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Deezer, les actionnaires prêts à jeter l’éponge

Le 22 Janvier 2010 dans Web 1,2,3 par Emmanuel Torregano

Les actionnaires de Deezer cherchent à vendre le site, ou au mieux à le recapitaliser une dernière fois. L’offre premium n’a pas donné les résultats escomptés. Le successeur de Jonathan Benassaya a déjà été identifié.

Hier, nous annoncions le départ de Johnatan Benassaya de Deezer. La décision de son remplacement est actée par les actionnaires (CIC, AGF, et les historiques, Xavier Niel patron de Free, et les fondateurs de Pixmania) – Daniel Marhely, l’autre fondateur devrait rester. Il s’agit maintenant d’y mettre les formes. Le remplaçant aussi est en approche. Sans aucune attache avec le monde des médias, de la musique ou de l’internet, son profil de manager devrait faire merveille pour mettre Deezer en configuration de vente.
Car il s’agit bien d’une issue à haut risque qui attend le site de diffusion de musique : une recapitalisation ou bien une vente pure et simple. Déçus par les mauvais résultats des offres "premium" et les faibles perspectives publicitaires, les actionnaires n’ont pas souhaité prolonger l’aventure avec ce management.
Plusieurs grands groupes de médias, dont Lagardère et d’autres ont été approchés par les actionnaires dans la perspective d’une cession totale ou partielle. Un prix de 80 millions d’euros avait été alors évoqué, sans succès. Tous ont refusé. Depuis, les vendeurs ont revu largement à la baisse leurs prétentions. D’ailleurs, une banque d’affaires devrait être mandatée prochainement. Plusieurs banques de la place de Paris on été contactée à cet effet, mais le choix définitif reste encore en suspens.

700 000 euros de recettes

Venons-en aux chiffres. Deezer a récemment lancé une offre d’abonnement à ses services, dite premium sur le modèle Spotify. Si en novembre celle-ci engrangeait près de 400 clients par jour, depuis les chiffres sont bien plus faibles. En tout et pour tout, l’offre premium compte aujourd’hui 10 000 inscrits, et il faut ajouter 4000 abonnés au streaming haute qualité. Des chiffres très insuffisants pour les actionnaires, qui en espéraient dix fois plus.
En revanche, sur le marché de la publicité Deezer se défend plutôt bien, en engrangeant près de 700 000 euros par mois de recettes pour une audience de plus de 6 millions de visiteurs uniques. Cependant, les perspectives ne sont pas au beau fixe, et le modèle économique du site ne peut se passer d’une offre premium performante. Les maisons de disques et les ayants droit font pression pour remonter sans cesse les rémunérations, ce qui entrave la bonne marche économique du site.
Le départ du fondateur n’est pas une bonne nouvelle, loin s’en faut. Car Deezer est aujourd’hui en grand danger, à moins qu’un des actionnaires, comme Xavier Niel, le tout puissant patron de Free, grand ami de Vincent Bolloré, ne décide de le sauver. Dans le cas contraire, on pourrait très bien assister à la fin d’un des leaders de l’internet, fleuron français du Web 2.0, laissant seul sur ce créneau DailyMotion, face à l’armada internationale. Le danger est grand, lorsque l’on sait que Spotify est en passe de réussir une levée de fonds de 100 millions d’euros auprès de fonds asiatiques, ou que YouTube a toute latitude maintenant pour faire une razzia sur le marché des droits.

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17 Commentaires

  1. Dexter le 22 janvier 2010

    Une bien mauvaise nouvelle... Ce qui est frappant c’est de constater que les revenus annuels de Deezer qui sont pourtant loin d’être négligeables (8 400 000 euros de CA pub !) ne suffisent pas à payer à la fois les frais de fonctionnement et les avances des majors.

    Je pointe du doigt ces dernières car il est de notoriété publique qu’en dehors de ces taxes abusives imposées par Universal-Sony-Warner-EMI, il faut bien reconnaitre que Deezer ne reverse pas grand chose au titre du partage de revenus pub aux autres labels.

