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La Mafia au coeur du débat politique italien

Le 13 Août 2010 dans Politique par Emmanuel Schwartzenberg

Au moment où Gianfranco Fini fait, comme tant d’autres, des relations étroites entre la Mafia et l’Etat, les menaces de mort se font de plus en plus précises à l’encontre de ceux qui s’apprêtent à faire des révélations sur cette question.

L’onde de choc provoquée par le divorce entre Gianfranco Fini et Silvio Berlusconi réveille les démons les plus enracinés de l’Italie. Comme à l’époque des années de plomb, la Mafia, l’exigence de justice reviennent au premier rang de la scène. Le débat est entrenu par Fini, le président de la chambre des députés, relayé, comme toujours, par La Reppublica, Il Fatto Siciliano et, dans une moindre mesure, L’Unita et enrichi par les juges.
La gauche, le centre gauche sont absents. Pier Luigi Bersani, secrétaire du Parti Démocrate appelle à des élections anticipées et des alliances électorales mais se garde bien de porter une critique de fonds sur la complicité que l’Etat italien entretient avec la mafia.
Pourtant, l’opinion publique qui s’est désintéressée de la politique, reste extrêmement mobilisée quand il est question de cette organisation criminelle. Silvio Berlusconi a d’ailleurs assis son pouvoir, voici dix-huit ans déjà, en incarnant le retour de la paix civile. Ce calme est-il consécutif à des négociations secrètes entre l’Etat et la Mafia qui aurait suivi les vagues d’attentats ? Cette question est posée de plus en plus clairement.

Les héros sacrifiés

A l’occasion du 18ème anniversaire de l’assassinat du juge Borsellino, via d’Amelio, à Palerme, Gianfranco Fini, affirmait le 19 juillet dernier : "personne ne contestera le fait qu’il y a à l’intérieur de l’Etat une présence de type mafieux. Il est clair que l’attentat d’Amelio n’est pas seulement l’œuvre de la mafia. Il est temps d’interroger sa conscience et de se dire que si l’on veut être un professionnel de l’anti-mafia, cela suppose un engagement quotidien, moral et politique. Tout ce qui permet d’établir une éventuelle collusion avec la mafia est un devoir absolu qui dépasse les divisions politiques".
Puis, à la question posée par l’assistance de savoir ce qu’il pensait de la déclaration du sénateur Marcello dell Utri, bras droit de Silvio Berlusconi estimant que Vittoria Mangano, le professeur d’équitation de Silvio Berlusconi et criminel reconnu, était un héros, Gianfranco Fini a répondu qu’"il n’était pas un héros mais un citoyen italien condamné pour activité mafieuse. Les héros sont ceux qui se sont sacrifiés pour l’Italie". A savoir les juges Falcone et Borsellino dont l’enquête sur l’assassinat revient au premier plan depuis que les substituts Giuseppe Nicolosi et Alessandro Crini ont élargi leur enquête à l’encontre du sénateur et du président du Conseil, Silvio Berlusconi.
Les juges pourront-ils recueillir suffisamment de preuves pour instruire un procès à charge à l’encontre du président du conseil et du sénateur ? Vont-ils faire tomber d’autres têtes. La crainte que cela puisse être le cas expliquerait notamment la sordide lettre de menaces accompagnée d’une balle de kalachnikov que Vitandrea Ciancimino, fils de Massimo Ciancimino, âgé de cinq ans, a reçue le 8 août dernier avec ces mots : "La faute du père infâme retombera sur le fils".

