L’hypothèse d’un deuxième tour Eva Joly/ Marine Le Pen en 2012
Le vote en faveur d’Europe Ecologie pourrait nettement progresser lorsque les premières conséquences humaines du drame de Fukushima seront connues dans un an.
Les partis politiques français vont faire les frais de l’absence totale de communication crédible sur la situation des centrales nucléaires de Fukushima. Quand la vérité sera connue, la défiance à leur égard se renforcera encore et Europe Ecologie poursuivra sa progression. La situation japonaise ne laisse pas d’inquiéter : dans le meilleur des cas, les techniciens et ouvriers parviendront, au péril de leur vie, à accélérer le refroidissement des réacteurs 1, 2, 3, 4 permettant, comme à Tchernobyl, de les recouvrir d’un sarcophage, selon les experts de la sureté nucléaire. Dans le plus mauvais scénario, ils ne réussissent pas cette entreprise et il faudra attendre au moins un an, sinon plus, avant de pouvoir couler une dalle de béton. Tant que cela ne sera pas le cas, la contamination de la région, du sol comme de la mer, va se poursuivre et Tokyo continuera de recevoir des émanations radioactives. Pour ne pas alarmer la population, le gouvernement japonais se garde bien de dire qu’il y aura des victimes mais tous les experts savent qu’il y en aura malheureusement. Combien et dans quels délais ? La prédiction macabre est impossible à faire même si l’on sait aujourd’hui qu’un premier aperçu sera possible à formuler dans un an.
Référendum sur le nucléaire
En 2012, donc, la question du référendum sur la poursuite ou l’abandon du programme nucléaire français sera au centre du débat politique des prochaines élections présidentielles. Europe Ecologie, Cécile Duflot, a été suffisamment claire sur ce point, ne scellera pas un pacte de gouvernement ou un accord de désistement avec un parti qui ne se prononcera pas sur cette question. Or, le Parti Socialiste n’a pas fait connaître son opinion sur ce point. Officiellement, la rue de Solférino assure que ce sera le cas « lorsque le candidat à l’élection présidentiel sera investi à l’issue des primaires ». Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry, François Hollande attendront-ils l’échéance du mois de juin pour se prononcer alors qu’aucun d’entre eux n’a souhaité jusqu’à aujourd’hui remettre en cause le programme nucléaire français ? Tous savent qu’une majorité de Français se prononcerait pour l’abandon de la construction des centrales.
Pourtant, le soutien d’Europe Ecologie à leur candidature va dépendre de ce choix stratégique. Le score que le candidat du PS obtiendra, au premier tour, découlera également de cet engagement.
Une abstention des partis politiques sur le dossier nucléaire pourrait se traduire, étant donné la gravité de la catastrophe japonaise, par une forte poussée du vote écologiste qui s’effectuerait à leur détriment. Dans ce cas de figure, il n’est pas exclu que le candidat socialiste ne dispose pas d’un volume de voix suffisant pour être présent au deuxième tour contre Marine Le Pen. L’hypothèse d’un second tour où seraient présentes Eva Joly, candidate d’Europe Ecologie et Marine Le Pen est très improbable. Elle ne peut pas être rejetée tant les retombées de Fukushima n’ont pas fini de faire sentir leurs effets.