    Un beau gachis si Deezer venait a disparaitre, étouffé dans l’oeuf par 4 maisons de disques qui ne lui laisse pas le temps de grossir et de créer un cercle vertueux



  2. Sylvain le 22 janvier 2010

    C’était prévisible, et c’était aussi prévisible que les majors seraient accusées dans un business model qui ne tient pourtant pas la route depuis le début. Le modèle du gratuit, puis de l’offre bancale payante ensuite peut difficilement séduire. JB devait espérer une revente avant d’avoir des comptes à rendre. J’ai testé l’offre payante de Deezer et de Spotify, y’a pas photo entre les 2, sur ordi comme sur mobile. Ceux qui paient vont chez Spotify, qui a proposé cette offre dès son "beta-lancement". Chez Deezer, c’est vu comme "c’est la fin de la récré", et l’appli est lourde. JB est fondateur de Deezer, mais la techno existait chez Blogmusik société éditrice du site avant qu’il n’arrive.



  3. Simone le 22 janvier 2010

    Tous sur Spotify !



  4. vvo le 22 janvier 2010

    Il faudrait pas juste que deezer sorte une application desktop proprette ? + la lier avec le compte premium (accès web et desktop au premium)...

    Aujourd’hui si je dois faire un choix d’offre premium c’est vers spotify que j’irais, simplement parce que l’appli est quand même 10fois plus agréable que le site web de deezer. Mais deezer pourait innover en proposant les deux + un catalogue plus important que spotify et une force de frappe plus importante sur l’audience du site web.



  5. Jean le 23 janvier 2010

    Mauvaise idée que de faire des sites en Flash. C’est lourd et ça finit par lasser… À l’heure du html5 qui pointe son nez c’est vraiment un mauvais calcul.



  6. ParcelMroust le 23 janvier 2010

    En attendant, les producteurs français (Majors + gros indés) auront réussi à tuer les deux acteurs du streaming Radioblogclub et Deezer laissant ainsi la place aux suédois, américains et autres innovations étrangères.

    En résumé, les producteurs français sapent notre balance commerciale, laissent le champ libre à l’étranger qui nous envahit et ruinent l’effort de redressement de notre Christine (Lagarde) adorée.

    Que fait le Président ?



  7. Simone le 23 janvier 2010

    Vive les étrangers !



  8. Philippe.Astor le 23 janvier 2010

    Si les fonds levés avaient pu être investis dans du développement logiciel plutôt que dans les avances payées aux majors, on n’en serait pas là. Deezr pourrait tenir la dragée haute à Spotify. JB était pour Deezer un dirigeant visionnaire et charismatique. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour la filière musicale en France.



  9. mowglib le 23 janvier 2010

    En tant qu’actionnaire, la stratégie de Xavier Niel ne consisterait-elle pas mettre la main à vil prix sur la majorité de Deezer, en le laissant tranquillement agoniser ?Les synergies avec Free -et en particulier le lancement sur le mobile, me semblent ensuite assez évidentes...



  10.  le 23 janvier 2010

    spotify c’est bien beau mais ça ne marche pas avec linux, c’est le B-A BA du bon site web. Hop poubelle.



  11.  le 24 janvier 2010

    "c’est le B-A BA du bon site web." ??? Mais bien sur .... Au vu de la part de marcher de Linux, je ne vois pas pourquoi Spotify aurait payé des développeurs pour une version Linux. Dès le lancement de la béta une version Mac OS et Windows étaient disponibles, c’est déjà énorme qu’une société propose une version Mac OS dès le début (du moins pendant une béta).

    Clairement Linux n’intéresse personne, non pas parce que l’OS est mauvais, loin de là et au contraire, mais tout simplement parce que financièrement parlant il n’y a pas d’intérêt à développer pour un OS qui est utilisé à 99.99% par des Geeks et qui au final n’est presque pas utilisé.

    Dire que c’est le B-A BA de rendre compatible une application sous Linux c’est tout simplement n’importe quoi ...

