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La fin du Web (Episode 1)

Le Web fut une plaie. Les temps changent, et bientôt l’influence du navigateur, du site web auront décliné de la surface du réseau. Voilà l’histoire presque contemporaine que nous allons essayer de relater dans ce feuilleton journalistique. Pour tenter d’en comprendre un peu en avance les implications économiques.


La détonation de l’explosion annoncée (lire ici et ) du Web 2.0, celui qui a vu fleurir des sites comme YouTube ou Facebook, va aussi emporter le Web tout entier. Pour voir surgir un nouveau paradigme, plus complexe encore à appréhender, mais dont on devine les contours déjà, avec l’émergence de comportements inédits dans l’univers numérique. L’AppStore, Twitter, la synchronisation des données, le jeux en ligne, sont les prémices de ce nouvel âge, que l’on pourrait nommer "Digital-me".
Depuis la fin des années 90, le réseau des réseaux s’est conjugué essentiellement à l’aide du "WWW", ces trois initiales placées au début de chaque adresse d’un site internet. Le World Wide Web était devenu pour le grande public le symbole même de ce qu’était Internet. Et le navigateur, Netscape tout d’abord, puis Internet Explorer, et maintenant Firefox, Chrome, Opera, ou Safari, s’était installé comme la fenêtre idéale, le transcodeur zélé, bref, la matrice indispensable pour profiter de l’Internet. Or, depuis quelques mois, cette suprématie du couple WWW/navigateur s’est vue brutalement concurrencée par de nouvelles pratiques. A tel point que l’on peut pressentir combien désormais le numérique s’oriente vers la fin du Web.


Bannissement des Start-up

Et il ne serait pas vraiment bienvenu de regretter ou encore de pleurer le Web, car celui-ci a été en grande partie un fléau pour les industriels et les nouveaux explorateurs en tout genre. En fin de compte, l’on doit au Web deux bulles financières successives. Une qui éclata en 2001 et une autre qui montre des signes inquiétants de surchauffe.
Car l’une des caractéristiques marquantes du Web a toujours été le manque absolu de monétisation des sites. Le champ de ruines est immense, et s’étend à perte de vue si l’on regarde bien, et d’ailleurs, le massacre continue. A tel point que la dénomination de start-up, des années 2000, a définitivement était bannie pour ne pas rappeler trop de mauvais souvenirs. Les plus grands s’y sont laissés prendre. Certains, comme Vivendi, ou Bertelsmann et, bien sûr, Time Warner ont failli être emportés, et ne furent sauvés qu’au prix d’une rude restructuration des actifs. Autrement dit, tout ce qui était de près ou de loin apparenté au Web fut vendu, voire bradé. La liste des belles idées jetées par-dessus bord serait d’ailleurs trop longue, et rappellerait bien des mauvais souvenirs.
Ce ne sont pas quelques réussites brandies comme des étendards sacrés qui changeront quoi que ce soit. Pour un Google, combien en effet de sociétés mort-nées, réduites en poussières, et d’argent dilapidé ? Pis, une fois Google arrivé, tous les autres cadors de la catégorie n’ont eu que leurs yeux pour pleurer, ce qui signifie voir le cours de bourse plonger et prier pour une reprise à bas prix, au poids du serveur. Bref le Web fut un massacre de concepts innovants, d’idées enthousiasmantes...


La marque du W

Pour être encore plus clair, la nouvelle économie, celle du virtuel, qui déchaîne les passions parce qu’elle fait les fortunes comme d’autres plantes les "business model", s’est en grande partie construite sur deux piliers : la piraterie et l’accès à ces ressources illicites. Avec comme principaux bénéficiaires, pour tout dire, comme unique profiteur de ce marché noir, les opérateurs de télécommunication. Et par extension, tous les métiers de cablage, serveurs, et fabrications d’ordinateurs. Mais à la source de tout ça, du haut-débit, de l’Adsl, des fortunes faites par ses entrepreneurs malins, comme Xavier Niel, le patron de Free, il y a toujours un même service, pour lesquels les gens ont été prêts à payer instantanément : l’échange en tout genre de fichiers gratuitement. Aujourd’hui, ce paradigme de l’offre s’est déplacé, le P2P, le téléchargement n’est plus autant à la mode, il a été remplacé par le diffusion en streaming gratuite. Les audiences sont flagrantes. En France Dailymotion, YouTube et Deezer sont dix fois plus fréquentés que les sites P2P.
Malheureusement, cet appétit pour les sites du Web 2.0, ceux de la diffusion et de l’échange gratuit, a fait revenir comme une ombre maléfique, ce "W". Et avec lui, son cortège de catastrophes en tout genre. Comme nous l’avons largement expliqué (ici et ), ces sites n’ont pas les rentrées d’argent que leurs audiences mériteraient. Pis, elles n’ont peut-être pas les actionnaires qui conviendraient...
Tout cela touche heureusement à sa fin. Car survient un nouveau type d’objets numériques, dont les qualités sont justement de compenser les tares des précédents.


La Fin du Web (Episode 2)


11 Commentaires. Ajoutez le votre +

Damien B 30 avril 2009

"comme unique profiteur de ce marché noir, les opérateurs de télécommunication"



Et puis aussi les gens. Les usagers. Vous savez, le public. Ceux qui lisent, qui écoutent, qui créent, écrivent et discutent. Nous quoi. Étrange, de parler de l’ère du Web comme de celle du manque-à-gagner et de rien d’autre. Wikipedia, l’élection d’Obama : il y a du gain dans le gratuit, même si ça fait pas bander la bourse.



