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Christine Albanel, la communication dans le sang

Le 22 Février 2010 dans Web 1,2,3 par Emmanuel Torregano

Christine Albanel entre à France Télécom. L’ancienne ministre sera aux côtés de Stéphane Richard, le nouveau patron de l’opérateur, lors des déplacements à l’étranger. En plus de la communication, elle aura son mot à dire dans la stratégie contenu.

C’est la surprise du chef. Hier, dans les colonnes du JDD, Stéphane Richard, le nouvel homme fort de France Télécom a confirmé les informations du Figaro, selon lesquelles, Christine Albanel sera nommée jeudi à l’issue d’un conseil d’administration en charge de la communication « externe, internet et de la stratégie sur les contenus ». Le poste avait été laissé vacant depuis le départ de Caroline Mille. Arrivée d’Alcatel à la demande de Didier Lombard, elle n’avait pas su gérer l’affaire des suicides à répétition dans le groupe de télécommunication. La nomination de l’ancienne ministre soulève bien des questions dans une entreprise encore à la recherche de sérénité, et surtout en panne de stratégie depuis plusieurs mois.
Tout le monde ne s’en souvient pas, mais Christine Albanel fut porte-parole du gouvernement de François Fillon entre mai et juin 2007. Un poste qu’elle n’a pas conservé bien longtemps... En revanche, beaucoup parmi les internautes se souviennent de son passage rue de Valois, au ministère de la Culture et de la Communication. Parachutée dans le fauteuil de Malraux, cette proche de Jacques Chirac, qui du temps où il était président de la République portait la plume, a été la grande architecte de la loi Hadopi : le texte le plus répressif jamais voté par la France concernant les échanges entre internautes. Et justement cette loi concerne tout autant les opérateurs de télécommunication que les internautes. D’ailleurs, Orange n’est pas le plus mauvais élève de la classe sur ce dossier, bien loin de la bouderie affichée ostensiblement par Xavier Niel, le patron de Free.

Ancienne ministre en tournée

Somme toute, Orange est un opérateur. Voir arriver ainsi l’archange de la riposte graduée, implique que l’on se pose la question de son application chez les abonnés. Orange devrait donc faire bonne figure désormais. Notamment, lorsqu’il s’agira de dévoiler les adresses IP des contrevenants aux membres du collège Hadopi. A ce propos, les nouveaux juges de l’internet vont incessamment connaître le nom de leur secrétaire général, en l’occurrence ce devrait être Eric Walter, ancien conseiller des technologies de l’information et de la communication au ministère de l’intérieur jusqu’en 2007, et a rejoint Rama Yade aux droits de l’Homme et au Sport. Voilà donc France Télécom remis sur les bons rails, si besoin il y avait, alors que la loi attend toujours, elle, que les textes d’application soient publiés au Journal Officiel.
Au sein du groupe de télécommunication, on se perd d’ailleurs quelque peu en conjectures quant à la vérité sur ce transfuge. Ainsi pour certains, Christine Albanel pourrait faire valoir son statut d’ancienne ministre pour accompagner Stéphane Richard dans ses déplacements à l’étranger. France Télécom a besoin de cette crédibilité en dehors des frontières, où l’opérateur mi-privé, mi-public n’est pas toujours bien perçu. Pour d’autres, l’arrivée de Christine Albanel à un poste de communication interne comme externe ne colle pas vraiment avec les besoins du groupe. France Télécom a surtout besoin de professionnels qui sachent gérer les crises, opérer les virages stratégiques et rassurer les salariés. Et pour couronner le tout, ce n’est sûrement pas l’arrivée dans la foulée de Mathilde Arnavon, en direct du cabinet d’Eric Besson, où elle était en charge du débat sur l’identité nationale, à la communication qui constitue un signe encourageant. Cependant, le monde de l’entreprise étant bien fait, il paraît évident que l’arrivée de l’ancienne ministre sera aussi l’occasion d’une série de nominations pour différents spécialistes aux postes clefs comme la gestion de la marque, la synergie à l’international, etc.

