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Internet, l’Europe veut des solutions sur la musique

Le 26 Septembre 2008 dans So_cult’ par Emmanuel Torregano

L’Union européenne avait réuni lors d’une table ronde les représentants de la musique, du luxe, des sociétés d’auteur, de l’informatique, etc., pour mettre à plat le débat sur le développement du commerce électronique en Europe. Après un premier rendez-vous sans réelles avancées, tous se retrouveront en décembre prochain.

Mais qu’ont-ils bien pu se dire, tous ces personnages réunis le 17 septembre dernier par la commissaire à la concurrence Neelie Kroes ? Il y avait Steve Jobs, le patron d’Apple, Mick Jagger des Rolling Stones, Bernard Miyet, le président du directoire de la Sacem, mais aussi Bernard Arnault, le pdg de LVMH ou encore Roger Faxon de la major EMI. Que du beau monde donc réuni autour de Neelie Kroes, et Charles MacGreevy, le commissaire chargé du marché intérieur pour discuter de ce qui ne marche pas sur Internet : la contre-façon des produits manufacturés, mais surtout de la disponibilité des répertoires de musique sur les services en lignre.
Sur ce sujet, deux camps se sont nettement dessinés lors de cette rencontre au sommet totalement inédite qui a condensé les interventions des uns et des autres sur une unique matinée. D’un côté, les opérateurs de services en ligne, dont Steve Jobs était le principal représentant et de l’autre le patron des éditions musicales de la major EMI, avec entre les deux feux, la Sacem. Le fondateur de la société à la pomme a exposé les difficultés que rencontre iTunes, son magasin en ligne de musique et de vidéo, lorsqu’il s’agit d’obtenir une licence de distribution des différents répertoires de musique en Europe. Apple renégocie en effet périodiquement avec les titulaires de droit afin de vendre sur iTunes des oeuvres dans tous les pays du continent où il est présent. Le souhait d’Apple, en la matière, serait d’avoir affaire à un seul "guichet" donnant accès à tous les répertoires. Celui-ci ne doit pas forcément être européen, il peut très bien être multi-nationales ou même simplement national, mais il doit être capable d’octroyer les droits pour la totalité des catalogues sur la zone concernée.

Parcours du combattant

"Aujourd’hui, à cause de la recommandation d’octobre 2005 de la commission européenne, il n’est plus possible d’avoir ce type de guichet. Les répertoires sont morcelés, et l’obtention de licence devient un vrai parcours du combattant", confirme Bernard Miyet. L’inquiétude de Steve Jobs sur ce sujet est d’ailleurs partagée par les radio-diffuseurs. Et Neelie Kroes n’a pas apporté de réponse satisfaisante devant ce problème, pourtant apparu sous la houlette de la Commission. Elle s’est contentée de demander aux partenaires présents de trouver une solution. Et dans un communiqué, dont elle s’est réservée l’initiative, sans en parler au préalable aux membres de ce nouveau club, elle a indiqué que l’Union pourrait bien faire des recours en cas de blocage !
En face, Roger Faxon d’EMI n’a pas desserré les dents, s’appliquant à rappeler que l’intérêt des producteurs était de conserver la maîtrise de leurs droits. Il s’est exprimé en faveur d’une ouverture maximum du marché offrant ainsi le choix de la société de gestion selon les régions et les tarifs pratiqués pour les ayants droits.
"Pour que nous trouvions un terrain d’entente, il est nécessaire que les ayants droits trouvent le moyen de conjuguer tout ou partie de leur répertoire, ce qui permettra de délivrer des licences de façon aussi simple et pratique que possible. C’est une équation à multiples entrées...", prévient Bernard Miyet. Les protagonistes de cette table ronde ont prévu de se réunir en décembre prochain pour exposer leurs solutions, s’il y en a.

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1 Commentaire

  1. Philippe Astor le 26 septembre 2008

    Et qu’a dit Mick Jagger ? I can’t get no... ? En réalité, tout le monde aurait pu reprendre ce tube des Stones en coeur, manifestement.

    J’ai une question à poser, à M. Petitgirard, par exemple, s’il passe dans le coin. Comment interpréter l’attitude de la Gema allemande, qui d’un côté s’attaque à la Buma/Stemra néerlandaise parce qu’elle a accordé une licence pan-européenne sur tous les répertoires internationaux au détaillant en ligne Beatport, et de l’autre s’associe avec la MCPS anglaise pour gérer en exclusivité les droits d’EMI Music Publishing ou de Warner Chappell sur l’ensemble des territoires européens ?

    D’un côté, donc, on se braque contre l’ouverture à la concurrence de la gestion des droits d’auteur en Europe, qui si on ne prévoit aucun garde fou, peut effectivement avoir pour conséquence de niveler par le bas les revenus des auteurs ; mais de l’autre, on s’arrange pour mettre en place des monopoles, sur un marché certes ouvert à la concurrence... mais seulement entre quelques grosses sociétés d’auteur, dont la Sacem, qui a remporté pour sa part l’exclusivité de la gestion pan-européenne du catalogue d’Universal Music Publishing.



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