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Berlusconi serait impliqué dans le meurtre des juges Falcone et Borsellino

Le 06 Août 2010 dans Politique par Emmanuel Schwartzenberg

L’unita, Il Fatto Quotidiano, accusent le président du Conseil et son, bras droit d’avoir commandité l’assassinat des juges Falcone et Borsellino et d’avoir trempé dans les massacres de 1993.

Il y a des signes qui ne trompent pas. Gianfranco Fini, ancien bras droit de Silvio Berlusconi, ancien leader du mouvement d’extrême droite MSI, président de la Chambre des Députés, est parti en guerre contre son ancien allié. Cette dissidence ne provoquera pas la tenue d’élections anticipées, mais bloquera la réforme de la Justice et la révision de la Constitution que le Cavaliere voulait entreprendre.
Au même moment, la presse italienne fait, pour la première fois, état de l’une des accusations les plus graves portées à l’encontre de Silvio Berlusconi. Elle le soupçonne d’avoir commandité l’assassinat des juges Falcone et Borsellino, deux légendes de l’histoire italienne.
L’Unita, dans son édition du 3 août, écrivait sous la plume de Claudia Fusani que les responsables des massacres de 1993, répertoriés sous les noms de code auteur 1 et auteur 2 correspondaient, en fait, au sénateur Marcello Dell’Utri et au Premier Ministre Silvio Berlusconi. Quelques jours plus tard Il Fatto Quotidiano, le journal sicilien, reprenait à son compte ces révélations.
Après 17 ans d’enquête, le parquet de Florence aurait établi dans un dossier numéroté initialement 2009 puis 11531 que ces deux hommes avaient une part de responsabilité dans l’explosion des bombes qui ont endeuillé Florence, Rome et Milan entre avril et juillet 1993. Comme dans l’assassinat des juges Giovanni Falcone et Paolo Borsellino.
L’Unita affirme que le parquet a retenu le délit de massacre à l’encontre du sénateur Dell’Utri et de Silvio Berlusconi, établi par l’article 422 du code pénal italien mais le quotidien ne parvient pas à dater la date de cette inscription dans le dossier.
En revanche, le journal assure que les substituts Giuseppe Nicolosi et Alessandro Crini qui mènent cette enquête sous l’autorité du procureur en chef Giuseppe Quattrochi mènent leurs investigations à l’encontre du sénateur et du président du Conseil, Silvio Berlusconi.

Les aveux d’un repenti

Le Palais de Justice de Florence ne dément ni ne confirme cette information dont la véracité provoquerait une onde de choc qui ébranlerait non seulement l’Italie, mais aussi l’Europe, voire les Etats-Unis qui ont entretenu dans le passé des rapports tenus avec l’Italie tant les deux pays ont eu maille à partir avec la Mafia.
Les juges de Florence auraient obtenu, pour étayer leur dossier d’accusation, des aveux de Gaspare Spatuzza, un tueur repenti qui aurait déclaré ceci en juin 2009 : Les frères Graviano, boss de Brancaccio, m’ont dit que nous n’étions pas responsables des attentats de Florence, de Milan et de Rome car c’était du terrorisme. Mais ils m’ont dit qu’il fallait les revendiquer, car ainsi on ferait bouger ce qui devait bouger. Puis, il détaille la rencontre du de janvier 1994, au bar Doney, via veneto à Rome : Giuseppe Graviano m’a dit que nous avions obtenu tout ce que nous cherchions. Il me parla de Berlusconi et de Dell’Utri : avec eux nous avions le pays entre nos mains. Les frères Graviano n’ont ni confirmé n’ont ni démenti ces propos mais ils ont confirmé l’existence de cette rencontre.
Accusation gratuite d’un ancien malfrat ou première pierre d’un dossier qui est en train de se constituer et qui le fera irrémédiablement tomber, Silvio Berlusconi va devoir gérer cette affaire comme les généraux algériens ont dû le faire lorsqu’ils ont été accusés d’être co-responsable des massacres commis par le GIA. Quelle que soit la qualité de sa défense, il sera désormais soupçonné d’être, d’une manière ou d’une autre, impliqué dans des attentats terroristes. A la différence de la télévision italienne, privée comme publique, la presse, L’Unita, La Repubblica, La Stampa ne le lâchera pas car les juges Falcone et Borsellino sont des icônes nationales que l’on vénère quelle que soit son appartenance politique. Etre, d’une façon ou d’une autre, impliqué dans leur élimination, vous discrédite à tout jamais.

Négociation avec Cosa Nostra

Comme le pouvoir algérien, la Mafia, aidée par certains hommes politiques, aurait pratiqué, comme le considère Sergio Lari, "une stratégie de la tension". Comme les coups portés par les juges Falcone et Borsellino étaient trop efficaces,la Mafia aurait proposé, à partir de 1992, un pacte à l’État : l’arrêt des attentats en échange de l’indulgence. Un accord aurait donc été négocié en 1994 entre les services secrets italiens, quelques hommes d’affaires et des responsables de Cosa Nostra. Aux termes de celui-ci, Toto Riina était arrrêté. