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Jean-Marc Plueger (Jiwa) : « Nous ne sommes absolument pas en train de déposer le bilan »

Le 27 Janvier 2010 dans So_cult’ par Philippe Astor

Après la rumeur, l’information. Contrairement à un bruit de couloir qui a circulé au Midem à Cannes, le site de streaming musical français Jiwa n’est absolument pas en train de déposer le bilan, indique son PDG et co-fondateur Jean-Marc Plueger, qui lâche quelques confidences sur les fameux « MG » (minimums garantis) exigés par les majors pour ouvrir l’accès à leur catalogue.

« Nous ne sommes absolument pas en train de déposer le bilan ni n’envisageons de le faire », nous a affirmé Jean-Marc Plueger, PDG et fondateur du site de streaming musical français Jiwa, joint au téléphone pour commenter la rumeur de cessation d’activité qui a couru sur son compte au Midem à Cannes. « Nous préparons le lancement d’une nouvelle version vers la fin du mois de février », ajoute-t-il.

Il ne nie pas les difficultés rencontrées par le site, au même titre que les autres acteurs du marché. « Lors de la présentation des résultats de la firme, le directeur financier d’Apple a indiqué qu’iTunes était à peine rentable. Si quelqu’un qui vend dix milliards de titres en téléchargement parvient à peine à l’équilibre, c’est que le marché de la musique en ligne a un véritable problème structurel à régler », déclare-t-il.

Aussi Jiwa, qui peine à faire face aux coûts rédhibitoires de l’écoute à la demande, revoit sa stratégie et va mettre beaucoup plus en avant, dans sa nouvelle version, ses bouquets de webradios. Un mode d’écoute qui relève de la gestion collective, donne lieu à un partage des revenus publicitaires équilibré et est beaucoup moins coûteux que l’écoute à la demande. « Nous allons innover et introduire de nouvelles fonctions - sociales, notamment -, afin de rendre l’écoute de webradios beaucoup plus attractive pour nos utilisateurs qu’elle ne l’est jusqu’à présent », indique Jean-Marc Plueger.

Universal Music montre l’exemple

Il confirme que les majors de la musique exigent des minimums garantis (les fameux « MG ») pour chaque type d’exploitation de leur catalogue (téléchargement, streaming gratuit, abonnement), qui doivent être cumulés le cas échéant, et sont difficilement recoupables. « À l’exception de ceux d’Universal Music, qui représente heureusement 50 % du marché du numérique, nous ne parvenons à recouper aucune des avances consenties aux majors par l’exploitation qui est faite de leurs catalogues (1). Nous mangeons notre chapeau avec toutes les autres. À tel point que dans le cas de Sony Music, par exemple, une écoute peut nous coûter jusqu’à 10 centimes », explique-t-il.

Sony Music est notoirement la major dont les exigences sont les plus fortes en terme de MG : 400 K€ par an de revenus minimums garantis dans le cas de Jiwa, sachant que le montant de ces MG est fixé « un peu à la gueule du client » et peut donc varier en fonction des plateformes ; affirmation que d’autres acteurs du marché nous ont confirmé. EMI réclame 250 K€ de MG par an à Jiwa, et Warner Music 100 K€ pour une période de 18 mois. « Universal Music est la major qui offre le meilleur rapport qualité/prix et quantité/prix, avec un MG de 180 K€/an », indique Jean-Marc Plueger.

« Vu leur part de marché, ce sont les moins coûteux, et aussi les mieux organisés. Si tout le monde s’alignait sur Universal en terme de tarifs, peut-être n’aurions-nous pas besoin d’imposer une gestion collective pour assainir le marché », déclare le PDG de Jiwa. Il indique qu’Universal Music est également la seule major à publier des conditions générales de vente, avec les mêmes barêmes pour tous les acteurs du marché, ce qui devrait être le lot de toutes les majors. « Il est clair que ce marché doit contrevenir à toutes sortes de règles en vigueur en France », glisse Jean-Marc Plueger. Mais que fait donc la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des Fraudes) ?

(1) Alexandre Marie, PDG d’Apache Networks, opérateur du service de streaming Music Me, nous indique à propos des MG payés à Universal Music : « On couvre les MG cumulés et recoupés pour le téléchargement et les abonnements, avec un bénéfice de 3K€ - youpi ! -, et en stream, on perd plusieurs dizaines de milliers d’euros. Au final, on reverse bien plus d’argent que l’on n’en gagne. Et pour les autres majors c’est pire ! Au total, sur 2009, nous aurons reversé aux maisons de disques plus de deux fois le chiffre d’affaires de tout le site. »

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7 Commentaires

  1. karlito le 28 janvier 2010

    et les pauvres indés qui meurent avec des conditions totalement déséquilibrées



  2. karlito le 28 janvier 2010

    où peux t on consulter les conditions d’universal ? ;)



  3. Philippe Astor le 28 janvier 2010

    @Karlito, ceux qui dealent avec Universal en ont connaissance, je ne vois pas de raison de mettre en doute ce que m’a déclaré JM Plueger. De son aveu, les conditions ont pu changer depuis la signature de Jiwa avec UMG en 2008. Mais elles sont les mêmes pour tout le monde, ce qui manifestement devrait être la règle. Pour information, un autre acteur du marché fait état d’un MG de 120 K€/an pour UMG dans le cas du téléchargement.



  4. Philippe Astor le 28 janvier 2010

    @Karlito (bis), les indés ne bénéficient pas des MG, c’est certain, à moins d’être distribués par une major... mais je m’avance peut-être.



  5. Philippe Astor le 29 janvier 2010

    A qui profitent les MG ? Jean-Marc Plueger m’a dejà indiqué, lors d’un précédent entretien, que 80 % des avances vont à 10 % des producteurs.



  6. Philippe Astor le 29 janvier 2010

    Voir le droit de réponse de Warner Music France à cet article : http://electronlibre.info/Droit-de-...



  7. malsain l assassin le 27 février 2010

    mr plueger pensè vous que c textes et c histoires d argents interesse les gens , je me fout de la concurrences et de tout ce que ca provoque mais quand je voit que dans vos textes vous mettez notre tarif ou autres , cela ne vous regarde pas du tout alors je vous conseille de rester a votre place et tout se passera bien entre nous merci beaucoup pour votre comprehension signè : mr people nouveau patron de chez warner music france



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