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L’ancien patron de Têtu entre au Monde (màj)

Le 16 Juin 2011 dans Old fashion media par Carmen Blanchetti

Pierre Bergé a obtenu que Thomas Doustaly qui a quitté le magazine dans des circonstances non éclaircies vienne s’occuper de l’offre du week end.

Une armée de généraux

Fidèle jusqu’à la déraison. Pierre Bergé ne lâche jamais ses amis quels que soient les reproches justifiés ou non qu’ils suscitent. Thomas Doustaly, ancien directeur de la rédaction de Têtu jusqu’en 2007, fait partie de ceux qui ont la chance d’appartenir à ce cercle rapproché des amis de Pierre Bergé.
L’ancien patron d’Yves Saint-Laurent est, en effet, intervenu auprès des autres actionnaires du Monde afin qu’il soit nommé chargé de réflexion pour concevoir la nouvelle formule du magazine de fin de semaine. Louis Dreyfus, président du directoire et Erik Izraelewicz, directeur du Monde, ne se sont pas opposés à cette arrivée qui soulève des questions d’ordre interne et personnel.
Marie-Pierre Lannelongue, ancienne responsable des pages féminines du Nouvel Observateur, dont Louis Dreyfus avait eu, lorsqu’il en était le directeur général, tout le loisir d’apprécier les compétences a rejoint Le Monde pour faire évoluer l’offre de fin de semaine. L’arrivée de Thomas Doustaly la met en porte à faux et accroît le doute sur les responsabilités qui lui sont dévolues.
Elle plonge dans le plus grand embarras Didier Pourquery qui était officiellement l’homme chargé de mettre au point la nouvelle formule du week-end et qui n’aura plus la haute main sur ce projet. Si les actionnaires du Monde ne tranchent pas rapidement en sa faveur, Didier Pourquery quittera le journal. Il est d’ailleurs en pourparlers avec d’autres titres de la presse quotidienne gratuite comme payante.
Enfin, la prise de fonctions de Thomas Doustaly risque de soulever de nombreuses vagues dans la mesure où Rue89 avait lancé une enquête à charge en 2007 et 2008 contre lui, révélant qu’il gagnait 12 000 euros bruts par mois.

Un personnage controversé

A la suite de six licenciements et d’une tentative de suicide au sein de la rédaction de Têtu, Augustin Scalbert avait, en effet, écrit : "Alerté par un lecteur, Rue89 a pu joindre ou rencontrer quatre des six derniers licenciés, qui souhaitent garder l’anonymat.
Ils dénoncent unanimement l’ambiance « délétère » qui règne dans le journal. En cause, selon eux : le directeur de la rédaction, Thomas Doustaly, dont le comportement est jugé « autocratique », « injuste », « autoritaire », « humiliant », « méprisant », « irrationnel ». Le terme de « harcèlement moral » est lâché"
.
Usant de son droit de réponse, Thomas Doustaly avait envoyé ce texte à Rue89 : "Le procédé de l’anonymat des “anciens collaborateurs” ayant contribué à la rédaction de cet article est inacceptable au regard de la sévérité des accusations rapportées".
Ce qui lui avait valu cette nouvelle réponse de Rue89 : "confronté aux allégations de « harcèlement moral » qui nous avaient été rapportées, M. Doustaly a spontanément évoqué ses « problèmes de santé » – allant jusqu’à en préciser la nature–, lors de l’entretien qu’il nous a accordé".
La polémique battant son plein, Pierre Bergé, propriétaire de Têtu, a pris acte du départ de Thomas Doustaly en ces termes : "Thomas Doustaly quitte Têtu. Une nouvelle difficile à croire. Thomas dirigeait la rédaction de ce journal depuis plus de dix ans. Il l’a fait avec talent, conviction et courage. Je dois lui dire ma gratitude. Aujourd’hui, il a choisi de voguer vers de nouveaux rivages, de courir de nouvelles aventures. Je lui souhaite le succès qu’il mérite et je l’accompagnerai s’il le désire comme je l’ai toujours fait. Merci"
Pierre Bergé a donc décidé quatre ans après ces événements de l’accompagner au sein du Monde, la nouvelle entreprise dont il est actionnaire.



- mise à jour 11 h05 : Didier Pourquery, ancien de Libération, Info Matin, VSD, Science et Vie, et Metro, dément de la façon la plus formelle avoir pris contact avec des éditeurs de la presse quotidienne nationale gratuite comme payante.



- Nous publions la réponse de la direction du Monde envoyée à 13H25 à notre rédaction :
"Ce mail fait suite à l’article que vous venez de publier sur votre site. Nous regrettons, une nouvelle fois, que vous n’ayez pas jugé utile de joindre la direction du Monde ou la direction du Magazine pour vérifier l’exactitude de vos informations. Au sein de la rédaction du Monde, Didier Pourquery, directeur adjoint des rédactions, a notamment en charge les transformations du journal du week-end et, auprès de lui, Marie-Pierre Lannelongue, comme indiqué dans l’ours du journal, est rédactrice en chef en charge du Magazine.
L’un et l’autre ont toute la confiance de la direction du Monde pour réussir ce projet qui est au cœur de notre stratégie de développement.
Par ailleurs, de manière à lancer, dès septembre, simultanément à la parution du nouveau Magazine ses déclinaisons numériques, nous avons confié une mission de quelques mois à Thomas Doustaly, afin de préparer les prolongements de notre magazine sur tablettes et mobiles.
Thomas Doustaly a travaillé, l’an dernier, aux côtés de Boris Razon, dans le cadre du cursus de l’école de journalisme de Sciences Po, sur les stratégies de développement des éditions du week-end du Monde
."

