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La BNP nie utiliser l’argent de l’Etat pour ses recherches sur le Trading haute fréquence

Le 19 Septembre 2011 dans Le_Flouze par Alexandre Kobbeh

La BNP aurait reçu 180 millions d’euros de l’Etat, au titre du crédit d’impôt recherche, dont elle se serait servie pour financer des outils boursiers purement spéculatifs. La banque nie. Explications...

Gilles Babinet, le président du Conseil national du numérique a lâché une véritable bombe en révélant que la BNP avait touché 180 millions d’euros de crédit impôt recherche pour mettre au point des outils de "trading à haute fréquence". Ces outils sont critiqués, car ils nourrissent l’opacité du système et la fragilité des marchés.
Interrogée par ElectronLibre sur ce sujet brûlant, la BNP Paribas nie catégoriquement avoir reçu 180 millions d’euros à cet effet. Selon la banque : tout au plus quelques millions d’euros provenant de ces crédits d’impôts concernent des modélisations mathématiques utilisées pour des produits structurés ou autres dérivés. Mais ne nous trompons pas, le « trading haute fréquence » demeure un outil central pour les grandes banques qui interviennent sur les marchés.

Un outil complexe

Le « trading haute fréquence », dont tout le monde parle, se résume à des algorithmes qui d’une part identifient des opportunités de prises de positions et d’autre part mettent en œuvre ces opportunités, c’est-à-dire l’exécution à proprement dit des ordres.
Dans la pratique, ce sont des ordinateurs qui achètent et vendent des positions de manière entièrement automatisée. La nouveauté réside dans la vitesse d’exécution.
Selon les chiffres de l’AMF, une séance sur le CAC 40 peut connaître 540.000 ordres dont 80% proviennent des cinq plus gros intervenants. En une seule seconde, plus de 600 ordres peuvent être envoyés dont 190 par un seul intervenant !
Le temps minimum entre deux ordres consécutifs d’un même intervenant est de 7 microsecondes. La durée de vie la plus courte d’un ordre, qui par exemple est annulé avant exécution, est de 25 microsecondes.

Impact sur les marchés

Pour certains, le « trading haute fréquence » apporte de la liquidité, pour les autres il perturbe les équilibres des marchés. Du fait que l’analyse fondamentale est complètement absente du « trading haute fréquence », une lutte entre algorithmes peut emmener le marché dans des valorisations qui n’ont rien de logique. Le but de l’algorithme est de générer de l’alpha (du gain) à n’importe quel prix. Faire perdre de la valeur à une entreprise saine ne pose aucun problème à l’algorithme et à la banque qui l’utilise.
Interrogé sur le sujet, un trader « mixte » (classique et utilisant les algorithmes) nous a confié qu’il estimait que le «  trading haute fréquence » avait moins d’influence que l’on croit sur les marchés. Selon ce trader, le « nuage algorithmique » ne fait que flotter autour de la tendance réelle du marché. Il deviendrait même un outil d’information sur la tendance du marché.

Les autorités loin derrière

L’AMF reconnaît bien volontiers son impuissance face à la prolifération de ces méthodes de « trading ». La première difficulté est d’obtenir les informations. Et quand les informations sont sur la « table », elles représentent une telle masse qu’il est quasiment impossible de les traiter. Le principal problème est l’hégémonie des «  trading haute fréquence ». De ce fait, ils représentent un risque systémique bien réel.
Le 6 mai 2010, le Dow Jones a perdu 6% en cinq minutes, puis a récupéré la perte au bout de vingt minutes. Après des mois d’enquête, la SEC (l’autorité de marché US) a conclu que l’origine de cette chute éclair venait d’un « trading algorithmique classique » avec l’aide involontaire du « trading haute fréquence ». L’opérateur avait initié une position de couverture à la baisse sur l’indice en question. La position était de 4,1 milliards de dollars. Le trader n’ayant pas mis de limite de prix ni de temps d’exécution, les contre parties en « trading haute fréquence » ont fait plonger l’indice à vitesse grand V.
Résultat : le « trading haute fréquence » a secoué de manière systémique un des premiers marchés de la planète en quelques minutes.
Les autorités sont bien conscientes du danger de ce type d’outil. Pourtant aucune mesure ne semble prise à ce sujet. Malgré les déclarations du directeur de l’AMF et du gouverneur de la Banque de France en défaveur du "trading haute fréquence", il semble que ce dernier ait encore de beaux jours devant lui.

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3 Commentaires

  1. danolo le 22 septembre 2011

    C’est tout bonnement scandaleux !J’espère que cela finira un jour et que l’argent ira enfin dans les mains des gens qui ont de vraie idées et qui le méritent.



  2.  le 15 décembre 2011

    c est quoi ce raisonnement de merde ? si tu veut de l argent faut taffer mec , il font juste fructifier le leur ...



  3. SWbqtmnn le 21 mai 2012

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