Les 12 travaux numériques et audiovisuels d’Ayrault 1er

Le 18 mai 2012, Politique

Les dossiers s’accumulent déjà sur les bureaux de Fleur Pellerin et Aurélie Filipetti. Après l’épisode Frédéric Mitterrand, qui a provoqué la gronde des ...

Premier gouvernement Hollande, la culture du numérique

Le 16 mai 2012, Politique

Fleur Pellerin au numérique, Aurélie Filipetti à la culture et la communication, François Hollande a souhaité que soient représentés dans son premier ...

Facebook : Mauvaise publicité avant l’introduction en bourse

Le 16 mai 2012, Web 1,2,3

General Motors, troisième annonceur américain, va stopper toute publicité payante sur Facebook au motif que celle-ci est "inefficace". Une alerte ...

Free Mobile, la "passation" des 3 millions d’abonnés en vue

Le 15 mai 2012, Web 1,2,3

Premier point d’étape, Free Mobile a recruté 2,6 millions d’abonnés. Xavier Niel propose un rapprochement avec le réseau d’Orange. Iliad entend doubler ...

La TV connectée vécue comme une catastrophe par les TV historiques.

Le 17 Janvier 2011 dans Old fashion media par Emmanuel Schwartzenberg

Le modèle économique des grandes chaînes, le financement de l’audiovisuel comme du cinéma risquent selon le CSA et les patrons des chaînes historiques d’être détruits par l’avènement de Google TV. Cette vision dramatique implique la saisine des pouvoirs publics qui vont devoir proposer des solutions pour préserver la filière de la création.

C’est l’histoire d’une catastrophe annoncée. TF1, M6 et même Canal+ sont persuadés que l’avènement de la télévision connectée mettra fin non seulement à leur modèle économique, mais encore à la production audiovisuelle et cinématographique française. Sans oublier le sport qui sera, lui aussi, victime de la fusion entre le Web et le poste de télévision. Le jour où Google, Apple, Microsoft, Sony commercialiseront leurs services pour les télévisions avec l’accord ou non de quelques majors, le poste de télévision permettra de consommer aussi des sites pirates.

Menaces sur la production française

C’est la conviction profonde des patrons de chaînes de télévision qui pensent que, ce jour-là, le modèle français s’effondrera comme un château de cartes. Tous ont répondu par la positive à la deuxième partie de la question soulevée par Bruno Patino, en charge de la stratégie numérique de France Télévisions : « Le mariage de la télévision et de l’Internet débouchera-t-il sur un monde encore fermé de l’audiovisuel ou un monde totalement ouvert de l’Internet ? »
Michel Boyon, président du CSA, le pense aussi. Les sites internet vont, selon lui, fragmenter les audiences des chaînes gratuites, les services étrangers échappant à la réglementation française comme européenne, vont les concurrencer et le « piratage de sites d’échanges vidéos va se multiplier. Les recettes publicitaires des chaînes vont être détournées au profit des moteurs de recherche. Au total, affirme Michel Boyon, le soutien à la production française ne serait plus garanti puisqu’il repose sur le chiffre d’affaires des chaînes et que ses composantes - obligations d’investissement, quotas de diffusion, chronologie des médias, exclusivités - seraient menacées. Il est urgent de faire des propositions sur le sujet ».
Le système français repose, en effet, sur plusieurs obligations dont la conjugaison préserve les marges des chaînes de télévision tout en favorisant le maintien de la filière audiovisuelle et cinématographique. En effet, les chaînes de télévision gratuites sont obligées d’investir 3,2% de leur chiffre d’affaires dans la production cinématographique et 16% dans la production audiovisuelle. Canal+ est, elle, contrainte de consacrer 11% de son chiffre d’affaires à la production de longs métrages et 4,5% à celle d’œuvres audiovisuelles. Toutes sont soumises à des obligations de diffusion.
Il suffit donc que le chiffre d’affaires des chaînes baisse pour que la fiction et le cinéma français et européen soient moins financés. Et si les chaînes subissent, comme le pense Michel Boyon, la concurrence de programmes diffusés sur des sites domiciliés en dehors de l’Union Européenne, ce sera le cas.

