Claude Perdriel ouvre le capital du "Nouvel Obs" à ses Alliés
Le patron du Nouvel Observateur a proposé à la société des rédacteurs du Nouvel Observateur de racheter leurs parts afin de faciliter l’arrivée d’un nouvel actionnaire avec lequel il contrôlerait Le Monde.
Claude Perdriel n’a pas dit son dernier mot. Pour contrer l’offre de Mathieu Pigasse, Pierre Bergé et Xavier Niel qui se déclarent prêts à verser jusqu’à 100 millions d’euros pour prendre le contrôle du Monde SA, le fondateur du Nouvel Observateur recherche un allié qui lui permette de surenchérir à cette hauteur.
Faute de quoi, le trio risquera de l’emporter car les sociétés de personnel du Monde confieront les clés de l’entreprise au repreneur qui présentera, sur le plan financier, les meilleures garanties de redressement. Les 60 millions d’euros que le Nouvel Observateur est aujourd’hui prêt à débourser couvriront, à peine, les pertes 2009, celles de 2010, le remboursement du prêt de 25 millions d’euros à la BNP et le coût de la clause de cession. Et il faudrait procéder à une nouvelle augmentation de capital en 2011. Avec des recettes publicitaires inférieures à 40 millions d’euros en 2010 et une vente au numéro en baisse de 8%, cela sera, sauf à échapper à la tendance actuelle, le cas.
Le Nouvel Observateur dans la corbeille
Aussi pour se donner les coudées franches, sans épuiser intégralement ses fonds propres, Claude Perdriel a décidé d’apporter le Nouvel Observateur dans la corbeille de mariage, Le Monde ne suffisant pas, à lui seul, à l’embellir.
Toute société qui viendrait s’associer à l’offre du Nouvel Observateur deviendrait ainsi ipso facto actionnaire de ce groupe. Ce qui rend l’affaire nettement plus intéressante, dans la mesure où le magazine n’a perdu que 3,8 millions d’euros, l’an dernier, et présente de véritables perspectives de rentabilité pour peu qu’il rationalise, ce qu’il n’a pas fait en raison du respect et de l’amitié que Claude Perdriel porte à ses journalistes, ses coûts de productivité.
Lorsque le Nouvel Observateur envisageait, par exemple, de s’allier à Prisa, le groupe espagnol ne devenait pas actionnaire du groupe français. Ce sera désormais le cas si le groupe espagnol décide de tenter l’aventure. Ou de Carlo de Benedetti qui regarde le dossier sans s’être décidé. Ezio Mauro, le patron de la Repubblica, l’un des journalistes les plus pugnaces de toute l’Europe occidentale, celui qui a bâti le quotidien italien en partant de la référence de Libération, fulmine à l’idée que Le Monde puisse devenir un journal sinon bienveillant du moins apathique à l’égard du président Nicolas Sarkozy. Et son titre est détenu par Carlo de Benedetti qui éprouvera peut-être moins de réticences à se laisser convaincre par ce nouveau schéma.
Possible fusion
Claude Perdriel propose, en effet, ses futurs alliés de devenir actionnaire , à coté de SFA, du Monde, de Télérama, de Courrier International mais, aussi du Nouvel Observateur, de Challenges, de Sciences & Avenir.
Dans cette perspective, Le Monde SA, détenu à 1,75% par Le Nouvel Observateur et le Nouvel Observateur détenu à 6% par Le Monde, pourraient même, un jour, être fusionnés au sein d’une même société. Ce qui permettrait de dégager,au travers du regroupements de services, d’importants gains de productivité. Dans cette hypothèse, le futur associé du Nouvel Observateur pourrait devenir, dans un premier temps, actionnaire, de ce groupe et du Monde SA avant de devenir actionnaire d’une société unique rassemblant tous les titres des deux groupes lorsque Le Monde quotidien aura réellement assaini sa situation.
2000 euros par journaliste
Ce schéma implique le contrôle à 100% de la société du Nouvel Observateur.
Ce qui facilite l’opération de fusion et rassurer le futur actionnaire qui n’aime guète trouver à ses cotés, une société de rédacteurs comme actionnaire. Or, Le Nouvel Observateur est détenu par SFA à 93%, Le Monde et la Société des Rédacteurs du Nouvel Observateur à 1, 22%.
Aussi, pour faciliter cette opération, les patrons du Nouvel Obs,viennent de proposer , officiellement pour raison fiscale, à la société des rédacteurs de racheter à chaque journaliste ses parts pour un montant de 2000 euros. Ce qui valorise le Nouvel Observateur à 30 millions d’euros. Un montant qui pourrait ralentir la conclusion de l’affaire. Mais il ne s’agit, sans doute, que d’une première proposition.
