L’artiste, cet avare qui ne se montre pas

Le 8 février 2012, Peer2peer

L’artiste est un homme d’affaires comme les autres. Le considérer autrement c’est commettre une erreur de jugement, et minimiser sa place dans la ...

Référencement, mensonges et vidéo

Le 7 février 2012, So_cult’

MegaUpload n’est plus et les sites de video à la demande comme de télé de rattrapage voient leurs audiences s’envoler. Explications. La fermeture du ...

Introduction en bourse de Facebook : du marketing de pros

Le 7 février 2012, Le_Flouze

En prévision de son introduction en bourse, la direction de Facebook orchestre une communication rassurante et parfois naïve pour empêcher une chute ...

Les fabricants d’écrans exigent une refonte du modèle de financement de la création

Le 6 février 2012, So_amazing

Les fabricants de téléviseurs estiment verser 100 millions d’euros de trop à la copie privée. Ils demandent aussi des contenus pour nourrir les écrans ...

Forte baisse de la vente des quotidiens en juin

Le 09 Août 2010 dans Old fashion media par Emmanuel Schwartzenberg

Sans le soutien massif de l’Etat à la vente des abonnements par portage, tous les quotidiens nationaux afficheraient une baisse leurs ventes en kiosque de 10%.
Leur dépendance à l’égard des pouvoirs publics ne cesse de s’accroître.

Dans un délai très court, que certains estiment entre trois à cinq ans maximum, les quotidiens nationaux ne se vendront plus que par abonnements. Et comme ceux-ci sont très largement financés par les pouvoirs publics, il n’est pas interdit d’affirmer que la presse française, déjà largement soutenue, deviendra une presse d’Etat.
Ce pronostic découle de la publication des derniers chiffres de vente au numéro du mois de juin qui confirment la tendance engagée depuis le début de l’année. En juin 2010, tous les quotidiens nationaux donc ont affiché, d’après les résultats OJD, une forte baisse de leurs ventes.

Entre - 8,44% et - 32,89%

La palme revient à La Tribune qui, avec 6602 exemplaires vendus contre 9838 un an auparavant, affiche la plus forte chute avec – 32,89%, Viennent ensuite dans un peloton groupé, Le Parisien ; - 12,08%, (168 485 exemplaires contre 191 633), Le Figaro ; - 10,27%, (100 514 exemplaires contre 112 026), Aujourd’hui en France ; -9,94%, (162 347 contre 180 267), Les Echos ; - 9,47% , (22 478 contre 24 831), Libération  ; -8,72%, (55 866 contre 61 200), Le Monde ; - 8,44%, (98 803 contre 107 909).
Prises séparément, toutes ces baisses peuvent s’expliquer, La Tribune paie le tribut du départ d’Alain Weill, son actionnaire, qui a été assimilé, en dépit des efforts de Valérie Decamp, le nouveau propriétaire, comme le prélude à sa disparition.
Le Parisien comme Aujourd’hui en France font les frais des projets de cession des deux titres. Le Figaro paye son soutien inconditionnel à Nicolas Sarkozy,
Les Echos, leur alignement sur le Medef. Libération n’est toujours pas devenu un journal d’opposition et continue de dérouter son lectorat. La période estivale qui lui était traditionnellement favorable ne l’est plus. Enfin, Le Monde souffre de l’inadaptation de sa maquette et de la faiblesse de son offre éditoriale.
Toutes ces hypothèses ne sauraient cependant faire oublier le fait que ce mouvement général traduit une déception générale. Les lecteurs ne veulent plus acheter leur journal dans un kiosque ou une maison de la presse. Il faut le leur porter à domicile et, si possible, à moindres frais. Ou leur donner gratuitement dès qu’ils se déplacent.
Le développement des ventes aux tiers, "les gratuits des payants", s’est inscrit dans cette logique qui permet, depuis des années de masquer la baisse de la diffusion. Et de préserver une partie de leurs recettes publicitaires tout en lui évitant de s’interroger sur l’échec de son modèle éditorial. En juin, ces ventes ont représenté 85 054 exemplaires pour Le Figaro, 52607 pour Le Monde, 38 424 pour Libération, 35 944 pour Les Echos et 22 194 pour La Tribune.

