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L’Hadopi mise en péril par une cyberguérilla

Le 29 Avril 2010 dans Peer2peer par Cécile Fléchon

Depuis le débat sur la loi Hadopi 1, une des grandes questions qui suscite le débat est sa mise en pratique. Parmi les opposants à cette loi, des utilisateurs avancés des réseaux de peer-to-peer, qui cherchent à démontrer par la technique les failles de la machine Hadopi.

L’Hadopi avait déjà bien du mal à se mettre en route, et voilà qu’une grosse graine, dure et douloureuse, vient de choisir de se nicher dans sa chaussure. Seedfuck, un morceau de code léger comme une plume, et qui a déjà été métamorphosé pour être utilisable par le plus newbie des hackers promet de donner du fil à retordre à Trident Media Guard (TMG), la société nantaise chargée de traquer les téléchargeurs hors-la-loi.
Son principe est simple (il en existait déjà une version pour eMule) on l’appelle le « torrent poisonning » : brouiller les pistes en injectant des adresses IP fantaisistes sur les serveurs Torrent. Des IP aléatoires ou bien choisies, comme, suggèrent certains, celles du ministère de la rue de Valois, ou de votre voisin insupportable... Une façon, dont on a du mal à savoir si elle est légale ou non de démontrer que les fondements techniques de la chasse aux délinquants de la propriété intellectuelle sont pour le moins faiblards. Même si Seedfuck n’est au final, pas utilisé, son existence constitue un argument psychologique difficilement parable.

Les semonces de l’Hadopi

À tel point qu’un député anti-Hadopi de la majorité, Michel Zumkeller, a jugé utile d’interroger Frédéric Mitterrand dans une question écrite. En effet, si l’Hadopi et TMG persistent à considérer l’adresse IP comme l’empreinte digitale de l’internaute, de nombreux citoyens paisibles, utilisateurs de Torrent dans le respect de la légalité, ou même étrangers aux réseaux de peer-to-peer, pourraient faire l’objet des semonces de l’Hadopi. En l’occurrence, la grande question concerne les logiciels de sécurisation labellisés par l’Hadopi, dont les spécificités techniques sont toujours inconnues. Permettront-ils – tout en respectant la vie privée et la liberté de l’internaute – de prouver l’innocence d’une IP, ou seulement celle d’un ordinateur ?
Mais une des faiblesses de Seedfuck, du point de vue des utilisateurs du peer-to-peer, c’est qu’en générant en masses de fausses IP, il saborde les trackers Torrent. Tout en démontrant les limites de l’Hadopi, le proof of concept est donc en lui-même une violente attaque des réseaux P2P. La cyberguérilla vient donc de se doter d’une nouvelle stratégie, sous la forme de « TMGKicker ». En effet, les serveurs de la société nantaise sont – semble-t-il – facilement repérables, ses IP, reconnaissables. Il est donc assez aisé pour des utilisateurs peu disposés à faciliter le travail de l’Hadopi, de choisir de flirter avec les limites de la légalité et de les inonder de scans (des requêtes), ce qui aura pour effet de déconnecter les serveurs de TMG.
Maintes fois repoussées, les premiers mails d’avertissement sont désormais prévus pour le mois de juin, « après la fête de la musique », dixit Frédéric Mitterrand. Officiellement, plus que deux mois donc avant la mise en branle de la machine Hadopi. Mais au vu de ses faiblesses techniques, et du flou juridique qui entoure son action, son efficacité semble un peu plus compromise chaque jour.

photo : hbrends

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5 Commentaires

  1. sous-marin le 29 avril 2010

    Quel ton hadopti aujourd’hui ?

    That is the very big Question !

    Tant que l’ignorance est au pouvoir, les internautes auront la paix royale, et les TMG seront des gouffres financiers qui finiront aux oubliettes de l’histoire.

    L’Hermite devrait se faire Bernard en utilisant le potentiel du P2P qui garde tout son jus dans l’évolution des besoins de bandes passantes…

    Boudiou, courir après des miettes et refuser la crème fraîche ! L’exception culturelle à la Française, certainement.

    M’enfin, la comédie c’est son truc, pas sur que le rire soit au rendez-vous de sa dernière prod TMG.

    Therry ! oublie ton rafiot, et surf un peu plus, la vague n’attend jamais…



  2. Antoine le 29 avril 2010

    Mais non, la spec du mouchard HADOPI n’est pas inconnue. Il s’agit du RFC 3751 : Omniscience protocol publié le 1er avril 2004... :D



  3. Lulu77 le 29 avril 2010

    On va trouver des modes d’emploi VPN dans toutes les bonnes feuilles lycéennes.



  4.  le 29 avril 2010

    perte de temps.Nous vivons dans le monde du "tout tout de suite " made by google. Posséder n’a plus d’intérêt lorsqu’il est remplacé par l’accès immédiat et illimité à l’information. Et lorsqu’internet s’invite de plus en plus dans les salons, il est temps de remettre son vieux modèle de musique propriétaire 1D en cause. peut-on vivre sans acheter la moindre musique et me moindre DVD tout en accédant aux oeuvres du moment légalement ?Oh que oui. Nous sommes envahis par les sons et l’images !!!!!!



  5. sous-marin le 1er mai 2010

    @Lulu 77,

    S’il n’y avait que le VPN ! Les solutions existantes sont tellement nombreuses qu’il faudrait une centaine d’organisations Hadoptimum dans la seconde où vous lirez ce message, et 1000 autres dans la minute qui suit !

    Mais oui, bien sûr, il faut un agent d’Hadolescence dans chaque récrée, derrière chaque étudiant, devant chaque ordinateur, spécialisé dans chaque protocole, d’intercepter toutes les ondes, les courants porteurs, décryptée toute les Com, les SMS, surveiller tous les sites, forums et autres techenics d’enferdedieu qui vont plus vite que la lumière avec l’esprit imaginatif et sans limites de nos cher têtes blondes.

    Cela me rappelle un cours d’informatique ou, pendant que le prof développait son hexadécimal, le réseau du bahut été cassé, hacké et tombait à l’heure dite du cours en venant, après analyse, de la classe du prof en question.

    Par la suite, j’appris que le hackeur n’avait pas 20 ans… et dernier de sa classe, il va sans dire.

    Il est peut-être tant que les vrais cancres prennent le pouvoir, non ? s’ils ne l’ont pas déjà…

    Bonne chance à l’hadopi, il nous font de l’humour malgrés eux, c’est déjà cool.



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