DSK au régime ordinaire de la justice US
Les images de DSK traité comme un dealer de quartier par la justice US choquent l’opinion publique française, mais pas les Américains. Stéphane Jourdain, journaliste de l’AFP qui couvre l’affaire, n’est pas tant surpris par ce traitement que par l’assurance de l’accusation.
Electron Libre : Ces images de DSK menotté et défait n’en finissent pas de faire polémique en France, où l’on crie au viol de la présomption d’innocence. Comment l’expliquez-vous ?
Stéphane Jourdain : " Ici, c’est tout à fait normal. Évidemment, les Français ont du mal avec cela, mais c’est au cœur du système médiatique et judiciaire américain, cette part de mise en scène. Il s’agit de montrer l’efficacité de la police et de présenter un accusé en position de faiblesse. D’ailleurs, ce que j’ai vu m’a rappelé d’autres grands procès de VIP ".
EL : C’est un peu expéditif, non ?
SJ : " Il faut essayer de ne pas voir les choses avec nos yeux de Français. Le système judiciaire américain est tellement différent. Il se place davantage du côté de la protection des victimes. Ici, cela ne se mène pas comme en France à charge et à décharge. Uniquement à charge et cela change tout. Il ne faut pas oublier que nous sommes aux États-Unis dans un pays où l’ombre de la peine de mort, qui existe encore dans certains états, plane sur la justice. Un pays où la présomption d’innocence n’existe quasiment pas. "
EL : Et les Américains, eux, comment reçoivent-ils ces images ?
SJ : " Ils ne sont pas choqués parce que pour eux, ce traitement, a priori, DSK l’a mérité. Ils l’estiment coupable, et c’est un peu œil pour œil, dent pour dent. Ils comparent ce qu’il est en train de vivre à ce qu’a enduré cette femme de chambre. "
EL : Une libération sous caution de DSK est-elle encore envisageable ?
SJ : " J’ai entendu plusieurs juristes américains expliquer que la justice revient rarement en appel sur une première décision de refus de libération sous caution. Mais surtout, et c’est ce qui nous a le plus surpris, en plus du refus de le libérer sous caution, les enquêteurs sont particulièrement sûrs d’eux, de leurs preuves et de leurs témoins. Et ce doute qui plane sur le nombre de cas. Nous avons tous entendu parler d’une autre affaire at least et ce "au moins" est troublant. "
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