanelle !



Et si vous souhaitez le Far West, Monsieur Sarkosy, rien de mieux qu’une petite loi baliverne ! D’après ce que j’ai compris, ce n’est pas ce que vous désirez…



Il serait urgent de réfléchir en profondeur sur ce sujet, de réévaluer les rapports de force et de jouer cartes sur table ! Attention, la triche ne passera pas…



De cyberconflits nous attendent quoi qu’il advienne, préparons-nous au pire, et gardons le meilleur !

  12 mai 2008

Tu la veux gratuite ta musique ? J epeux aller boufer ce soir che-z toi gratuitement, moi qui en vend ? Tu pourras aussi me passer du fric pour payer mes factures ?

ToToche  17 mai 2008

Pour répondre à ce petit message si affectueux :



"Tu la veux gratuite ta musique ? J epeux aller boufer ce soir che-z toi gratuitement, moi qui en vend ? Tu pourras aussi me passer du fric pour payer mes factures ?”



Je ne veux pas ma musique gratuite, j’ai mes musiques gratuites. Nuance.



La culture ne se résume pas a un art mineur…



L’informatique a définitivement changé aussi bien la création, la diffusion que la jouissance des œuvres pluridisciplinaires.



Ignorer la puissance et l’ouverture qu’induit cet outil est tout simplement un manque d’adaptation évident. Faut-il revenir à l’âge de pierre ?



Les conséquences économiques, politiques, sociales, n’ont pas été prises en compte, malgré les avertissements et l’éclairage donné par les utilisateurs des premières heures. (année 70-80, 15-20 ans !!!)



Aujourd’hui, le nombre d’internautes change profondément la donne. Les protocoles ont que peu évolué. Ils se sont simplement diversifiés. Les lois sont et seront tout simplement inapplicables surtout si les états d’esprit n’évoluent pas.



En d’autres temps, nous avons brûlé les livres. Et alors ? Ils sont toujours là !



Effacer nos disques durs ? pour faire plaisir à qui ? à un système périmé ? Désolé c’est ne pas comprendre, une fois plus, le bouleversement culturel de nos sociétés.



Nous ne sommes plus de simples spectateurs inertes, nous sommes aussi devenus acteurs, créateurs, diffuseurs, programmeurs,…, donc jouisseurs de notre propre culture. Voila le temps venu d’une nouvelle richesse qui pas de prix : l’interactivité.



Ce mot, lourd de sens, bouscule à lui tout seul nos institutions économiques politiques, sociales donc CULTUREL ! De grés ou de force, à vous de voir… mais lutter contre de vraies solutions d’avenir et une hérésie digne de l’Inquisition… (période sombre pour l’humanité)



Voila, monsieur qui vend de la musique, moi je la donne, je la partage, je la joue, je l’échange,…, a qui le souhaite. N’est-ce pas la philosophie première de cet art, de ce langage ?



Pour un bon repas, c’est le même tarif, il faut que nous soyons copains… Ainsi va la civilisation.



Pour les factures, n’envoie pas la note… de musique ! c’est gratuit…

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