Démarrage décevant d’Android chez Orange
Une fois n’est pas coutume, c’est très discrètement qu’Orange a grillé la politesse à SFR en commercialisant en France la semaine dernière le premier terminal Android. Baptisé Dream et construit par HTC, ce smartphone a clavier coulissant est identique au G1 américain (à la couleur près), distribué aux USA par T-Mobile depuis Octobre dernier.
Sur le papier, l’appareil a tout d’un séducteur : interface tactile intuitive, fonctions évoluées et surtout système ouvert. Car Android, promu par Google et son Open Handset Alliance, est distribué gratuitement selon le modèle de l’open source : son code source est accessible librement et peut être redistribué, évitant aux constructeurs de payer une coûteuse licence d’utilisation et permettant de produire des terminaux en théorie moins onéreux.
Orange, tout comme SFR, affiche un bel enthousiasme vis-à-vis d’Android : « un OS comme Android nous permettra de proposer régulièrement des mises à jour afin d’intégrer de nouvelles fonctions », explique Jean-Marie Culpin, Directeur marketing mobile France chez Orange. Et ce n’est pas une mauvaise chose, surtout dans le cas du Dream. Car à l’heure actuelle, le produit est très décevant. Il est par exemple impossible de synchroniser ses contacts ou son calendrier Google avec l’appareil, et encore moins avec Outlook. Pourtant, la synchronisation est un élément essentiel du fonctionnement d’un smartphone… « C’est effectivement un problème, reconnait Jean-Marie Culpin, mais cette limitation n’est que temporaire. Nous avons choisi de commercialiser le Dream sans possibilité de synchronisation des contacts et de l’agenda pour un problème de stabilité. Nous comptons mettre en ligne courant avril une mise à jour qui corrigera entre autres ce problème. Elle sera suivie en mai d’une seconde mise à jour qui apportera de nouvelles fonctionnalités. Les mises à jour seront disponibles gratuitement pour tous les possesseurs du Dream ».
"Double @"
Ces mises à jour successives ne sont pas un luxe, tant l’appareil laisse un gout d’inachevé après une semaine de tests. Impossible par exemple de lire une vidéo autrement que sur YouTube (et encore moins d’en créer une), les communications Bluetooth sont très limitées, il n’y a pas de client de messagerie instantanée (un comble lorsqu’on sait que Google propose GoogleTalk), l’accéléromètre n’est pas exploité dans les fonctions du système d’exploitation, aucun clavier virtuel n’est prévu, obligeant l’utilisateur à déployer le clavier mécanique pour effectuer la moindre saisie de texte. Ce dernier n’est d’ailleurs pas exempt de défauts : le symbole « @ », certes important pour un produit permettant l’envoi d’emails, est présent… deux fois sur le clavier ! En revanche, HTC n’a pas jugé utile d’y faire figurer les guillemets et l’apostrophes, pourtant utiles en français alors qu’ils sont présents sur la version US. On trouve en revanche les symboles « £ » et « § ». Questionné sur cette anomalie, HTC répond qu’un « correctif logiciel sera prochainement disponible ». Etonnant, pour corriger un problème de sérigraphie !
