L’iPhone 3Gs, l’âge de l’hyper-communication
Avec le 3Gs, Apple livre une copie proche de la perfection. Loin devant la concurrence en terme de potentiel. l’iPhone préfigure ce qu’un appareil raccordé au réseau, conçu pour le réseau, doit être désormais : plus qu’un téléphone, un portail hyper-communicant.
Parlons clairement, le précédent modèle d’iPhone, qui intégrait pour la première fois la 3G notamment et un GPS, avait déçu. Très prometteur sur le papier, cet appareil souffrait de défauts évidents, notamment une certaine lenteur et une propension à sucer la batterie à grandes gorgées. Des défauts qui, à la longue, devenaient véritablement problématiques pour une utilisation professionnelle, même si, lorsqu’on a goûté à l’iPhone un retour vers un autre mobile paraît bien difficile.
Miracle, l’iPhone 3Gs - "S" pour Speed (vitesse) - a été conçu par les ingénieurs d’Apple pour apporter précisément une réponse à ces désagréments. A tel point que, comme vous le comprendrez dans cette présentation, l’iPhone 3Gs incarne bien aujourd’hui une version totalement aboutie, celle que la clientèle aurait été en droit d’attendre dès la sortie de ce nouveau concept communicant qu’est l’iPhone !
En trois exemplaires de son téléphone multi-touch, le premier présenté en février 2007, Apple a réussi à jeter des bases solides et claires de ce que sera l’hyper-communication mobile. Car, il ne s’agit plus de téléphoner, de recevoir des messages occasionnels ou des mails méchamment affichés, mais de considérer l’iPhone comme un portail de communication, dont il s’agit dorénavant de gérer les entrées. La voix n’est pas la principale, loin de là, et l’arrivée du "process" de notification "made in Apple" devrait très profondément élargir le spectre des interactions qu’on a avec cet appareil - n’importe quelle application peut en effet voir ses données mises à jour sans pour cela être active.
A la portée de n’importe qui
Il conviendrait de ne plus parler de téléphonie. L’iPhone a glissé dans une autre catégorie. Pour la première fois sur ce marché, un appareil propose un ensemble cohérent de fonctionnalités, et non plus un patchwork hâtivement empilé dans une coque plus ou moins bien pensée. Le 3Gs en fait la démonstration, et mieux, il le propose au quidam, à celui qui n’a pas la patience d’apprendre ou l’envie de se plonger dans les méandres d’un système d’exploitation. L’iPhone 3Gs c’est la complexité d’une machine de laboratoire, pensée pour n’importe qui, en fonction de n’importe qui. Et cela se joue sur quelque détails, une intégration parfaitement pensée, ou une fonction qui peut paraître sans importance mais devient tout à coup indispensable. C’est le cas de la boussole numérique. L’application proposée par Apple semble ne servir à rien à proprement parler. Qui a besoin de savoir où est le nord ? Et combien de fois par jour ? L’instrument prend tout son sens lorsqu’il est associé à la Google Maps sur l’iPhone. Le plan s’oriente alors automatiquement. Une aide à l’orientation absoluement décisive pour tous ceux qui n’ont pas l’envie ou les connaissances en cartographie pour interpréter un plan. Bref, avec la boussole, le risque de se tromper de trajet est proche de zéro, et c’est bien l’essentiel.
Il manquait quelques fonctions aux évolutions précédentes, comme la vidéo et la comptabilité avec le MMS. C’est maintenant de l’histoire ancienne, le capteur photographique en plus de gagner une élégante fonction "focus" gérée au doigt, est aussi l’objectif d’une camera. La qualité n’est pas formidable mais ravira ceux qui souhaitent poster leurs clips sur le Web. Bref, les rivaux de l’iPhone vont avoir de plus en plus de mal à pointer les lacunes de l’appareil pommé. D’autant que pour le reste, l’iPhone est loin devant. Ne parlons pas même de l’Appstore, dont le potentiel ne peut encore être totalement imaginé... Bémol tout de même, la reconnaissance vocale est plus capricieuse. L’iPhone interprète bien les ordres lorsqu’il s’agit d’appeler quelqu’un, en revanche, il est beaucoup plus difficile de lui faire jouer le bon morceau de musique !
Ecosystème
L’iPhone ne prend tout son sens qu’une fois inscrit dans un environnement où Apple a empilé chaque briques pour en faire un écosystème d’une rare pertinence. Nous avons parlé de la notification pour les applications tierces, mais il ne faudrait pas sous estimer aussi la synchronisation globale dont est dotée la bête, qui lui permet d’être l’émetteur et le récepteur des moindres modifications des données essentielles comme les adresses, le calendrier, etc. Et cela sans être étreint par l’angoisse de voir la batterie se vider en une matinée bien remplie, comme c’était le cas avec le 3G. Cette fois, le défaut a été gommé, tout comme la lenteur. Le 3Gs est proche de l’immédiateté. Tout est rapide, fluide, comme si la machine ne peinait plus, enfin. Les jeux utilisant massivement l’affichage 3D comme Fastlane retrouvent une seconde jeunesse, et encore, le 3Gs est doté de capacités graphiques qu’aucune application proposée actuellement sur l’Appstore n’a encore exploité, et pour cause, les développeurs n’y ont pas eu accès avant sa sortie publique. Voilà qui promet. L’iPhone n’en est qu’au début. L’appareil définit les nouvelles frontières de la communication, d’ailleurs, peut on encore parler de communication ? Et hyper-communication semble être un pis-aller pour tenter de nommer ce qui est encore mal connu.
