Google, la miss univers du Web
Lors d’une conférence organisée dans la précipitations avec l’institut de science politique, Eric Schmidt a éludé tous les sujets qui fâche mais a aussi tenté de rassurer son auditoire en professant pour l’avénement d’un "monde meilleur".
Eric Schmidt a des faux airs de Bill Gates et le discours d’un ingénieur des année 80, passionné de littérature d’anticipation. Le patron de Google, le plus important acteur de l’Internet était cet après-midi de passage en France après avoir donné une conférence de presse lors du salon de l’électronique grand public IFA, qui se tenait à Berlin la semaine dernière. Il en a profité pour rencontrer le Président de la République à l’heure du déjeuner et faire une série d’annonces. Mais rien de rien concernant la fameuse taxe Google.
Nicolas Sarkozy est un habitué de la firme de Mountain View. Il avait rencontré déjà Larry Page, l’un des fondateurs du moteur de recherche en mai 2010, pour s’entretenir à peu de choses près des mêmes problématiques : comment inciter Google à laisser un peu d’argent en France. La rencontre d’Eric Schmidt fut certainement l’occasion de papoter sur les dernières nouveautés du géant, ou encore sur l’état du monde actuel, mais, au grand dam des industriels de l’information ou des ayant droit, la question d’une taxe instaurée sur les revenus publicitaires de l’Internet n’a pas été évoquée. Alors pour ne pas trop décevoir, Eric Schmidt a annoncé que Google allait faire des investissements "importants" en France.
Pas de taxe
La liste de ces actions est d’ailleurs reprise fièrement par le site de l’Elysée, alors même que chez Google ont précise que rien n’est encore calé. A peu de choses près cela pourrait bien ressembler à la vente des Rafales au Brésil, toutes proportions gardées ! Bref, Google veut renforcer sa collaboration avec les Universités françaises, notamment, et créer un Institut Européen de la Culture à Paris. Intéressante perspective, alors même que Google a accumulé les procès ces derniers temps avec les libraires, ou les gouvernements trop sensibles dès qu’il s’agit de protéger la vie privée de leurs concitoyens. Mais plus important, Google va installer à Paris un pôle technologique "qui développera pour le monde entier", souligne Eric Schmidt.
Ceci dit, Eric Schmidt a insisté sur quelques banalités déjà maintes fois entendus sur les réseaux, avec une prestance qui a parfois fait mouche auprès d’un public de jeunes étudiants. Ainsi, pour Google il n’est plus question de développer pour le PC, désormais c’est "le mobile en premier". Et cela dans une frénésie étonnante que le chef de Google résume par un "Speed is everything", qui ferait pâlir de jalousie un yuppie tout droit sortie de la décennie passée. Pour clôturer ce discours fort convenu, alors qu’Eric Schmidt semblait peiné de confier à un étudiant que "non, les ordinateurs ne peuvent pas répondre à toutes les questions que l’on se pose", la déclaration de fin valait son pesant de cacahuètes : "mais soyez sûr que nous oeuvrons pour faire du monde, un lieu meilleur" ! Une déclaration digne d’une élection de "miss univers", mais après tout n’est-ce pas ce qu’est Google aujourd’hui, la dernière miss à la mode.
