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Exclusivité Orange Sports, l’autorité de la concurrence botte en touche

Le 07 Juillet 2009 dans Old fashion media par Emmanuel Torregano

Saisie par le gouvernement pour avis, l’autorité de la concurrence a rendu un rapport sans grandes avancées sur les exclusivités de contenu pratiquées par les opérateurs de télécommunication. Ces dernières pourrait se voir limitées dans la temps à deux ans. Le gouvernement doit maintenant légiférer.

Tout ça pour ça. L’autorité de la Concurrence s’est prononcée aujourd’hui concernant les exclusivités proposées par les opérateurs de télécommunication. Cet avis, très attendu, fait suite à la bataille que ce sont livrés sur tapis vert, Orange et SFR à propos de la distribution de la chaîne Orange Sports et à la saisie en janvier 2009 par la ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi. Les tenants d’une solution radicale seront déçus, l’autorité de la concurrence rend un rapport plutôt tiède, qui se borne à quelques recommandations à l’intention du législateur.

Solution exceptionnelle

Tout d’abord, l’autorité souligne qu’il ne s’agit pas de régler une fois pour toute le différent sur Orange Sports, mais de définir les conditions d’une meilleure concurrence alors que se profile le très haut débit avec la fibre et différents schémas d’intégration verticale entre opérateurs et éditeurs de contenus. Parmi les propositions de l’autorité, il est à noter qu’aucune n’interdit les exclusivités, elles se contentent de les encadrer. D’ailleurs, le rôle joué par les exclusivités sur le marché des contenus est parfaitement défini, puisqu’il s’agit selon l’autorité d’"une solution exceptionnelle, strictement limitée dans sa durée et dans son champ". Voilà qui contentera certainement la plupart des acteurs, pour lesquels l’exclusivité est une arme parfaitement calibrée, capable d’atteindre en peu de temps son objectif, quitte à ensuite être oubliée.
Qu’en est il exactement des offres triple play, telles que celle pratiquées par Orange, avec en sus une exclusivité sur les contenus séries et sport ? Le débat est de la toute première importance, puisqu’il préfigure avec quelques années d’avances ce que sera l’offre de contenu dans les années à venir. Orange agit aujourd’hui sur de marché de la même manière qu’un SFR ou un Free dans un avenir proche, à condition que l’un ou l’autre fusionne une offre de contenus exclusive. Il y a fort à croire que dans un univers où la concurrence en matière de distribution se fera sur différents réseaux, Adsl, Satellite, Fibre, Mobile, la différenciation ne pourra être obtenue que par les contenus. Le quadruple play, qui devrait se généraliser très bientôt, sera le champ d’une nouvelle exclusivité mêlant contenus et appareils de haute technologie.

Couple Orange, Vivendi

L’enjeu est fort, mais l’autorité de la concurrence n’a peut-être pas mesurée toute son importance, puisque cette dernière se contente de donner une indication sur la durée de ces contrats qui ne devrait pas excéder deux ans, ce qui rejoint le droit européen. Au-delà de cette durée, les opérateurs devront abandonner les exclusivités et proposer leurs contenus aux autres distributeurs. Cependant, ils pourront garder la main sur leurs contenus, comme le fait déjà Canal+ en tant qu’auto-distributeur. Enfin, l’autorité en appelle au gouvernement pour mettre en place une législation sur le marché de gros des chaînes payantes. Il s’agirait d’obliger les opérateurs à ouvrir la distribution de leurs chaînes, à l’instar de ce qui se fait en Angleterre.
La voie est donc toute tracée pour Orange, qui n’a qu’à suivre l’exemple de son glorieux aîné Canal+, sur la télévision payante. Le marché pourra alors se partager entre les deux géants de la communication, Orange d’un côté et Vivendi de l’autre. Avec un atout incontestable pour le premier, qui pourrait s’appuyer sur son développement à l’international pour attirer les contenus les plus valorisant, ce que ne peut faire Canal+, dont la plupart des actifs hors de France ont été bradés dans la période de l’après Jean-Marie Messier, par Jean-René Fourtou, l’ancien Pdg de Vivendi. Une situation qui pourrait d’ailleurs encore s’accentuer lorsque Stéphane Richard prendra les commandes de l’opérateur historique, succédant à Didier Lombard.

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