Balle de kalachnikov

Massimo, fils de l’ancien maire de Palerme, ami reconnu du clan Corleone, aujourd’hui démantelé et, plus récemment, de Bernardo Provenzano, s’apprêtait à faire paraître un livre aux éditions Feltrinelli relatant 40 ans d’histoire secrète de relations entre l’Etat et la Mafia. Des chapitres entiers sont consacrés à Toto Riina, aux rapports entre les services secrets italiens et Cosa nostra, au sénateur Marcello dell Utri, aux attentats de Rome et Milan, à la création de Forza Italia. Un livre qui promet, dans tous les sens du terme, d’être explosif ! En apprenant les menaces qui pesaient sur le fils Ciancimino et à la demande de ce dernier, l’éditeur a décidé, le 12 août, de différer la sortie de cet ouvrage intégralement rédigé.
Lorsque l’on connaît la détermination de Feltrinelli, éditeur engagé s’il en est, il est difficile d’imaginer qu’il passe ce livre sous l’éteignoir.
De toute évidence, la classe politique de droite redoute toutes les révélations qui vont désormais être faites et tente de déplacer le débat sur le terrain de la fraude immobilière. Silvio Berlusconi relance le débat sur un appartement actuellement occupé par Gianfranco Fini qui aurait été acquis par son parti l’Alliance Nationale via une société off shore. Et Gianfranco Fini réplique en s’interrogeant sur les conditions d’acquisition de la propriété d’Arcore, en Lombardie, la demeure de 3500 m2, érigée sur un terrain de 100 hectares de Silvio Berlusconi où a longtemps vécu Vittoria Mangano. On n’en sort décidément pas.

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4 Commentaires

  1.  le 14 août 2010

    En lisant le titre je croyais qu’il s’agissait de la France.



  2.  le 16 août 2010

    .Italie : près de 6.500 mafieux arrêtés depuis mai 2008(AFP)

    ROME — Près de 6.500 mafieux, dont une vingtaine des plus dangereux, ont été arrêtés entre mai 2008, date de la formation du nouveau gouvernement de Silvio Berlusconi, et fin juillet 2010, a déclaré dimanche le ministre de l’Intérieur Roberto Maroni.

    "Entre mai 2008 et le 31 juillet 2010, 6.483 mafieux ont été arrêtés, dont 26 inscrits sur la liste des fugitifs les plus dangereux. Cela nous fait une moyenne de huit mafieux par jour et un super-fugitif par mois", a déclaré le ministre lors d’une conférence de presse à Palerme (Sicile), où il a fait le point de la lutte contre la criminalité et l’immigration clandestine.

    "Ce sont des résultats significatifs", s’est félicité M. Maroni, membre de la Ligue du Nord, le parti populiste allié de Silvio Berlusconi, dont le leader Umberto Bossi s’est fait le champion de la lutte contre l’immigration clandestine.

    "Pendant la même période, de mai 2008 à fin juillet, les forces de l’ordre ont mis sous séquestre 27.461 biens divers d’une valeur de 12,8 milliards d’euros (...) et 5.338 biens ont été saisis, dont la valeur est de 2,1 milliards d’euros (...) pour un total de 32.799 biens d’une valeur globale de presque 15 milliards d’euros".

    Le ministre a également souligné les bons résultats dans la lutte contre l’immigration clandestine depuis la signature, il y a deux ans, d’un accord avec la Libye permettant le refoulement vers ce pays des candidats à l’immigration interceptés en mer.

    "Entre le 1er août 2009 et le 31 juillet 2010, les arrivées par mer ont été réduites de 88% par rapport à la période précédente, passant de 29.076 à 3.499", a déclaré M. Maroni.

    En signe de solidarité avec les membres des forces de l’ordre, les ministres de l’Intérieur tiennent traditionnellement une réunion du Comité national pour l’ordre et la sécurité et donnent une conférence de presse le 15 août, fête de l’Assomption.

    M. Maroni était accompagné des principaux responsables de la sécurité publique, du ministre de la Justice, Angelino Alfano, et de Gianni Letta, considéré comme le bras droit de Silvio Berlusconi..



  3. Lucas le 16 août 2010


    Tous les pays sont un peu corrompus, la seule différence c’est que l’italie l’avoue d’une certaine façon. De par son histoire, on sait que le gouvernement italien a ou peut avoir un lien avec la mafia italienne. C’est pas nouveau.

    Lucas

     

     

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  4.  le 17 août 2010

    Est ce que vous pouvez reformuler le sous titre c’est du charabia ?

    Au moment où Gianfranco Fini fait, comme tant d’autres, des relations étroites entre la Mafia et l’Etat, les menaces de mort se font de plus en plus précises à l’encontre de ceux qui s’apprêtent à faire des révélations sur cette question

    Merci



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