Denis Olivennes président du directoire du Nouvel Obs
Claude Perdriel, fondateur du Nouvel Observateur, annonce l’arrivée à la présidence du directoire du magazine de Denis Olivennes, actuellement PDG de la Fnac. La rédaction se montre sereine face à une décision qui engage le journal sur le long terme.
Denis Olivennes deviendra en mai le président du directoire et directeur de la publication du Nouvel Observateur. Claude Perdriel, 82 ans, fondateur et principal actionnaire de l’hebdomadaire, a réuni ce matin la Société des Rédacteurs et le comité d’entreprise pour leur annoncer sa décision.
Ce changement dans la structure de gouvernance marque une nouvelle étape pour le magazine fondé en 1964, puisque Claude Perdriel affirme que ce choix définira la vie du journal pour les 25 prochaines années. Claude Perdriel prendra le poste de président du conseil de surveillance, qui définira la stratégie, tandis que Denis Olivennes sera chargé de l’exécutif. Cette nouvelle ne semble pas affecter la rédaction. Selon Sylvain Courage, membre de la Société des Rédacteurs, Denis Olivennes correspond bien au magazine : "il y a souvent publié des tribunes et ses opinions politiques, de gauche sociale-démocrate, sont les mêmes que celles qui gouvernent notre journal".
Gestionnaire ou cost killer
Le Nouvel Observateur est un choix de carrière étonnant pour Denis Olivennes, qui a dirigé des entreprises de bien plus grande envergure. Denis Olivennes est un gestionnaire, parfois qualifié de cost killer (ou réducteur de coût), qui après un passage en politique, notamment auprès de Pierre Bérégovoy, a navigué à la tête d’entreprises françaises depuis 1993 : Air France, Canal+, avant de prendre la direction de la Fnac en 2005. Pour quel bilan ? Selon un communiqué du groupe PPR (anciennement Pinault-Printemps-Redoute) qui possède la Fnac, Denis Olivennes a décidé de partir "après avoir mené à bien sa mission". "[Il] a modernisé le modèle économique de la Fnac", poursuit le groupe de François Pinault. PPR annonce une légère augmentation de la rentabilité de son enseigne culturelle et une hausse de son chiffre d’affaires de 8% en 2007. Il ne faut pas oublier les grèves menées par les salariés des Fnac de France aux mois d’avril et mai 2007 (voir Courrier à D. Olivennes du 13 mai 2007 sur Blogofnac, le blog des employés de la Fnac) suite à l’annonce d’un plan social prévoyant la suppression de 300 postes. Ni la manifestation du 19 ou le débrayage du 21 mars dernier pour défendre les salaires et l’emploi.
Garantie d’indépendance
Denis Olivennes se présentera le 2 avril prochain à la rédaction du magazine. "C’est seulement à ce moment-là que nous saurons quelles seront ses fonctions. Pour le moment, cette nomination suscite de la curiosité, mais aucune inquiétude", souligne Bernard Géniès, du comité d’entreprise. C’est aussi à ce moment que pourra s’engager un dialogue concernant l’indépendance du journal et la séparation entre les activités de gestion de l’entreprise et la rédaction du magazine. Là encore, la rédaction est sereine : "il n’est pas prévu que Denis Olivennes dirige la rédaction, il arrive en tant que gestionnaire", explique Sylvain Courage. Denis Olivennes pourra effectivement exposer quelles orientations il propose pour le Nouvel Obs dans un contexte difficile pour la presse. Et lui donner des garanties d’indépendance vis-à-vis d’un chef de l’Etat à qui il vient de remettre un rapport sur le téléchargement illicite sur Internet et qui était en conflit ouvert avec le magazine suite à l’affaire du SMS envoyé à Cécilia Sarkozy.
