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L’HADOPI n’est pas très populaire à droite

Le 05 Juin 2008 dans Peer2peer par Emmanuel Torregano

La loi "Internet et Création" devrait arriver sans trop d’encombres devant l’Assemblée nationale à la rentrée. Mais c’est dans l’hémicycle que le texte devrait se heurter à une forte hostilité, de la gauche bien sûr, mais aussi d’une bonne partie de la majorité. L’Elysée, conscient de l’écueil, est à la recherche d’une solution.

Rien n’est fait pour la loi "Internet et Création", et le plus grand danger pour la ministre se profile à l’horizon. Passé le Conseil d’Etat, la présentation au Conseil des ministres le 18 juin ne devrait être qu’une formalité. Idem pour la première lecture devant les sénateurs réunis une dernière fois avant les vacances. Mais le véritable rendez-vous avec l’histoire, ce sera sans aucun doute le passage devant les députés à l’Assemblée nationale. Prévue pour la rentrée parlementaire, soit certainement au mois d’octobre, la discussion promet d’être chaude, pour ne pas dire houleuse.
On l’a souvent répété, ce projet de loi ne fait pas l’unanimité. D’ailleurs, le sondage de la SCPP (Société civile des producteurs de phonogrammes), malgré ses résultats largement en faveur des orientations du texte de loi, ne fait que renforcer cette impression tenace d’un malaise. Et ce sentiment devrait s’intensifier considérablement à la rentrée.
Le danger ne devrait pas venir pour une fois des rangs de la gauche. Bien dans son rôle d’opposition à la politique du gouvernement de François Fillon, les députés socialistes ne vont pas créer la surprise. En revanche, il devrait en être tout autrement du côté de la majorité.

Accoyer, Copé, même combat

Plusieurs indices laissent présager que le danger pour la ministre viendra des rangs de la droite. Tout d’abord, ce projet de loi sera l’occasion pour nombre de déçus de la loi DADVSI de proposer à nouveau au vote les amendements légalisant la licence globale. Ceux-là même qui en 2005 avaient fait vaciller Renaud Donnedieu de Vabres, le ministre de la Culture d’alors. On se souvient que Bernard Accoyer, alors président du groupe UMP à l’Assemblée, avait très largement agi en ce sens. A l’époque, le cabinet du ministre avait été montré du doigt pour ses négligences et accusé en définitive de n’avoir pas su anticiper la fronde des députés UMP. Et ce fut d’ailleurs Nicolas Sarkozy qui prit la défense de Renaud Donnedieu de Vabres.
Aussi surprenant que cela puisse paraître , le vote de la loi "Internet et Création", en octobre prochain, pourrait bien connaître les mêmes errements. Puisque cette fois encore, le cabinet de la ministre va devoir affronter l’hostilité d’une partie de la majorité, mais aussi l’envie du président du groupe UMP, Jean-François Copé, de montrer qu’il est aujourd’hui en rébellion avec le pouvoir de Nicolas Sarkozy. Jean-François Copé a déjà montré de quoi il était capable dès qu’il s’agit d’insolence. La façon dont il a mené la mission sur la "rénovation de l’audiovisuel public" en dit long sur sa détermination à exister face à l’Elysée. Les anti-HADOPI (premier nom de la loi "Internet et Création") dans l’hémicycle devraient adopter un slogan unique : l’HADOPI est liberticide !
Un comble, certainement, alors que cette loi permet aux internautes pris la main dans le sac du P2P d’échapper à la sanction normalement prévue pour une violation des droits d’auteurs, assimilée à un acte de contrefaçon : 3 ans de prison et 150 000 euros d’amende.

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11 Commentaires

  1.  le 5 juin 2008

    "cette loi permet aux internautes pris la main dans le sac du P2P d’échapper à la sanction normalement prévue pour une violation des droits d’auteur"Echapper à des sanctions qui n’existent pas, puisqu’elles sont totalement disproportionnées et qu’aucun juge n’est assez idiot pour les appliquer, il n’y a rien de plus raisonnable. Par contre contrairement à ce que vous dites je ne crois pas que les sanctions prévues par l’HADOPI excluent les poursuites devant les tribunaux et les sanctions déjà prévues pour une violation des droits d’auteurs.



  2. Philippe Axel • http://www.philaxel.comle 6 juin 2008

    Votre article est excellent sauf sa conclusion. Je ne vois pas pourquoi nous devrions choisir entre la peste et le choléra. Nous préférons la bonne santé de la filière musicale, qui passe par son adaptation à la gratuité irrémédiable des biens numériques sur la toile.Cette gratuité profite à des activités lucratives, c’est donc à elles de payer et en plus, elles y ont intérêt pour vendre leurs propres produits et services.



  3. bob • http://laquadrature.netle 6 juin 2008

    Vous faites un amalgame grossier à la fin de votre article. Le délit de contrefaçon est passible d’une peine _allant jusqu’à_ 3 ans de prison et 300.000€ d’amendes, et cela fait toute la différence !