Dépendance accrue à l’égard du politique

Aujourd’hui, ce ne sont plus les ventes aux tiers qui sont la panacée de la presse mais le portage des journaux, largement subventionné par les pouvoirs publics. Nicolas Sarkozy a, depuis longtemps, largement perçu tout l’intérêt qu’il pouvait y avoir d’accroître la dépendance économique des journaux à l’égard de l’Etat. Et le développement du portage renforce considérablement ce lien. L’obtention de cette aide publique n’est d’ailleurs assortie d’aucune précaution particulière : il suffit pour déposer une requête, d’être en règle avec le fisc et d’avoir payé ses charges sociales. Tout quotidien qui aura déposé cette demande, recevra pour tout numéro porté et pendant trois ans, une somme pouvant aller jusqu’à 30 centimes. Les quotidiens, à faibles ressources publicitaires comme Libération, La Tribune ou La Croix peuvent même percevoir une majoration supplémentaire de 17 centimes par exemplaire porté.
Une telle offre permettant de couvrir la quasi-totalité du coût de distribution lié au portage et compensant une diffusion en chute libre, tous les quotidiens nationaux se sont précipités pour en profiter. Sans se soucier d’accroître ainsi leur dépendance à l’égard du pouvoir politique.
Le nombre des abonnements portés de La Tribune est ainsi passé sur un an de 19 670 à 23 260, du Figaro de 60 095 à 62 034, du Parisien de 100 520 à 104 971, de Libération de 1 152 à 14 042, du Monde de 45 796 à 58 090 ! Comme on le voit, les journaux les moins vertueux se revendiquent de l’opposition. Dès lors, comment pourront-ils mener à bien leur politique et rester indépendants quand leur diffusion sera dans les mains de l’Etat ?

Partager cette information

4 Commentaires

  1. Christian Desplaces le 9 août 2010

    La crise que traverse la presse quotidienne nationale française est avant tout une crise de l’offre. Pas toujours grand chose de "nouveau et intéressant" à lire pour un prix toujours plus important...Pourquoi payer par exemple 1,40€ pour lire le Monde en l’achetant en kiosque alors que pour 15€ par mois on peut en avoir une copie sur son ordinateur ? De plus à force de toujours réduire la pagination et donc l’offre (c’est valable pour le Monde mais aussi pour les autres quotidiens et en été cela frôle la désertion rédactionnelle mais sans baisse de prix...), on finit par décourager les clients. Les grands quotidiens nationaux britanniques ne s’y trompent pas : quand un Anglais achète The Guardian, The Times, The Daily Telegraph ou The Independent il en a pour son argent...On ne pourra pas éternellement espérer faire payer les lecteurs français en appauvrissant l’offre. C’est suicidaire !



  2. Muhyidin le 10 août 2010

    Assez d’accord avec le constat fait par Christian. Si la presse nationale veut se démarquer elle doit le faire par ses engagements, par la richesse de son contenu et par son indépendance. Quand on sait me nombre d’affaires revelees par des sites Internet on a de quoi se poser quelques questions. Pourtant je suis abonne a 3 quotidiens et un mensuel.



  3. dbx le 11 août 2010

    Alors que dans le même temps le statut des vendeurs colporteurs de presse( des indépendants !) n’à pas évolué depuis la liberation et le portage de presse n’entre pas dans les services à la personne...résultat on perfuse les titres mais non le service en priant pour que les lecteurs reviennent...



  4. SebastienM7H99 le 16 août 2010

    En Amérique du Sed, certains journaux connaissent de fortes croissances. Ils ont fait le pari d’une information d’investigations sans les habituelles limites de la censure des annonceurs. Une information de fond et parfois locale - Résultat : les ventes en kiosque explosent sans compter les abonnements

    L’argent du beurre ou de la crémière, un choix cornélien ?



Ajouter un commentaire


modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)