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Bolloré bien parti pour reprendre "Le Parisien"

Le 22 Juillet 2010 dans Old fashion media par Emmanuel Schwartzenberg

Rien ne devrait s’opposer à la reprise du premier quotidien national français par Vincent Bolloré qui présente la seule offre française cohérente et qui doit affronter des candidats étrangers encore très indécis.

Vincent Bolloré est candidat à la reprise du Parisien et de tous les dossiers présentés à Marie Odile Amaury, c’est celui qui présente le plus d’atouts. Non seulement parce que c’est celui qui est le mieux disant financier avec une offre qui se rapproche le plus des 200 millions d’euros pour le quotidien demandé par le groupe Amaury, mais aussi et surtout parce que cette acquisition fait entièrement sens avec Bolloré Médias. Sur un plan éditorial comme commercial.
Rothschild & Cie qui réceptionne les offres et qui aurait disposé d’autres propositions françaises, c’est la seule offre nationale véritablement crédible. Orienté délibérément vers l’actualité régionale et locale, le groupe Bolloré trouverait dans le premier quotidien national un aboutissement logique à sa stratégie. Le groupe Bolloré a, en effet, développé son pôle de quotidiens gratuits en passant des alliances avec la presse régionale notamment à Toulouse, Marseille et Nice afin de renforcer son offre de contenus locaux. Il va même lancer, dans cette dernière ville, Direct Azur une télévision locale qui doit rayonner sur toute la Riviera. Et si ce groupe voulait racheter Cap 24, la télévision parisienne, c’était bien pour renforcer son ancrage local. En outre, et ce n’est pas le moindre des atouts dans ce dossier, Vincent Bolloré est propriétaire du groupe Havas et contrôle, à ce titre MPG, la première agence média de France.

le quart du marché publicitaire

Et si MPG ne peut, bien entendu, pas transférer ses budgets d’un titre de presse à un autre, l’agence peut faire des recommandations suivies d’effet. Direct Matin et Direct Soir bénéficient clairement de cet appui tout comme le réseau Direct Ville Plus dont la part de marché des investissements publicitaires dans la presse quotidienne nationale dépasse les 10%. Tandis que celle du Parisien voisine régulièrement autour des 15%. Ce qui permettrait donc au groupe Bolloré de contrôler, si l’affaire devait se faire, le quart du marché publicitaire de la presse quotidienne nationale, gratuits et payants inclus.
Avec un tel renfort, Le Parisien aura plus de facilité pour revenir à l’équilibre et effacer ses pertes chiffrées à dix millions d’euros par an.
Un déficit qui résulte du versement par Le Parisien d’une redevance pour usage du titre à la société mère et de la prise en charge de 50% des pertes de l’imprimerie. Sans ces contributions, l’exploitation du Parisien serait positive de 5 millions d’euros.
Les exemples du groupe Bolloré ne manquent donc pas pour prouver que l’apport du groupe Havas a été déterminant dans la réussite économique de Direct 8 et qu’il le sera également pour conforter Virgin 17.
Pour l’emporter au final, on peut aussi compter sur l’aptitude de Vincent Bolloré à rassurer les salariés sur ses intentions. Les journalistes comme les ouvriers du Livre. Vis-à-vis des premiers, il s’engagera à conserver l’équipe en place et en ce qui concerne les seconds, il leur proposera de maintenir leur charge de travail en augmentant le périmètre de son groupe, c’est-à-dire en poursuivant l’acquisition de titres de presse ou en créant de nouveaux. Des contacts ont d’ailleurs déjà été pris en ce sens.
C’est d’ailleurs en ce sens qu’il fallait interpréter le lancement d’Il Foglio version française, du journal d’opinion dont nul ne sait s’il verra désormais le jour. Ce quotidien était, en effet, autant destiné aux élites qu’à fournir du travail aux rotativistes des imprimeries mécontents du transfert de Direct Matin aux imprimerie du Labeur sur laquelle le syndicat du Livre n’a pas prise.
Cependant, Vincent Bolloré obtenir du groupe Amaury de ne pas être systématiquement imprimé après l’Equipe dans les imprimeries de province, ce qui pénaliserait alors Le Parisien qui serait distribué avec retard s’il intègre tous les résultats sportifs. Et le patron breton pourrait demander une décote sur le prix de vente total dans la mesure où le terrain de l’imprimerie n’est pas compris dans le périmètre de cession. Tout cela est affaire de négociations.
Fort de toutes ces légitimités, Vincent Bolloré peut aussi espérer que cette reprise d’un titre majeur de la presse ne déclenchera aucune polémique politique. Ce qui aurait été clairement le cas s’il avait jeté son dévolu sur Le Monde. Ce patron, fort prudent, n’a guère envie de se retrouver dans la position d’ Orange qui, associé à l’offre Perdriel-Prisa, a été accusé d’obéir aux ordres de l’Elysée.

La prudence de Springer

Evoquée un temps, la présence de l’opérateur téléphonique dans une offre de reprise du Parisien aurait d’ailleurs les mêmes conséquences en termes d’images. Même si certains rappelleront que Vincent Bolloré a accueilli sur l’un de ses bateaux Nicolas Sarkozy après son élection, cette critique portera moins dans la mesure où l’homme d’affaires défend la seule offre de reprise crédible. En face de lui, on trouve l’éternel groupe italien RCS Média Groupe (Rizzoli) qui regarde tous les dossiers de vente des titres français mais éprouve le plus grand mal à se décider ou le groupe Springer dont on peut s’interroger sur la détermination. L’éditeur du Bild conserve un souvenir cuisant de son expérience française lorsqu’il avait envisagé de lancer un quotidien populaire bas de gamme mais s’était ravisé après avoir constaté que le système de distribution français était défaillant et découvert que les devis qui lui avaient été présentés ne cessaient d’être revus à la hausse.
Le groupe Ringier qui a regardé, de loin, le dossier a abandonné car sa nationalité suisse donc extra-européenne lui interdit de détenir plus de 20% du Parisien. Au final, il ne reste donc plus que le groupe Bolloré qui dispose de tout l’été pour finaliser et concrétiser son offre.

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2 Commentaires

  1. Pseudonyme le 22 juillet 2010

    Ou comment parler pour ne rien dire...Bel exercice de style ceci étant.A quand de VRAIES informations svp ???



  2. Roberta le 25 juillet 2010

    Bah oui ici on parle des tuyaux, ceux qui sont vides.



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