"France Soir" proche du dépôt de bilan
Le propriétaire de France Soir a réuni ses troupes pour leur déclarer que la situation était désespérée et qu’il attendait de leur part des propositions.
Alexandre Pougatchev a réuni les cadres de France Soir le 14 mars au soir et leur a tenu le discours suivant : "Les recettes publicitaires ont baissé et vont encore chuter en raison de la situation économique mondiale, nos ventes ne sont pas bonnes, le journal s’arrêtera sauf si je trouve un repreneur ou si vous me proposez des solutions".
Rémy Dessarts, directeur de la rédaction, n’a formulé aucune proposition spécifique et les journalistes présents se demandent quelle formule il convient d’inventer pour sauver le titre...
Pertes : 2 millions par mois
Les pertes du quotidien atteignant, d’après un proche du dossier, deux millions d’euros par mois, il sera difficile de convaincre un investisseur de reprendre ce journal. La déclaration du propriétaire démontre bien qu’après avoir ratissé le marché financier il n’a pas trouvé un seul acquéreur. L’effondrement des bourses, l’incertitude qui pèse sur l’avenir de l’économie mondiale n’incitent pas à investir dans une société présumée saine, encore moins, a fortiori, dans celles qui ont des difficultés. Il n’est d’ailleurs pas exclu que le propriétaire de France Soir ait anticipé les conséquences de la catastrophe nucléaire japonaise sur sa situation personnelle comme sur ses avoirs.
Comme il n’est jamais bon de porter seul la responsabilité d’un échec, l’appel
qu’il a lancé aux salariés traduit, en fait, sa volonté d’associer les salariés de France Soir au désastre. S’ils ne proposent rien, ils n’auront qu’à s’en prendre à eux-mêmes ; Sans plaisanter, Alexandre Pougatchev a même évoqué la possibilité de transformer, avec eux, France Soir en hebdomadaire.
La façon dont l’entreprise est gérée, cette annonce du propriétaire semblent démontrer que le journal fondé par Pierre Lazareff se dirige tout droit vers le dépôt de bilan. Ce qui ne serait pas la pire des solutions. Le titre a tellement fait rêver qu’un investisseur pourra toujours le reprendre pour un euro symbolique....
