Hadopi 3, la méta-TAZ !
Alors que le ministre de la culture et de la communication confirme bien qu’il n’y a pas besoin d’une loi Hadopi 3, d’autres au sein du gouvernement réfléchissent à une mutation de la haute autorité, qui deviendrait une méta-autorité, au service de la liberté de consommer de l’internaute.
C’est la nouvelle idée de génie du gouvernement ! Comment faire en sorte de sauver le soldat hadopi après mai 2012 ? De sources ministérielles, la bonne solution serait de transformer la haute autorité en "méta-autorité", chapeautant CNC (Centre National du Cinéma), CNM (Centre National de la Musique) et CNL (Centre National du Livre), les trois C de la culture.
Une métamorphose facile à réaliser, car elle aurait la bénédiction de l’Elysée, et des conseillers ad-hoc de Nicolas Sarkozy. Du moins, si le projet leur était proposé un jour, car pour l’instant l’Hadopi est au milieu d’une tempête, une de plus pour une institution dont la force médiatique est inversement proportionnelle à son budget : 11 millions d’euros.
Hadopi est en fait deux institutions en une.
Il y a, tout d’abord, la CPD (Commission de Protection des Droits), le bras armé de la vengeance des ayants droit en colère qui s’abat telle la fureur divine... En fait, qui se contente de "flasher" et de "verbaliser", un peu comme un radar sur l’autoroute des vacances, les internautes qui s’adonneraient au fruit défendu du P2P. La CPD leste franchement l’Hadopi d’un poids encombrant, aussi bien sur le plan politique, que pour l’image de "marque" du gouvernement. Du moins, c’est l’avis de certains députés de droite, et il ne faut pas trop chercher pour comprendre que cette défiance envers la CPD est aussi partagée par certains ministres en place...
Les trois "C"
Cependant, la CPD est la matraque qui cache la forêt.
Car l’autre versant de la loi est bien plus intéressant par les temps qui courent, ceux qui mènent à l’élection suprême.
L’Hadopi est comptable auprès des internautes, selon ses textes baptismaux, de la qualité et de l’abondance de l’offre légale sur le Net. Autant dire qu’elle a pour mission de faire en sorte que l’appel de l’internaute soit entendu par les durs de l’oreille que sont les ayants droit de tout poil. A l’Hadopi donc de favoriser sur le réseau des réseaux l’apparition de services innovants et performants.
C’est en pleine conscience de cette dichotomie originaire de l’Hadopi que le projet est né : voir l’autorité chapeauter les trois "C" de la culture. En effet, le CNC, le CNL et le CNM ont eux le contact en direct avec les professionnels du cinéma, de la musique et de l’édition. Ils ont la vision d’un métier, de ses contraintes et de ses exigences. Et les manques sont souvent trop visibles, lorsqu’il est question d’appliquer les bons remèdes, notamment lorsque la crise technologique frappe. Et d’ailleurs, ce n’est pas leur mission première, alors même que l’Hadopi se doit pour réussir la sienne d’avoir un levier sur les professionnels des industries de la culture. A ce sujet, installer Hadopi dans cette position permettrait aussi de répondre à une carence qui existe dans le texte de la loi. Hadopi n’a en effet que peu de moyen d’action pour contraindre les ayants droit à répondre aux attentes du public.
Vue sous cette angle, la relecture de l’étude sortie sur la VOD par la haute autorité en dit long sur les tensions qui sous-tendent les relations entre Hadopi et les ayants droit.
Et cela, pour le bien des internautes en définitive ? Qui l’aurait cru...
