L’iPhone 3G au pays de la 3G+
Pays aux 102 millions d’abonnés au mobile, le Japon s’apprête lui aussi à accueillir l’iPhone. Selon le site Telecoms Korea, c’est l’opérateur numéro un du marché, Ntt DoCoMo, qui aurait obtenu la commercialisation de la nouvelle version du téléphone d’Apple. Une sortie attendue mais toujours pas confirmée au pays du soleil levant et du téléphone roi.
C’est donc NTT, le numéro un des opérateurs mobiles japonais, qui devrait avoir la lourde, mais certainement lucrative tâche, de distribuer l’iPhone au Japon. On imagine difficilement qu’il n’y ait pas d’exclusivité sur ce marché où sur le terrain les opérateurs et les constructeurs travaillent en étroite relation pour concevoir des appareils mobiles. Exit ainsi KDDI, les deuxième opérateur japonais qui malheureusement utilise le réseau CDMAx1, non-compatible avec l’iPhone.
Exit SoftBank, le troisième et très actif opérateur nippon ? Pas si sûr. Certainement bien plus souple et donc plus apte à négocier avec Apple que ne l’est DoCoMo (un filiale du géant NTT), SoftBank pourrait créer la surprise sur l’archipel. On se souvient en effet que pour ses débuts, juste après le rachat de Vodafone, SoftBank offrait un iPod Nano à certains de ses clients. Et, nul doute que son très médiatique patron, Masayoshi Son fait ce qu’il peut pour rafler la mise au nez et à la barbe de son concurrent. Enfin, notons que DoCoMo, qui vient de présenter en début de semaine, sa « nouvelle collection d’été » de mobiles, sera l’opérateur exclusif du LG Prada, un mobile concurrent de l’iPhone. Un concurrent peut-être, mais également un possible moyen de pression pour négocier ce qu’il faut avec Apple.
L’iPhone n’arrivera pas en terrain conquis
Le LG Prada chez DoCoMo, mais l’Internet Machine chez SoftBank. Il s’agit en fait d’un smartphone compact de Sharp avec un écran large de 3,5 pouces avec un clavier QWERTY. De plus, comme c’est la norme au Japon, il possède un tuner OneSeg pour capter la télévision numérique terrestre (TNT) mobile. 27% des utilisateurs japonais de mobile sont demandeurs de ce type de service que l’iPhone 3G ne pourra pas offrir. Tout comme il ne pourra pas satisfaire ceux qui utilisent leur ketai (mobile en japonais) comme carte de paiement dans les supérettes ou comme pass dans les transports en commun de Tokyo.
Le mobile est un accessoire électronique de tous les instants au Japon, naviguer sur la « super 3G » ou 3,5G est déjà possible avec bon nombre d’appareils. Il y a désormais plus de mails envoyés via téléphone que par PC dans le pays et les sites de commerce mobile connaissent un vrai boom auprès des Japonais. Il est simple d’acheter ou de faire des enchères à partir des portails Internet des opérateurs principaux et les SNS mobiles comme Mobage-town rapportent des millions de dollars à leurs créateurs. Alors qu’on attend toujours que ce business se développe concrètement en Europe, en dehors des services que proposent les opérateurs téléphoniques.
Le Japon est autre monde et il est bien difficile de comparer le marché avec ce qui se fait en Europe. Ainsi, bien qu’une grande majorité des Japonais soit réceptive aux innovations dans le domaine, l’iPhone ne sera certainement pas un mobile grand public ici. Et on imagine bien des clients garder leur ketai made in Japan de marque Kyocera, Panasonic, Sharp ou NEC et s’offrir l’appareil d’Apple pour servir de second iPod ou de gadget multi-touch de luxe. Mais, heureusement pour Apple, le marché est tellement important que les files d’attentes devant les boutiques de l’opérateur exclusif risquent d’être longues, très longues.
