Christine Ockrent vise Alain de Pouzilhac
La plainte pour harcèlement moral déposée au pénal par la directrice générale déléguée de l’audiovisuel extérieur vise à mettre un terme à sa situation sans attendre une décision de la tutelle.
Depuis le mois de décembre, Christine Ockrent, directrice générale déléguée de l’audiovisuel extérieur, n’exerce plus aucune fonction opérationnelle au sein de France 24. Les managers de la chaîne ne l’associent plus à aucune de leurs réunions stratégiques comme les journalistes qui ont voté, à 85% des suffrages exprimés, une motion de défiance à son encontre.
Dans ces conditions, Christine Ockrent n’avait que deux solutions : ne rien faire et prendre le risque de voir son contrat de travail vidé de sa substance au point d’être rompu ou prendre l’initiative pour obtenir une réintégration dans ses fonctions.
Conflit avéré
Pour obtenir gain de cause, la journaliste a décidé de déposer une plainte au pénal pour harcèlement moral. En clair, elle attend désormais de la Justice et non de l’Etat d’obtenir gain de cause. Il faudra cependant quelque temps avant que les tribunaux ne se prononcent sur cette affaire, ce qui ne sera pas sans conséquence sur la bonne marche de l’entreprise comme sur la situation personnelle de Christine Ockrent. Le conflit avéré entre la directrice générale déléguée et Alain de Pouzilhac, président du pôle audiovisuel extérieur, risque de s’exacerber. La plainte pour harcèlement moral ne concerne pas les subordonnés mais seulement les supérieurs, c’est-à-dire ceux qui sont en situation de harceler les salariés. En l’occurrence, il n’y a qu’une personne qui soit hiérarchiquement supérieure à Christine Ockrent, c’est Alain de Pouzilhac. C’est donc lui, et lui seul, qui est visé par cette plainte.
Objet principal de ce recours en justice, le patron de l’audiovisuel extérieur ne compte pas infléchir sa stratégie. Fort du soutien des comités d’entreprise, il poursuit la fusion entre RFI et France 24 qui sera effective, quoi qu’il arrive, dans trois mois, le déménagement étant prévu pour le mois de septembre.
Pas de gestion en urgence
Rien ne devrait entraver cette réunion car l’enquête ouverte par l’inspection des services fiscaux ne sera pas cloturée avant deux mois et l’enquête parlementaire ne remettrait ses conclusions qu’en juin prochain.
Seuls l’Hôtel Matignon et le ministère des affaires étrangères pourraient mettre un terme à ces différents dossiers. Mais François Fillon comme Alain Juppé semblent trop accaparés par la situation internationale pour gérer en urgence un dossier personnel ou remettre en cause une stratégie.
En outre, la percée réalisée par France 24 en Tunisie comme en Libye exige qu’une future réorganisation ne vienne pas déstabiliser la rédaction qui démontre, sur le terrain comme sur les plateaux tv, son savoir-faire.