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12 Commentaires

  1. Glouglou le 16 juin 2011

    Finalement, Pierre Bergé n’est pas hors-jeu du tout, au contraire !



  2. Didier Pourquery le 16 juin 2011

    Très malin la façon de rédiger ma réponse, très malin...Mais le fait que j’ai travaillé dans ces journaux (et d’autres encore, dont Le Monde dans les années 80) ne signifie pas que je suis en pourparlers pour quitter Le Monde. Ou que j’ai des états d’âmes.Cela est TOTALEMENT FAUX et vous le savez.Merci de laisser ce message en commenaire de ce papier.



  3. Greg le 16 juin 2011

    La réponse du monde est tout a fait cohérente. Effectivement merci de mieux faire votre boulot afin de creuser un peu plus vos informations...



  4. Marco le 16 juin 2011

    Bonjour,L’inquiétude de monsieur Pourquery est compréhensible. Que la direction du monde fasse venir un ancien red chef de Têtu pour travailler sur les déclinaisons tablettes du magazine, alors que le Monde peut s’appuyer sur les compétences de ses équipes du Web (plus de 50 personnes après vérification)... Ca pose certaines questions sur les véritables motifs de sa venue.



  5.  le 16 juin 2011

    n’importe quoi !



  6. jean-michel le 16 juin 2011

    ce n’est plus du journalisme c’est du marketing pour vendre,vendre,vendre ;ça me révolte ;vous assassinez tous les jours Albert Londres.



  7. Emmanuel Torregano le 16 juin 2011

    @Jean-MichelVous vous adressez à qui ?Merci



  8. Augustin Scalbert le 17 juin 2011

    Pourquoi écrivez-vous que Rue89 avait fait une "enquête à charge" ? Dans la mesure où Thomas Doustaly répondait "point par point" dans le même article, ne s’agissait-il pas d’une enquête "à charge et à décharge", et donc d’une enquête tout court ?



  9. Emmanuel Torregano le 17 juin 2011

    J’imagine qu’il s’agit de l’impression générale laissée par le papier. Mais sur la forme en effet il est équilibré, comme nous l’avons noté aussi.Merci



  10. Glouglou le 17 juin 2011

    Ce qui m’inquiète le plus n’est pas le cas de M. Pourquery, qui est un professionnel reconnu, mais celui de M. Doustaly, qui est loin d’avoir la même carte de visite. Je constate que la mise au point du Monde ne dément absolument pas que c’est M. Bergé qui l’a imposé alors qu’il n’a aucune qualification pour travailler au Monde, et encore moins sur ce genre de dossier. Le fait du prince, donc. M. Bergé en remet une couche : après l’affaire Mitterrand, l’affaire Doustaly. Je croyais que les nouveaux actionnaires ne devaient pas s’immiscer dans les choix rédactionnels du Monde. Jusqu’où ce journal va-t-il déchoir ?



  11. Alexandre Kobbeh le 17 juin 2011

    Que Thomas Doustaly est bénéficié d’un passe-droit n’est pas si grave que cela. Il n’est pas le premier et ne sera sûrement pas le dernier.Le vrai problème au Monde concernant le Magazine (numérique ou pas) demeure le manque de savoir faire. Le Monde n’a jamais su faire un succès comme Le Figaro Magazine. La direction du Monde a toujours hésité à se lancer dans la bataille. Et quand ils ont sorti le premier supplément magazine du Monde, c’était un véritable repoussoir à publicités. Un vrai magazine intello-chiant. Pourquoi un tel échec industriel ? Parce que les dirigeants du Monde ont tous cru avec un certain mépris que le genre magazine est une sorte de presse de deuxième ordre. La rédaction du quotidien a également méprisé le magazine. Résultat. Rien. Le magazine du Monde est un titre qui n’existe pas internationalement. Paris Match ou Le Figaro Magazine revendent leur sujet dans le monde entier. Le succès d’un magazine passe par de l’argent et des équipes de talent.Imaginez que le Monde n’arrive toujours pas à faire ce qu’Hersant et Pauwels ont réussi en 1978.Le Monde est sans aucun doute le meilleur quotidien français....mais pour l’offre week-end, ce n’est pas encore ça.



  12. Glouglou le 17 juin 2011

    @Alexandre : je partage votre analyse et c’est effectivement en y mettant les moyens, à la fois financiers et humains (quand on voit qu’il n’y a que 5 rédacteurs au Monde Mag, c’est à pleurer) que le magazine aura une chance d’émerger. En revanche, ce n’est pas en embauchant quelqu’un qui n’y connaît rien qu’il y arrivera.



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