Dashboard, Kinect… la Xbox 360 se fait rechaper pour tenir la distance
" C’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe " affirme le dicton populaire que Microsoft a appliqué pour inventer une deuxième vie à sa console Xbox 360. Épurée, simplifiée en surface, la nouvelle interface de la Xbox 360 inaugurée le 1er novembre avec des petits cafouillages techniques doit convenir au nouveau public attendu aux commandes sans manette du procédé Kinect en vente le 10 novembre prochain.
Cherchant, sans toujours y arriver, à vraiment prendre ses distances avec la PlayStation 3, la Xbox 360 vient d’accueillir sa 3e génération majeure d’interface depuis sa naissance. En comparaison, l’aspect et l’arborescence des consoles PlayStation 3 et Wii n’ont pas changé depuis leurs débuts respectifs. Plus blanche avec des menus défilant à plat et non plus dans la perspective, le nouveau visage de la Xbox 360 se veut plus accueillant et un peu moins gamer. Associée à l’imminente caméra Kinect placée sous l’écran TV, l’interface devra se laisser piloter par des gestes de la main sans manette ou télécommande, éventuellement par la voix. La même caméra permettra également de lancer des conversations vidéo avec d’autres abonnés Xbox Live. Un système de contrôle certes futuriste, mais fantasmatique aujourd’hui qui doit également réinventer la façon de jouer. Peu fiables, hésitants, les premiers exemples de jeux ou de contrôles observés, notamment au salon Paris Games Week (jeux Microsoft et Sega, vus mais non joués en personne, NDR), remettent hélas vite les pieds sur terre et les bras le long du corps.
Ça passe et ça grince
Simplifiée à destination du nouveau public visé, la circulation dans les nouveaux menus de la Xbox 360 qu’il faut obligatoirement installer depuis le 1er novembre a déjà grincé et fait grincher. Inhabituelle de la part d’une usine en ligne très rôdée du côté Microsoft (sauf avec la Game Room externalisée), la mise à jour du firmware lundi a posé quelques problèmes. Impossibilité d’accéder au service, messages d’erreur sans relation avec le problème, gêne dans l’utilisation de la console qui veut imposer la mise à jour, ont fini par obliger l’entreprise à reconnaître publiquement les hoquets. De leur côté, les développeurs de jeux indépendants se sont plaints aussitôt du déménagement de leur section vers un nouveau menu baptisé "Boutiques spécialisées", détaché de l’accès principal où tous les jeux se vendent d’habitude. Ce à quoi un porte-parole de Microsoft a répondu en expliquant que la manœuvre doit au contraire offrir plus de visibilité aux jeux indépendants qui profitent, en effet, désormais de filtres (tops vente, date, genres…) et donc d’une meilleure exposition. Pour Microsoft comme pour Sony, Apple ou Nintendo, l’accès à du contenu en ligne de plus en plus copieux continue de créer de nouveaux défis d’organisation.
Sprinter de fond
Rattrapée par la PlayStation 3 malgré sa sortie un an plus tôt (environ 40 millions vendus de chaque marque), la Xbox 360 continue de sprinter au sein d’une société Microsoft que l’on qualifie par ailleurs d’immobiliste. Les 400 à 500 millions de $ investis dans le lancement de Kinect pour dire aux gamers et néophytes : "la manette, c’est vous !" confirme, avec entre autres, un lancement nocturne à Times Square annoncé pleine page dans le New York Times, que malgré son allure bon enfant, le Kinect n’est pas un simple gadget dans l’arsenal Microsoft. Comme le corroborent le lifting du dashboard deux jours avant la commercialisation de Kinect aux USA (4 nov.) et le nouveau modèle de Xbox 360 plus efficace et pré-équipé du connecteur Kinect en juillet dernier. Un lancement important annoncé de longue date comme une deuxième naissance devant permettre à la première console "next-gen" du marché (2005) de tenir la distance avec la PS3 lancée en 2006 pour dix ans par Sony.
Les USA, premiers sympathisants
Il y a quelques mois encore, avant que la machine marketing Microsoft se mette en branle, le marché exprimait des doutes sur un système de jeu incertain vendu 150 $/150 € (jeu Kinect Adventures inclus) sans rien mettre de concret entre les mains du consommateur, contrairement à la Wii et sa Wiimote et le PS Move de la PS3. Aujourd’hui, une étude américaine d’IDC (International Data Corp) prévoit que 2,5 à 3 millions d’américains achèteront l’accessoire Kinect d’ici la fin de l’année, contre 2 à 2,25 millions de PlayStation Move. Un continent nord-américain devenu le terrain privilégié de la Xbox 360 qui n’augure pas forcément d’un égal succès dans le reste du monde.