Couleuvre

Bref on peine à trouver une véritable justification à l’arrivée de Christine Albanel à la tête de la communication de ce France Télécom. Il faudra du temps pour voir quelles seront les vraies prérogatives de celle qui doit encore rendre un rapport sur l’édition numérique, et à qui on a prêté dernièrement l’envie de prendre la présidence d’Arte, ou encore le contrôle de la BNF. Autant d’ailleurs, qu’il y a lieu de s’inquiéter de sa responsabilité inédite sur la stratégie contenu de l’opérateur, mais sans qu’elle n’ait une fonction opérationnelle qui reste entièrement sous le contrôle de Xavier Couture. Bien que Stéphane Richard l’ait précisé, et que pour le coup l’ancien PDG de Canal+ s’en sorte avec certainement une bonne frayeur, cette casquette supplémentaire a tout du "sac à embrouilles"- dans les faits Xavier Couture reportera à Christine Albanel. Si l’on peut imaginer que la rémunération de directrice de la communication soit bien plus intéressante que celle de simple ministre, il y a fort à parier que Christine Albanel n’aurait pas été à son avantage avec seulement un titre de patronne de la "com’". Avoir un œil sur les contenus de l’opérateur fait bien mieux sur la carte de visite, et d’aucuns affirment que son carnet d’adresses fera ainsi merveille à ce poste. Voilà bien une supputation qui doit aller droit au cœur de Xavier Couture, lui qui traine ses guêtres dans ce métier depuis bien plus longtemps... Mais ce n’est certainement pas la dernière couleuvre que l’homme et ses équipes vont devoir avaler, puisque Stéphane Richard a bien souligné que la stratégie de l’opérateur dans les contenus sera remise à plat. Alors même que les résultats des chaînes sont très bons, ou que les offres musicales commencent à recruter en nombre.
Cela dit, Stéphane Richard n’a certainement pas fini d’étonner le monde des télécoms. On dit l’homme conseillé par Stéphane Fouks, le grand manitou d’Euro RSCG, maison tenue par Vincent Bolloré. Il aurait ainsi vu des dizaines de personnes pour constituer sa « task force » ces dernières semaines. Tout ce que Paris compte de patron a ainsi pu défiler devant lui... Car personne n’a plus de doute sur le fait qu’Orange est plus que jamais le bras armé de la politique française en matière de télécommunication.

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4 Commentaires

  1. Jean Claude GENTY le 22 février 2010

    Quand s’arrêtera ce pitoyable jeu de cons.Avoir été un "terne sinistre" mène à un fromage.A vomir.



  2. jmax le 22 février 2010

    comme pourrait le dire le PDG à travers sa campagne nationale de pub : "c’est moi qui choisis" et on peut espérer que C. Albanel pourra commencer son job par une dictée à tous ces cranes d’œufs, incapable d’écrire sans fautes



  3. Didier le 22 février 2010

    Quelle embrouille, ça sent le gadin.

    Et Havas qui pousse le contenu par les marques. Reprenons : le contenu par les marques supervisé par Couture, vanté par Albanel, dans les tuyaux de Richard, béni par Bolloré, sous la bienveillance de Sarkozy. C’est winwin.



  4. jack le 23 février 2010

    Une ex-ministre de la culture qui va pantoufler chez le plus gros provider de france... à votre avis qui tiens le sac ; qui le remplit... Un opérateur mi privé mi public, mal perçu hors de nos frontières... Pas étonnant !Ce genre de mélange business/politique la France est (aprés l’Italie) un des seuls pays d’économie "libérale" à le pratiquer ouvertement. Les nationalisations ont prouvé que les politiques sont nuls en affaire. La droite devait relever le défi, ils privatisent la nation ! D’anciens ministres viennent arrondir leur patrimoine dans des entreprises plus ou moins privées ; De grands patrons affichent ostensiblement leurs copinages politiques ; des entreprises privées bénéficiaires sont subventionnées et èxonérées ; des entreprises publiques endettées ; familles et amis rivalisent de passe-droits et d’enrichissement personnel...En s’associant au monde des affaires les politiques se remplissent les poches, en prenant les politiques dans leur giron les grands patrons peuvent enfin tirer les ficelles à leur profit. Dommage ils sont aussi nuls en politique que les politiques sont nuls en affaire. Donc finalement rien ne va plus !Quand le pouvoir économique et le pouvoir politique marchent la main dans la main, on peut dire adieu à la démocratie ! si c’est pas le Goulag c’est la Mafia.



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