Internaute actif, téléspectateur passif

Le football fera aussi les frais de cette nouvelle donne, Nicolas de Tavernost, président de M6, considérant déjà que la contraction de son chiffre d’affaires l’oblige à alléger sa facture sur ce secteur. Pour ce patron, l’offre de Canal+ menace son modèle économique car les films, comme les séries américaines, perdent de leur intérêt pour la télévision gratuite lorsqu’ils ont été diffusés sur Canal.
A la différence de l’internaute, qui est né avec le surf, le téléspectateur ne navigue pas sur la Toile, la passivité est son caractère dominant. Et les télévisions historiques n’auraient rien eu à craindre si la fusion des écrans n’allait pas se réaliser. Un internaute a pris l’habitude de récupérer tout ce que propose la télévision dans le monde entier, séries, films, concerts, pour les visionner ensuite avec son "Freeloader" sur le petit écran, ce qui n’est pas le cas du "pur" téléspectateur.
Il ne cherche pas à savoir s’il existe des sites proposant du streaming piraté, il ne connaît pas MegaUpload ou Ustream. Mais le jour où cette possibilité sera installée sur sa télévision, Google s’étant engagée à ne rien filtrer, tout autant que Free, son comportement changera du tout au tout ! Le zapping d’une émission diffusée à un contenu pirate sera la norme. Les patrons des chaînes, le CSA en sont intimement persuadés. Pour eux, la date de l’apparition de la télévision connectée est moins importante que la certitude que celle-ci marquera la fin de la télévision classique.

Fin de la chronologie des médias

L’écran unique mettra fin à la chronologie des médias, c’est-à-dire à la diffusion différée d’une œuvre qui va d’abord être retransmise en Vod, en dvd, sur la télévision payante, puis sur la télévision gratuite. Ce qui permet de la valoriser à chaque étape de sa diffusion. Comment pourra-t-on obtenir que des sites ne proposent pas, en streaming, la diffusion des Experts, de Cold Case ou Dr House ? La fraîcheur d’une série présentera-t-elle autant d’intérêt si un site, légal cette fois, propose toutes les saisons passées ? Qu’est-ce qui empêchera un annonceur d’acheter en masse des mots clés pour un programme où ses produits ont été placés ?
Cette révolution implique une révision complète de tous les modèles de financement de l’audiovisuel, du cinéma et du sport qui ont été conçus à l’époque où l’on ne connaissait que la diffusion hertzienne.
En dramatisant, peut-être à outrance, le tableau général, les patrons de l’audiovisuel classique, comme le CSA, contraignent les pouvoirs publics à intégrer dans leur champ de réflexion les fabricants d’équipement comme les fournisseurs d’accès. Ceux-ci vont devoir participer à la chaîne de création, faute de quoi la France pourrait retarder l’apparition de la TV connectée.

Partager cette information

12 Commentaires

  1. ropib le 17 janvier 2011

    Il semble que personne n’ait eu l’idée de faire de la qualité ou de remarquer que la télévision permettait majoritairement de financer la bouse. Ainsi il faudra payer, quand bien même on n’aimerait pas. A quand les tickets de rationnement pour accéder à internet (ils trouveront bien des raisons) ?



  2.  le 17 janvier 2011

    Bon. Ça fait DIX ans que je ne regarde plus la TV. Pourquoi ? Parce que je refuse que l’on me dise QUOI regarder et QUAND. Je me remettrai à tout ça lorsque je regarderai ce que je VEUX à l’heure où je veux. Alors, oui, pour moi, les "chaînes" sont mortes. Je veux bien, sur ma TV "connectée", d’un YouTube géant avec divers programmes, un réservoir. Financer cela ? La pub ciblée, je trouverais ça correct. La pub qui vous concerne n’est pas gênante. Ce qui me gêne, c’est la pub pour le lait pour biberon lorsque vous avez deux enfants ados, par exemple. Au travail !



  3. Greg le 17 janvier 2011

    En transformant en émetteur le téléviseur qui n’a toujours été qu’un récepteur, la télé connectée chamboule forcément les modes de fonctionnements actuels

    La question est de savoir si les diffuseurs vont réussir à s’adapter à cette nouvelle techno et ne pas reproduire le fiasco des majors à l’arrivée du mp3.



  4. SGSASU le 17 janvier 2011

    Donc pour maintenir le niveau plus que pathétique des oeuvres Françaises, ils proposent quoi ces ****** filtrer tout ce qui n’est pas Français.

    La "révolution" de la TV connecté est justement le bon moment d’oublié définitivement les lois lang et tout ce qui fait l’exception culturelle et qui maintient la creation Française dans les années 1980’s.



