Etienne Mougeotte à la SDJ du Figaro "je n’ai jamais prononcé cette phrase"
L’affaire avait fait grand bruit et après le vote d’une mention par la rédaction, Etienne Mougeotte avait promis de rencontrer les représentants des journalistes du Figaro. Voici le résumé de cette réunion sous haute tension.
La société des journalistes du Figaro a été reçue par Etienne Mougeotte, le patron de la rédaction du journal de Serge Dassault. L’ancien vice-président de TF1 est revenu, suite à la motion votée contre lui, sur les propos concernant les journalistes de gauche qui travailleraient au Figaro et qui ferait bien d’aller chez Libération...
Etienne Mougeotte nie avoir dit les choses ainsi "je n’ai pas prononcé cette phrase, ce serait une forme de mépris. J’ai dit en substance que lorsqu’on travaille au Figaro et qu’on est engagé à gauche, militant, j’imagine qu’on se sent mal à l’aise. C’est comme si moi, je travaillais à Libération – journal pour lequel j’ai le plus grand respect et avec le directeur duquel j’entretiens une relation amicale. Il existe une clause de conscience en cas de désaccord avec la ligne éditoriale ; elle n’a jamais été invoquée depuis que je suis au Figaro, j’espère qu’elle ne le sera jamais ». Voilà qui a le mérite d’être clair de la part d’un patron qui ne cache pas ses sympathies politiques et n’a plus l’âge de prendre des pincettes avec la rédaction.
Acheter c’est voter
La SDJ a ensuite demandé pourquoi les personnalités de gauche étaient moins présentes dans le journal et là encore la réponse est cocasse : "des personnalités de gauche sont régulièrement invitées au « Talk ». Bayrou a eu la couverture du Magazine il y a quelques semaines, exactement comme Sarkozy (ça s’est moins bien vendu). Nous ne sommes pas un journal de gauche et, encore une fois, nos lecteurs sont intéressés par le journal que nous faisons. Ce sont eux qui « votent » en achetant le journal ». Le numéro du Figaro Magazine avec Nicolas Sarkozy a fait + 43% en ventes au numéro (220 000 ex), n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler Etienne Mougeotte. Néanmoins, ce satisfecit du patron de la rédaction a ses limites. Comme le montrent les derniers chiffres du Figaro, les ventes ne sont pas au beau fixe, loin de là. Le journal accuse une baisse de plus de 5% en kiosque sur l’année 2011.
Espionné
Toujours droit dans ses bottes devant les représentants des journalistes, le patron de la rédaction nie avoir refusé un "trois questions à" Michel Sapin, une tribune à Martine Aubry, et élude la question lorsqu’il s’agit de savoir si une demande d’interview sera faite à François Hollande. "Je ne sais pas", répond Etienne Mougeotte. Pour finir, interrogé sur sa présence lors d’une réunion de campagne de Nicolas Sarkozy comme le rapporte un journaliste de l’Express sur Twitter, Etienne Mougeotte nie vigoureusement, mais laisse planer un doute dans sa réponse : "vous croyez que Sarkozy a besoin de moi pour sa campagne ? De toute façon, je vois qui je veux, quand je veux. Il y a un moment où on entre dans le domaine de la vie privée. Je ne vous dirai pas quand je suis allé à l’Elysée pour la dernière fois. J’aimerais ne pas être soupçonné, espionné " ! Le prochain qui verrait Etienne Mougeotte lors d’une de ces réunions du candidat de l’UMP sait maintenant qu’il exerce là sa liberté de pensée.
