La lettre bien salée des producteurs indépendants à François Hollande
Nous publions la lettre envoyée par les producteurs indépendants à François Hollande, le jour de son discours à Nantes sur le numérique et la culture.
François Hollande prend un risque. En refusant de prendre une position claire et simple sur le dossier Hadopi, il fixe l’attention de la filière sur ce dossier, comme celui des anti, qui veulent en faire un marqueur de l’arrivée de la gauche aux affaires. Lors de son discours de Nantes, le candidat a longuement hésité entre différentes formules, et délaissant en partie les propositions de son aile radicale, il a préféré la plume de sa conseillère numérique. Le discours fut bien accueilli par l’ARP, mais c’est à peu près tout. La filière est restée sur sa faim, pendant que les perdants du pôle culture tentaient de convaincre les médias présents. Si le cinéma a déjà montré les crocs, avec dans un premier temps une lettre adressée au candidat il y a une dizaine de jours, d’une rare violence, de ce qu’en disent ceux qui l’ont lu. La musique ne s’était pas encore vraiment exprimée. En fait, une lettre a aussi été adressée par l’UPFI (producteurs indépendants) il y a 48 heures. Nous en avons obtenu une copie que nous publions. L’UPFi rappelle son attachement à la réponse graduée, bien entendu, mais aussi sa conviction que le téléchargement illicite fut à l’origine de la baisse des ventes de CD. Rappelons que le marché a été divisé par deux depuis 2002. L’UPFI souligne le rôle "essentiellement pédagogique" de l’Hadopi, évitant certainement de pointer que la haute autorité n’a pas encore transmis de dossier au Parquet - ce qui ne devrait plus tarder.
Droit dans ses bottes, l’UPFI revient aussi sur le dossier de la gestion collective qui est porté par les plateformes de streaming, et des SPRD comme l’Adami. Les producteurs indépendants n’accepte pas une disposition qui selon eux reviendrait à remettre en question le droit exclusif.
La lettre