    Lors d’une condamnation prononcée par un juge ce dernier applique la loi proportionnellement à l’importance des dommages causés. JAMAIS un téléchargement ou même une mise à disposition d’oeuvre sans but lucratif ne fera l’objet de prison ferme, il faut arrêter avec cela.

    L’intérêt de la justice c’est qu’elle est rendue par des juges qui sont avant tout des êtres humains. Dans le Brazil Hadopiesque, quelques ronds de cuir auront droit de vie et de mort numérique sur les citoyens, sur la foi de relevés informatiques peu crédibles...

    Ces deux solutions imparfaites sont loin d’être la seule alternative.



  4. G. Corni le 6 juin 2008

    La loi ne supprime en aucune façon le délit de contrefaçon qui reste applicable. Il n’y a que création d’une nouvelle infraction, le défaut de sécurisation, pas remplacement. Les producteurs pourront poursuivre au pénal si il le désire. Tout le travail du gouvernement est de faire en sorte que les journalistes ne parlent pas de cette double peine.



  5. Nonette le 7 juin 2008

    Toujours pas de rupture dans la manière d’imposer les lois en France. Dadvsi n’a pas suffi. Continuons !

    Hodapi, la loi baliverne (Oliviennes) et déjà un échec, et surtout une bêtise monumentale privant la France d’un outil indispensable pour faire face aux enjeux économiques, politiques et sociaux d’aujourd’hui et de demain.

    Les raisons de l’échec de cette loi sont multiples, mais à quoi bon les relever ?

    Vous ne la voulez pas, vous l’aurez ! C’est comme ça.

    Bien évidemment, tous les problèmes énoncés (ils sont de plus en plus nombreux) vont s’amplifier.

    Comme pour Dadvsi, cela ne réglera en rien le fond comme la forme. Les pratiques évoluent et les utilisateurs de moins en moins dupes.

    Le réseau est devenu le seul "contre-pouvoir ” démocratique, bien que contrôlé par les US. De plus la conjoncture économique nous impose de revoir nos pratiques de communication.

    Notre dépendance consciente ou inconsciente aux technologies nous impose d’aller de l’avant.

    Toutes régressions coûteront bien plus cher à notre collectivité, voilà pourquoi l’Open Source est LA seule solution pour maintenir la France dans la compétition. (l’un des plus mauvais élèves de l’Europe !)

    Nous avons déjà perdu. La nano est là. Bon courage… pour holdupi ! KO assuré.

    Allez, un petit effort intellectuel, Messieurs les parlementaires. Soit vous prenez le train, soit vous restez sur le quai.

    Mais vous n’obligerez jamais les Français qui le souhaitent d’avancer…

    Merci de bien comprendre que nous ne vous attendons absolument pas ! C’est vous qui avez besoin de nous, et certainement pas le contraire…



  6. bourgpat • http://www.numerama.com/forum/index.php?showtopic=84491le 7 juin 2008

    Pour ce qui est de la fiabilité des relevé d’IP, il y a celui la qui est croustillant.

    http://www.numerama.com/forum/index...

    Si même le imprimantes se mettent à pirater de la musique où va t’on ma bonne dame.

    Par contre comme vous l’on dit les internautes précédents il s’agit de créer un nouveau délits qui ne se substitue pas au délit de contrefaçon.



  7. bourgpat • http://www.isoc.fr/l-isoc-france-appelle-au-retrait-du-projet-de-loi-hadopi-article0079.htmlle 7 juin 2008

    Sinon, une autre vision du texte de la part de l’isoc.

    [quote]L’ISOC France appelle au retrait du projet de loi HADOPIsamedi 7 juin 2008.

    La commission juridique de l’ISOC France a analysé, pour tous les internautes, le projet de loi HADOPI. Ce projet est liberticide pour les internautes. Voici pourquoi :

    Petit chantage entre amis : les travers de la loi Hadopi

    La loi Hadopi (Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet) en discussion imminente au Parlement, prône une mesure liberticide - la riposte graduée. L’Isoc France* s’insurge contre cette possibilité de déni de justice et demande le retrait de la loi Hadopi car elle est contraire aux droits les plus élémentaires de toute personne, y compris ceux d’un internaute.

    Un concept magique : la "riposte graduée"

    Il s’agit d’une succession d’avertissements et de sanctions, pour réprimer les internautes qui téléchargent gratuitement des œuvres, en court-circuitant toutes les sécurités qu’un vrai procès pourrait leur assurer ; il s’agit de renverser la logique de la punition en procédant – avant toute vérification - à la coupure de l’accès à l’Internet du "supposé pirate".

    La riposte graduée, c’est le "zéro" protection

    Aujourd’hui pour poursuivre un "pirate", il faut procéder par étape : identification, procès, apport de preuves, etc. Avec ces nouvelles dispositions, une simple dénonciation auprès de la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi) suffira pour "contourner" la justice et "autoriser" jusqu’à un an de coupure d’accès à Internet.