Peut-être même qu’il y a des gains qui ne peuvent venir QUE du gratuit. Peut-être même qu’une marchandisation enfin réussie de nos connexions serait un désastre. Il est même possible que ce soit une vision du "Web" assez répandue. Pourriez-vous en parler un peu ?

Fabrice Epelboin 30 avril 2009

"Ce ne sont pas quelques réussites brandies comme des étendards sacrés qui changeront quoi que ce soit. Pour un Google, combien en effet de sociétés mort-nées, réduites en poussières, et d’argent dilapidé ?"



Heu... Tu fais une tribune anti libéralisme ou tu parles du web en particulier ? L’apparition du phonographe a donné lieu à des innovations et des startups mort-né du même ordre, tout comme chaque arrivée d’une nouvelle technologie disruptive...



http://www.flickr.com/photos/phonog...

fififou 30 avril 2009

Je ne sais pas comment lire cet article. Au premier degré c’est un ramassis de bétises et de lieux communs digne de JF Copé. Au second degré ça se veut drole mais sans y parvenir un peu comme Ch. Albanel quand elle parle de l’Internet. Un troisiéme degré caché (comme NS sur le bouclier fiscal en Allemagne) ??



Ou alors c’est Lefevre qui est caché derriere le clavier ?

 30 avril 2009

Juste après avoir lu l’article cet après-midi, je me suis dit :" ils vont se prendre une de ces volées de bois vert chez EL.." Bingo.



Je ne sais pas où veut aller l’auteur avec cette serie d’articles, mais en tout cas, chapeau. Aller dans le sens contraire du discours "webolitiquement-correct-sous-peine-d’être-taxé-réac" d’aujourdhui, fallait oser...

Emmanuel Torregano 30 avril 2009

Quelques éclaircissements avant le numéro 2. Il ne s’agit pas de fustiger l’internet. La différence est importante. Et concernant le P2P, je regrette qu’il n’est jamais été pris comme un véritable vecteur numérique. A part de façon honteuse, dans le discours faux cul des opérateurs. Il n’y a pas de Lefebvrisme, ou de Copéisme, leur vision m’est totalement étrangère. Il s’agit de mesurer une évolution. Celle d’un terrain qui est en mutation, et dont les nouvelles aspérités semblent porter un supplément qui n’existe pas encore. To be continued.

 30 avril 2009

Bon, Emmanuel, je me permets un conseil, reste dans ce que tu sais très bien faire : la réalité.

 2 mai 2009

Non, moi je suis curieux de lire toute la trilogie (ou le diptyque ?). Donc continuez...

? ?? 3 mai 2009

Ben Manuel , tu en fais de drôles de Rêves en ce moment !



Hotapi, t’a convaincu ? sans blague, explique-moi le Web 2, juste pour rire…



Allez Manu, prend des vacances, le WWW. a 20 ans pour le grand publique, l’idée a 50 ans pour les militaires US, et il ne serait toujours pas compris ?



Et le P2P n’est pas un vecteur numérique, oh-là-là !



Et ton navigateur, ce n’est pas l’Exploreur par hasard ?



Garde bien cet article sous le coude, nous en reparlerons dans moins de 2 mois… après la crise… :-()



 ???

Jean-no 3 mai 2009

Des banques idiotes ont investi dans le web sans rien y comprendre, et ces cadors du business traditionnel, dix ans plus tard, vont parvenir à clôturer la frontière électronique ?... Super nouvelle ! Sauf pour vous et moi bien sûr. Car le web ce n’est pas que trois startups pathétiques, c’est aussi près de vingt ans d’échanges et de rencontres qui ne se seraient jamais faites autrement, et je ne parle pas de Meetic et du P2P.
L’avènement du Minitel 2.0 se rapproche, dit je ne sais plus qui, à raison. Je ne sais pas si on peut rigoler avec ce sujet, car il est assez grave.

— 
jn

Alx 8 juillet 2009

Wha quelle violence, moi je trouve cette série d’articles super intéressante et avec une vision réaliste des choses.



Bien sur il y a des points exagérés (c’est toujours le cas quand on fait des plans sur la comête) mais il y a des éléments très intéressants et par rapport à cet article precis, on ne peut pas nier que Google est le seul qui s’en sort avec la pub et que les opérateurs de télécoms sont les seuls gagnants pécuniairement parlant.
Mais jamais il n’est dit que *globalement* le bilan n’est pas positif pour le "village mondial", seulement, pour revenir au terre à terre, il faut bien de l’argent pour faire tourner les serveurs...



Il faut certainement rester vigilant pour ne pas tomber dans un modèle trop minitelisé et controlé ce n’est pas en hurlant sur le messager qu’on y parviendra.



"Allez Manu, prend des vacances, le WWW. a 20 ans pour le grand publique, l’idée a 50 ans pour les militaires US, et il ne serait toujours pas compris ?"



Le WWW n’a pas 20 ans pour le grand public, 10 ans serait plus réaliste. Il a encore moins 50ans pour les "militaires US", je ne vois pas de quoi tu parles... Le web n’est pas internet.

Mglcel 8 décembre 2009

Plutôt d’accord avec Aix, cet article est assez clairvoyant.



Le passage sur les FAI notament est révélateur de ce qui va se tramer en 2010. En prenant l’exemple de la musique, les labels veulent faire payer le manque à gagner aux opérateurs et les opérateurs cherchent à faire payer leurs investissements par les services web.
Si demain les services web rémunèrent les labels plus que suffisament, est-ce que les opérateurs voudront alors faire payer les labels ? (joke) ;))



Je ne le voyais peut-être pas aussi précipité mais la fin du web est la conclusion qui s’impose vraisemblablement, comme je l’illustrais dans ma thèse il n’y a pas si longtemps (http://blog.mglcel.fr), cf shéma http://www.media-business.biz/data/...


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