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#Hadopi (’s so stupid) face au potentiel insurrectionnel des réseaux

Le 18 Septembre 2009 dans Peer2peer par Philippe Astor

Digital Jukebox - Réaction à deux actualités high tech en apparence anodines, sinon qu’elles dénotent à quel point la loi Hadopi peut être en décalage avec l’évolution des usages et des technologies. Et peu à même de juguler, via ses dispositifs de surveillance actuels, le potentiel insurrectionnel des réseaux.

Un groupe d’activistes du net a installé un kiosque hébergeant une copie du site The Pirate Bay (TPB) dans un lieu public à Weimar, en Allemagne, accessible en wi-fi, mais dépourvu de toute connexion au réseau des réseaux. Un Kiosk Bay impossible à localiser sur Internet, donc.

« We don’t need the Internet », c’est le message que veulent faire passer les membres du groupe Kiosk of Piracy (KOP) à l’origine de cette initiative. Des supporters de TPB qui s’associent ainsi aux nombreux efforts spontanés de backup, sur d’autres serveurs pirates, de la plus grosse base de fichiers torrent au monde, aujourd’hui mise en péril par les déboires de TPB en Suède, mais qui ne disparaîtra pas avec lui.

Des archives de tout le contenu de TPB circulent en effet sur Internet, permettant d’activer une nouvelle copie du site sur n’importe quel serveur. Cette fois-ci, le kiosque pirate ouvert à Weimar est hors ligne, à l’abri de tout moyen de surveillance électronique à distance, puisqu’il faut se déplacer sur sa zone de couverture wi-fi pour s’y connecter. Quant aux échanges, ils deviennent impossibles à tracer s’ils s’effectuent au sein de cette zone de couverture, à moins d’être sur place.

A l’avenir, le guerre menée aux serveurs de traqueurs BitTorrent sur la toile, si elle s’intensifie, peut très bien déboucher sur la prolifération, dans les cages d’escalier ou les quartiers résidentiels, de ce genre de kiosques pirates improvisés : un petit serveur coupé d’Internet, quelques logiciels libres, un miroir de tout ou partie de la base de The Pirate Bay et un réseau wi-fi privé... et le tour est joué !

Un geste symbolique

Le geste de KOP est symbolique. Au delà du pied de nez aux ayant droit qui cherchent à faire fermer le site BitTorrent suédois, dont les archives se répliqueront de toute façon comme un vers, sur Internet ou ailleurs, il fait la démonstration du potentiel insurrectionnel des nouveaux réseaux de télécomunications, que les citoyens peuvent investir, s’approprier et faire évoluer en dehors de tout contrôle de l’Etat.

Pas besoin de s’appeler Orange ni de dépenser des millions d’euros pour mettre sur pied un réseau wi-fi métropolitain entièrement "libre", comme on a pu qualifier de "libres" les premières stations de radio pirates dans les années 80. Il suffit pour cela de mobiliser la capacité d’auto-organisation d’une communauté sur un territoire donné.

Les pirates n’ont pas besoin d’Internet, mais ils n’ont pas non plus besoin des réseaux peer-to-peer, sur la surveillance desquels se concentre Hadopi. Un périphérique comme Pogoplug, vendu 99 dollars aux Etats-Unis, permet de partager directement n’importe quel disque dur externe sur Internet, avec les pairs de son choix, et d’accéder à son contenu via le Web ou une appli iPhone. Si en plus on ajoute la mobilité aux convenances...

Ces petits boîtiers peuvent mettre en branle des modes d’échange sur lesquels les dispositifs de surveillance actuels d’Hadopi seront parfaitement aveugles. A moins d’instituer un filtrage général du trafic Internet... Mais la solution est certainement à trouver ailleurs. Ce que certains dénoncent comme du pillage, d’autres le vivent comme un partage. Les uns ne renonceront pas à une rémunération équitable, les autres à la liberté des réseaux. L’opposition est frontale, et elle soulève des questions de société en profondeur.

Pillage ou partage ? That is the question. La question de toute la refondation d’une société qui ne s’enrichira désormais que du partage des connaissances, et de nombreuses autres formes d’échanges et de solidarités. La réponse n’est pas dans la légalisation du pillage. Mais on ne fera pas non plus l’impasse sur la légalisation du partage, ni sur le développement de modèles économiques qui l’autorisent à grande échelle.