    La riposte graduée, c’est "on coupe d’abord, on réfléchit ensuite"

    Une fois sa connexion coupée (pour 1 mois, 6 mois ou 1 an), l’internaute qui trouverait le procédé arbitraire, pourra faire un "recours de pleine juridiction devant la juridiction administrative compétente". C’est un type de procès qui permet de faire annuler des décisions de l’administration et éventuellement de toucher un petit dédommagement… quand celle-ci a pris sa décision un peu trop rapidement. Mais, cerise sur le gâteau, la moyenne du temps de décision est de… 21 mois. Presque deux ans !

    La riposte graduée, c’est le Moyen âge d’Internet

    Cette loi est en place pour servir les intérêts d’un petit groupe de personnes (les Majors, etc…) qui, au bout de 10 ans, n’a toujours pas compris où se situait la force du Net et pense qu’il faut, avant tout, transformer le Réseau en un "outil efficace et moderne de distribution commerciale". Les autres usages ou potentiels du Net sont complètement occultés. Sans autre forme de procès.

    Responsable du Dossier : Arnaud GARRIGUES

    Contact Presse : France MIREMONT[/quote]



  8. david le 7 juin 2008

    La fin de votre article manque de finesse et de clairvoyance. Depuis le passage de DADVSI personne n’est allé en prison, cela ne sert à rien d’agiter des chiffons rouges.



  9. christophe colinet • http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre17650.htmlle 21 juin 2008

    Et quand on fait un effort pour établir la vérité autour de l’artisan de la DADVSI, l’ex-ministre de la culture et de la communication, renaud donnedieu de vabres, avec une biographie lisible intégralement et librement (garanti sans DRM), on obtient ce genre de réaction- - - - - -From : contact@rddv.comTo : ;Subject : TRES SIGNALEDate : Mon, 26 May 2008 10:21:37 +0200

    Tours, dimanche 25 mai

    A mes amis,

    Le livre de Christophe Colinet ainsi que le combat que mène son éditeur contre tout droit d’auteur sont de la pure provocation.

    Répondre, c’est faire leur jeu.

    J’ai donc décidé de ne pas réagir. Le silence est mon mépris.

    Votre silence sera une marque d’amitié.

    Vous me connaissez. J’adorerais répliquer.

    Ce serait, je crois, donner de la publicité à une étape supplémentaire de sectarisme et de partialité, qui vient d’être franchie.

    Merci de ne donner aucun échos sur vos blogs et sur les leurs à ces tristes sires.

    Amitiés

    Renaud- - - - - -



  10. Hervé le 21 juin 2008

    Sans juger le fond de cette loi, elle pose des problèmes d’équité et d’application pratique, notamment dans les situations suivantes :

    - Une connexion Internet privée est généralement une connexion familiale. Interrompre cette connexion par application de cette loi reviendrait à appliquer à tous les membres de la famille une sanction pour une faute qui n’est commise que par un seul. Il me semblait que les sanctions solidaires étaient interdites en juridiction française...

    - Internet ne sert pas qu’à pratiquer une activité de piratage, mais aussi à faire de la télésanté par exemple (comme transmettre à un médecin sa glycémie, sa tension artérielle ou tout autre paramètre biologique relevé par auto-examen). Le législateur a-t-il prévu les conséquences de l’arrêt de cette connexion dans de telles situation ? Cette possibilité est d’ailleurs à rapprocher du point précédent.

    - De la même façon, interdire une connexion Internet revient à interdire l’accès à tous les "e-services" mis en place par l’Etat afin de soulager son fonctionnement, comme la télédéclaration fiscale, l’accès aux demandes de documents officiel. Cela revient donc à interdire à un citoyen l’accès à son plein statut (pas très défendable du point de vue constitutionnel, non ?).

    Autant d’arguments qui pourraient faire les choux gras de nos amis les députés.



  11.  • http://www.peer2me.comle 25 juillet 2008

    Super ce qui se passe in England ! Si ça arrive en France, je me permettrais de demander à mon fournisseur d’accès de refaire les conditions de mon contrat en y incluant la surveillance de mes échanges et les risques de voir mon débit ralenti ... Franchement, c’est débile et le fait que les FAI participent à cette nouvelle loi donne une image très négative d’eux. Heureusement d’ailleurs qu’ils sont solidaires entre eux et qu’ils collaborent ... parce que j’aurais changé de fournisseur très vite moi En angleterre, on continue donc à considérer l’internaute comme un pirate, quoi qu’il fasse de sa connexion Internet. Avez-vous envie que ça arrive en France ? Moi non, et c’est la raison pour laquelle j’utilise le système Peer2Me, qui est gratuit, légal et surtout qui permet de rendre toutes ses communications Web confidentielles (échanges cryptés) avec une adresse IP qui est remplacée par une adresse IP anonyme. Voilà, j’ai juste à me connecter à ce système et mon FAI ne peut donc plus rien voir de mon trafic Internet. C’est vraiment un bon plan que je me permets donc de vous conseiller.



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