L’AFP voit loin, et en short
L’agence France Presse a validé ses comptes pour les six premiers mois de 2011, comme son plan de développement 2012.
L’agence France Presse. Depuis la situation de mort clinique de France Soir, perceptible hier avec l’arrêt brutal de son édition papier, l’agence est le dernier brontosaure des médias d’un autre temps. Toute une époque, pour ainsi dire, pendant laquelle l’information était une affaire qui se monnayait d’État à État, avec au milieu de la mêlée un journaliste missionnaire.
France Soir est mort de n’avoir pas été géré par ceux qui comprenaient la presse nouvelle et son renouveau, et cela dès le début de son déclin à la fin des années 80. Vendu pour une bouchée de pain et un plan social assuré, par le groupe Hersant - la fameuse cagnotte de 65 millions de francs -, puis baladé d’entrepreneurs en investisseurs venus dans ces affaires pour des raisons parfois opaques, France Soir ne vaut plus rien.
L’AFP a échappé à cette disgrâce du temps. Sauvée par la résistance de ses syndicats, comme par la vista de certains de ses présidents, et l’importance pour la France de ne pas devenir aphone. Sans oublier le poids de la presse quotidienne régionale qui serait bien dans l’embarras s’il lui fallait noircir des pages sans l’aide des articles tout beau tout neuf de l’agence...
Réseaux sociaux
Bref, c’est dans ce climat de fin d’époque, où les Unes rivalisent de peopolisation de la vie économique et politique de notre société, que le conseil d’administration de l’agence a arrêté ses comptes de premier semestre et revu son projet stratégique. Sous la houlette d’Emmanuel Hoog, l’agence s’est réjouie d’avoir "atteint son objectif semestriel de chiffre d’affaires (140,3 M€), de marge de résultat (9 M€) et de résultat net positif de 200 000 €." Les comptes pour l’année en cours prévoient un chiffre d’affaires de 280 M€, supérieur au budget, une marge de 16,2 M€ en progression de 1,2 M€ par rapport à un budget voté de 15 M€ et un résultat net positif de 1,8 M€. Autant dire que tout cela s’annonce satisfaisant pour une agence toujours en lutte sur le front de l’information face à
Internet et les concurrents spécialisés comme Reuters, ou Bloomberg ; sans parler de la crise de la presse.
Pour 2012, l’AFP s’attend à une progression de son chiffre d’affaires à l’étranger, sur internet et surtout la vidéo (+ 40%), journal Internet (+20%), services en arabe et portugais (+7%). L’AFP doit d’ailleurs continuer son développement au Brésil, dans les langues arabes, et aussi sur les réseaux sociaux. Enfin, le programme IRIS est aussi confirmé. Il doit permettre de moderniser les outils de production comme des services aux clients.
Le sport est aussi une des priorités pour 2012 : année des jeux olympiques à Londres, notamment, et l’Euro de football. L’AFP prévoit une augmentation de 34% des recettes entre 2011 et 2012.
