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INA, AFP, Versailles, les chaises musicales..

Le 12 Avril 2010 dans Old fashion media par Emmanuel Schwartzenberg

Emmanuel Hoog à l’AFP, jean-Jacques Aillagon à l’Ina, Xavier Darcos à Versailles, tel est l’impossible scénario que le pouvoir voudrait mettre en place.

Emmanuel Hoog à l’AFP, Jean-Jacques Aillagon à l’Institut National de l’Audiovisuel et Xavier Darcos à la tête de l’établissement public de Versailles, c’est le scénario que le pouvoir voudrait mettre en place. Mais celui-ci s’avère plus compliqué que prévu à réaliser.
Le patron de l’INA voulait France Télévisions, mais le poste est déjà attribué, la présidence d’Arte ne lui déplairait pas mais la présidence ne se libère qu’en décembre. Le conseiller Pierre Charon qui ne tarit pas d’éloge à son propos soutient sa candidature à la tête de la chaîne franco-allemande mais l’Elysée le verrait bien à la tête de l’Agence France Presse.
Le problème, en l’espèce, provient du fait que le collège presse de l’AFP a sélectionné deux autres candidats, Louis Dreyfus, ancien directeur général du Nouvel Observateur et de Libération, et Philippe Micouleau, ancien pdg de l’Agefi, co-auteur avec Pierre Louette, l’actuel pdg d’un projet de réforme de l’agence. En outre, les administrateurs de l’AFP n’apprécient guère que le futur président potentiel de l’AFP traîne des pieds pour postuler officiellement.
Pourtant, le pouvoir entend maintenir le jeu ouvert et se réserve le droit de propose un candidat à la présidence de l’AFP d’ici jeudi 15 avril, date à laquelle les administrateurs se prononceront sur les deux candidats.
Pour être élu président, le candidat doit retenir douze voix sur treize. La tradition a toujours voulu que les cinq représentants de l’Etat votent de concert avec les huit représentants du collège presse. Si tel n’était pas le cas, ce clash constituerait une première dans l’histoire. Les statuts prévoient que si aucun candidat n’obtient ces douze voix au terme de trois tours de scrutin, le conseil supérieur de l’AFP propose deux noms au conseil d’administration qui peut alors se prononcer à la majorité simple. Ce qui peut permettre alors à l’Etat d’imposer plus facilement son candidat. Le déplacement de deux voix du collège presse suffisent alors à faire pencher la balance. David Guiraud, président du comité de sélection de l’AFP, dg du Monde considérerait déjà que Nicolas Beytout, patron des Echos pourrait voter avec les représentants de l’Etat.

6 millions de visiteurs

L’éventuelle nomination d’Emmanuel Hoog permettrait de dégager un poste que l’on pourrait ensuite proposer à Jean-Jacques Aillagon, le patron de l’établissement public de Versailles, celui qui a réussi à marier l’illustre château avec les plus grands artistes de l’art contemporain et à relancer sa fréquentation. L’exposition Jeff Koons, les 6 millions de visiteurs annuels, la réfection de l’opéra royal sont d’immenses réussites à mettre à son actif. Son éviction serait perçue par les milieux artistiques français comme étrangers comme un retour en arrière de la culture française.
Nicolas Sarkozy ne souhaite évidemment pas que l’image de la France à l’étranger soit altérée par ce départ mais ils veut aussi trouver un poste à Xavier Darcos, ministre de l’éducation nationale. Un professeur agrégé de lettres dont on sait l’intérêt qu’il porte à la littérature classique mais dont on ignore jusqu’à aujourd’hui son goût pour l’art plastique comme à notre patrimoine national.
En bon serviteur, Jean Jacques Aillagon accepterait la présidence de l’INA si la limite d’âge ne l’obligeait pas à céder ce poste dans un an. A moins que les statuts de l’Institut National de l’Audiovisuel ne soient révisés d’ici là. Ce jeu de chaises musicales, comme on le voit, se joue des gens et des institutions sans tenir compte des compétences des uns comme de l’empreinte historique des autres.

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