L’univers des gratuits en fusion
L’univers des quotidiens gratuits commence à s’agiter sérieusement. En cause : des rumeurs de plus en plus insistantes sur un rapprochement en France entre 20 Minutes et Metro, les deux pionniers du secteur.
Révélées il y a quelques semaines par la Lettre A, ces rumeurs enflent. Selon un schéma souvent présenté, 20 Minutes garderait son positionnement de quotidien du matin, tandis que Metro serait distribué le soir.
Chez Metro, Sophie Sachnine, la directrice générale en poste depuis août, a - une nouvelle fois démenti - ces rumeurs mardi. De son coté, Pierre-Jean Bozo, le président de 20 Minutes, les a commentées, sans les confirmer ou les infirmer, lundi lors d’une conférence de rédaction du quotidien. « Si d’autres titres en difficultés financières souhaitent un tel rapprochement, nous l’étudierons, forts de notre position de leader », a-t-il déclaré en substance. Du coté de Metro France, bénéficiaire ces trois derniers exercices contrairement à son concurrent, c’est le silence radio pour l’instant.
Discussions au sommet
En mai dernier, le Norvégien Schibsted (éditeur de 20 Minutes en France, en Espagne et en Suisse) avait acquis 35% de Metro Suède. Pour la France, les pourparlers, s’ils existent, se déroulent au niveau des directions des deux groupes, mais TF1, actionnaire à hauteur de 33% de Metro France, les suit avec attention.
Par ailleurs, le PDG de Metro, Per-Mikael Jensen, était de passage à Paris lundi 10 novembre. Il avait rendez-vous ce jour-là à Puteaux chez Bolloré, propriétaire de Direct Matin et Direct Soir, les deux autres titres du secteur.
Derrière toutes ces discussions, bien évidemment, l’essoufflement prévu du marché publicitaire l’an prochain. Trois quotidiens gratuits le matin et un le soir (Metro aurait renoncé l’an dernier à un projet d’édition du soir), c’était déjà beaucoup en temps normal, cela risque de devenir trop en période de récession. Majoritairement bâtis sur un modèle low-cost, les acteurs du secteur n’ont plus vraiment de marge de manoeuvre pour réduire leurs coûts. Selon leurs actionnaires, la seule solution résiderait désormais dans une réduction du nombre de compétiteurs.