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9 Commentaires

  1. Sand le 18 septembre 2009

    Où sont vos sources ?En allemagne...ça alors...Trop drôle, la mafia se modernise.Alors comme ça nous y sommes : " Hadopi contre pas Hadopi " .Il n’est donc plus la peine de discuter ou de plaisanter, il ne s’agirait plus que de choisir son camp alors ? Et surtout d’avoir les bons accés afin de le faire ? la société secrète mais pas secrète, puisque je vois que vous pouvez aisaiement en parler ici, sur EL, je ne comprends pas très bien là...Nous devons respecter la loi Hadopi, mais nous avons le droit d’être contre en toute légalité, et de balancer toutes les sources pour y remédier ?Ce monde devient très bizarre, je suis dépassée, c’est si étrange tout ça, si étrange.



  2. Philippe Astor le 18 septembre 2009

    @Sand, ouh là ! Vous voulez des sources sur quoi ? Sur Kiosk of Piracy (http://digg.com/d113Uh7) ? Sur Pogoplug (http://www.pogoplug.com/) ? Sur les archives de TPB (http://digg.com/d110yOk) ?

    Qu’est-ce qui vous met si mal à l’aise dans cet article ? Je ne suis pas sûr de comprendre.



  3. Sand le 18 septembre 2009

    Je suis mal à l’aise de ne pas comprendre comment vous arrivez à si bien tout comprendre justement.Je suis donc dépassée, en même temps, c’est tout là votre métier, j’aimerai tellement l’avoir compris avant vous, non, je plaisante voyons...Merci. Ce qu’il y a c’est que cet article est vraiment, mais vraiment, eheueueu, pff, je laisse tomber, je ne comprends pas, c’est tout. Les choses vont si vites !!!C’est très puissant ce qui me rend mal à l’aise, c’est la seule chose honnête que je puisse vous dire, un truc dans l’estomac.



  4. Cyril le 18 septembre 2009

    Je ne vois pas en quoi les choses vont si vite, il y a juste des gens qui s’adaptent. Le terme va sans doute vous sembler violent mais une sorte de guerre s’est ouverte.. Et chaque camps réponds aux coups de l’autre avec plus ou moins d’imagination..



  5. Sand le 18 septembre 2009

    Oui, c’est vrai Cyril.



  6. mouna le 22 septembre 2009

    La seule chose qu’il y ait vraiment à comprendre, c’est qu’il n’y a aucun vrai moyen technique d’empêcher les internautes de se procurer ces contenus. L’industrie du disque et du cinéma aurait du y réfléchir il y a 15 ans...



  7. TheWatcher le 27 septembre 2009

    @Sand :Pourquoi respecter "hadopi" alors que la plupart des internautes disent "payons oui mais pas aux intermédiaires , autrement ". Non aux business model dépassés. Oui à de nouveaux formats, des prix adaptés et vivons concrètement l’effet mondial. Pourquoi aussi peu d’éditions de films à des prix décents et avec du vrai travail de traduction ? Pourquoi faudrait-il attendre qu’en distributeur veuille bien envisager de couvrir une zone géographique quand en deux temps et trois mouvements des bénévoles traduisent mieux que des pro et vont plus vite ? Parce que de l’autre côté le temps qu’ils s’entendent sur le volume financier (et non éco) à se faire.... le train est passé.Hadopi n’est pas une solution, la licence globale ne remet pas en cause les intermédiaires. Il existe d’autres propositions : auto distribution, mécénat global, SARD mais les lobbies des industries cinématographiques ou musicales sont actifs auprès de députés qui ne comprennent pas grand-chose faute de s’accorder le temps de l’analyse et de l’écoute des toutes les parties intéressées y compris ces consommateurs nouveaux enenmis à combattre.



  8. Jean le 6 octobre 2009

    bonsoirUn prix Nobel a son invention protégé pendant 10ans, un artiste une chanson pendant 75 ans et encore certain n’habites même pas en France.voila pourquoi je me permet de pirater.Bonne soirée



  9. Norbert le 8 novembre 2009

    Pourquoi respecter une loi faite sans aucune connaissance de causes, sans aucune réflexion préalable, sans aucune logique économique et citoyenne. Il y a d’autres alternatives à ce système liberticide et encore une fois complètement discriminatoire (en effet, la Hadopi ne prend pas en compte les connexion non dégroupées...). Pour finir, ça va faire répétitif, mais je le redis, les pirates sont les plus gros acheteurs (plusieurs études le prouve !)



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