Didier Mathus à l’Hadopi, le mouton dans la meute
Christian Phéline, Anne Élisabeth Crédeville et surtout le socialiste Didier Mathus, publiquement anti-Hadopi, vont siéger au collège.
L’information est confirmée par le ministère de la culture et de la communication : le Sénat présidé par le socialiste Jean-Pierre Bel, a bien désigné Didier Mathus pour siéger au collège de l’Hadopi !
La haute chambre qui vient de basculer dans l’opposition pense certainement là faire un bon coup politique en nommant une personnalité proche du candidat François Hollande, et dont les convictions ont toujours été hostiles à cette loi visant le piratage sur le Net. Didier Mathus soutient d’ailleurs la ligne dure au sein de l’équipe de campagne de François Hollande, celle qui veut l’abrogation pure et simple de la loi, pour mieux ensuite installer un mécanisme renouvelé de licence globale pour dédommager les créateurs du préjudice subi. Didier Mathus faisait d’ailleurs partie de la réunion qui s’est tenue avant Noël au QG de François Hollande, pour arrêter les positions du pôle culture sur le sujet, comme nous l’avions révélé.
Stockholm syndrome
Dans ses nouvelles fonctions à l’Hadopi, il ne sera plus en terrain conquis. Tout au contraire, il devra faire connaissance avec la réalité du terrain comme l’on dit... Seul parmi huit autres membres, certainement moins convaincus que lui - dans un sens comme dans l’autre -, Didier Mathus, l’idéologue anti-Hadopi, va donc pouvoir apprendre de l’intérieur ce qu’est cette institution, certainement la plus paradoxale du quinquennat actuel, comme le soulignait Mireille Imbert Quaretta, ancienne collaboratrice de la socialiste Elisabeth Guiguou, et actuelle président de la CPD, le bras armé de l’Hadopi... Et si Didier Mathus était victime en quelques semaines d’un syndrome de Stockholm ? L’empêchant, si jamais la gauche passe en mai prochain, de demander la mort d’un collège qu’il aurait appris à apprécier. Qui sait ? Il est en tout cas plus que certain, qu’il est maintenant, plus que jamais, désigné par le Sénat aux lobbyistes de tout poil de la création, comme l’homme à convaincre.
Deux autres personnalités entrent au collège : Christian Phéline qui remplace Patrick Bouquet et Anne-Élisabeth Crédeville qui succède à Christine Maugüe.
La cour des comptes, qui s’est fait attendre jusqu’à présent entrainant des retards administratifs qui auraient pu être lourds de conséquences, devraient très bientôt désigner aussi celui ou celle qui entrera à la commission de protection des droits. Le décret est en cours de rédaction au ministère de la Culture et de la Communication, il devrait être publié dans les prochains jours. La rue de Valois a promis que ce serait avant le 17 janvier prochain, date à laquelle le collège doit d’ailleurs se réunir.
