Google se cherche un statut sur le Web 2.0 (màj)
Facebook et Twitter, respectivement 350 et 75 millions d’utilisateurs, continuent de faire trembler Google. Après le lancement de Google Wave, aux ambitions sociales en septembre 2009, une nouvelle offensive contre les géants des réseaux sociaux se prépare à Mountain View.
Google n’a pas dit son dernier mot. Face à la popularité grandissante de Twitter et de Facebook, la firme de Mountain View refuse d’être mise sur la touche et passe à la contre-attaque. Selon le Wall Street Journal, le leader des moteurs de recherche, dont l’image a été écornée au cours des derniers mois, serait sur le point d’ajouter à ses services des éléments de réseau social. Le principe : enrichir Google Talk, la messagerie instantanée liée à Gmail, de statuts archivés, façon Facebook wall.
Twitter-killer pour les uns, cette dernière initiative n’est pour les autres que la riposte du géant aux pieds d’argile. « Tout ce que Google fait avec Gmail doit être analysé comme une manoeuvre défensive », explique ainsi Ray Valdes, analyste chez Gartner, au Financial Times. Une chose est sûre, après l’échec planétaire du réseau social Orkut, à l’exception notable du Brésil et de l’Inde, le flop d’Open Social, et le sabordage du site de micro-blogging Jaiku, Google se sent bien peu à l’aise sur le terrain de Facebook et Twitter, qui font figure de leaders en puissance du web.
Ringardisation
Indice criant de ce besoin de redorer un blason bien terni, Google, jusqu’à maintenant régie publicitaire ultra-dominante sur l’internet grâce à Adwords et Adsense, se paie à son tour, pour la première fois de son existence, des campagnes promotionnelles. Le Francilien en route pour le travail n’aura pas échappé aux 4 par 3 vantant les mérites du navigateur Chrome dans les couloirs du métro. Et 106 millions de téléspéctateurs américains ont eu droit à au spot de pub pendant le Superbowl. Aveu d’échec ? Depuis un moment déjà, les ratés se multiplient à Mountain View, et les petits génies du web sont en passe de se ringardiser.
Google Wave, lancé en septembre 2009 en version beta, ne connaît pas le départ en fanfare escompté ; Google Videos stagne tellement que Google se sent obligé de racheter YouTube en 2006 ; le Nexus One, avec ses 80 000 terminaux vendus en un mois fait bien pâle figure à côté de son concurrent direct, l’iPhone. Et avant même son lancement officiel, les avis sont déjà partagés sur Chrome OS, une des cartes maîtresses de Google. Mauvaise passe, ou début de la fin ? Gmail compte 150 millions d’utilisateurs, qu’il compte transformer en réseauteurs. Facebook, lui, compte près de 400 millions d’utilisateurs. Et, avec le projet Titan, semble parti pour leur proposer bientôt un vrai service de mails. Un peu comme si Google, à la manière de Microsoft, ne pouvait plus désormais que suivre les mutations du web, et non plus les créer...
mise à jour : Ce nouveau service a maintenant un nom. Il s’agit de Google Buzz. En plus d’apporter le statut comme Facebook sur Gmail, il permet en plus d’échanger des vidéos et des images, à l’instar de ce que proposait déjà Google Wave.