  5. Fredzzzzz le 18 janvier 2011

    Après les majors, c’est la télé qui se prend le tsunami internet dans la face. Les pauvres, il ont rien vu venir, trop occupés à nous fabriquer des programmes pourris de télé-réalité.Pourtant, tout bon industriel le sait, un boite qui n’innove pas se retrouve tôt ou tard à la rue.



  6. NicoalsTv le 18 janvier 2011

    D’ici à 2016 80% des foyers seront équipés de TV connectée, un marché de plus de 40 milliards d’euro. Les acteurs comme les chaînes, les constructeurs, FAI et développeurs devront anticiper et prévoir la télévision de demain Source : http://www.la-television-connectee.fr



  7. Philippe Astor le 18 janvier 2011

    Tivo ou Replay TV existent depuis plus de dix ans, les guides des programmes électroniques, interactifs et personnalisés aussi, dix ans de perdus, qui auraient pu être consacrés à réinventer la télévision, et à développer des services autour d’offres de programmes de plus en plus pléthoriques que les téléspectateurs auraient pu être disposés à payer. Comme dirait l’autre, "il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre". Comme pour la musique, l’essentiel des efforts a été consacré à faire barrage à des évolutions inéluctables. Le temps semble venu de payer le prix de l’inaction.



  8. Philippe Astor le 18 janvier 2011

    Expliquez-moi, SVP, pourquoi Canal+, qui concevait des set-top boxes bien avant Apple, Google et consorts, n’a pas su devenir le grand leader de la TV connectée ? Parce que ce sont des branquignoles ?



  9. Fabrice le 18 janvier 2011

    Il y a en plus des stratégies antagonistes que ne parviens pas à bien comprendre.D’une part, TF1 va bientôt proposer une application mobile (Iphone/Ipad et autre) gratuite permettant de visionner le direct et d’avoir accès au service de rattrapage. M6 dispose déja d’une telle application, ainsi que Canal + (avec un modèle payant).De la même manière, ces services sont accessibles depuis n’importe quel PC connecté à Internet.Mais d’autre part, TF1 bloque son service de catch up TV sur une Freebox par exemple. Et comme on peut le lire dans votre article, aucune chaîne ne souhaite voir arriver une TV connectée.

    Quelle est la différence entre un PC, un smartphone et une TV ? Par quelle mécanisme de pensée peut-on espérer gagner de l’argent sur le mobile et craindre d’en perdre sur la TV ?

    Il doit me manquer quelques paramètres... Merci de m’éclairer ;p)



  10. DrChewbacca le 20 janvier 2011

    Je pense que la différence c’est que sur les applis ipad/iphone, comme tout est contrôlé par Apple, le modèle économique est établi d’un commun accord entre toutes les parties concernées. Alors que sur un accès internet neutre, TF1 n’a personne avec qui se mettre d’accord pour continuer de toucher des sousous. Par ailleurs, du fait des différents verrous sur les produits types Apple ipad/phone, qu’on trouve beaucoup moins sur des ordinateurs, je pense que les pratiques sur ordinateur peuvent beaucoup plus facilement évoluer dans un sens non souhaité par les industriels comme TF1 (accès à des programmes en dehors des circuits de diffusion copyrightés par exemple). Bref, il y a une certaine perte de contrôle avec un accès internet neutre, qu’il n’y a pas (ou moins) avec un accès bridé comme le propose Apple.



  11. LePoulpe le 13 février 2011

    A bas TF1 et consorts !! Il faut faire la révolution et se débarrasser de tous ces tyrans de l’esprit. Je ne fais pas parti des cerveaux que TF1 peut louer a qui il veut !!! merde alors !!Bientôt on fera nos propres émissions ...



  12. cinereel le 16 février 2011

    Bonjour,

    Pour tous ceux qui sont intéressés par ces problématiques. Le Festival Cinéma du réel- Festival international de films documentaires organise des rencontres professionnelles sur cette thématique :

    Le futur est dans le poste

    - Nouvelles technologies et télévision connectée. La fin de l’écran unique ?- Quelles opportunités pour la création documentaire à l’heure des mutations de la télévision ?

    Mardi 29 mars, 10H30-17H00, Grande salle du Forum des Images.Entrée libre sur invitation à retirer à l’accueil du festival ou à télécharger sur le site cinemadureel.org



Ajouter un commentaire


modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)