    Pour revenir au sujet, Deezer a commencé dans l’illégalité, avant de se faire appeler Deezer, et personnellement je n’ai jamais aimé ce service, que se soit la version légale ou illégale, même si j’ai presque envie de dire que la version illégale était plus pratique. Mais Deezer c’est une usine à publicité, yen a partout, le site est mal foutu, bordélique, les titres pas forcément en bonne qualité, 3 titres d’un album par ci, 2 par là, ça fait longtemps que je dis que le site fermera s’il reste comme il est actuellement. Au contraire de Spotify qui a su être ingénieux, s’inspirer fortement de l’interface iTunes qui est LA plateforme qui vend le plus de musiques dans le monde, avoir un catalogue énormément fourni, se lancer en béta pour régler les différents problèmes avant d’ouvrir pour tout le monde, sortir une option premium qui permet et une qualité d’écoute excellente, possibilité d’écouter les albums en hors ligne, une application iPhone, Android dignee de ce nom ...

    C’est con pour les personnes employées par Deezer mais pour autant je ne regretterait pas ce site s’il doit fermer ....



  12.  le 24 janvier 2010

    @ "spotify c’est bien beau mais ça ne marche pas avec linux, c’est le B-A BA du bon site web. Hop poubelle."

    Heu, si ca marche la preuve je suis sous nunux et cela fonctionne très bien. Suffit juste de savoir l’installer correctement avec wine.



  13. Tieum le 24 janvier 2010

    Un peu facile de tirer directement sur les maisons de disque, coupables parfaits dans ce genre de situation. La musique est une industrie qu’on le veuille ou non, mais bizarrement l’émoi général provoqué par des plans sociaux dans l’automobile ou le textile ne semble pas s’appliquer à cette filière. On ne s’émeut que peu des réductions d’effectifs chez Universal, Sony, EMI & co ... c’est certainement de leur faute, eux qui ont créé cette situation qui se retourne contre eux. Ces sociétés (comme tous les éditeurs de contenus) sont confrontées à une importante mutation de leur modèle et il me semble difficilement concevable de leur reprocher de se rémunérer (et donc rémunérer leurs artistes et employés) sur la diffusion de contenu streamé. Chacun sait combien Internet, temple du gratuit et du low cost, est à la fois créateur mais aussi destructeur de valeur. Le véritable enjeu pour cette industrie sera certainement celui du maintien du niveau de qualité dans l’édition, la production et la promotion de la musique et des artistes.



  14. Sand le 24 janvier 2010

    @Tieum : vous dites vrai. C’est du réalisme, mais comme bons nombres de réalités, elles libèrent lacheté, ingratitude, mauvaise foi, malhonnêteté, mais..., c’est aussi ainsi, par cette vérité, que la musique, les artistes, les hommes existent pour faire ce monde, cette industrie, oui, évidemment, car, s’ils seraient parfaits, sans aucun défauts, en totale accord avec la vérité que vous exprimez, ils seraient des dieux, des machines peut-être, mais certainement plus des artistes qui font vibrer, qui dégagent des émotions, qui n’ont acheter la musique !

    Alors oui, c’est une industrie, mais, oui aussi, c’est aux financiers, aux producteurs de mener à bien, de veiller sur eux. Chacun son métier, chacun sa place, chacun ses responsabilités, mais à tous de bien coordonner la machine qui transporte tous ces hommes !



  15. Sand le 24 janvier 2010

    " Qui nous font acheter la musique " : petit lapsus, désolée !

    Car à la base, si on vit, si on a besoin de la culture : musique, cinéma, etc.., c’est quelle est auto-productrice, régénérante de bien chez l’Homme depuis de tout temps et encore pour très longtemps, car, un besoin naturel, reste, malgré toutes les évolutions imaginables, un besoin vital, et, pour faire dans l’optimisme réel, toujours, une adaptation finira par se former et se conditionner pour continuer cette existence qui lui est propre et universelle : la comédie humaine ! :) !



  16. Olivier le 26 janvier 2010

    Bonjour,merci pour cet excellent article très bien documenté.je suis (d’autant plus) étonné par contre que vous passiez sous silence l’un des plus sérieux concurrents français : MUSIC ME (www.musicme.com), mois connu peut être, en tout cas des medias, il me semble qu’il est plus en concurrence car sur un modèle proche, que spotify... qu’en dites vous ?Olivier.



  17. vinzant le 27 janvier 2010

    musicme ça claque mais déconnez pas faite spas comme deezer =)



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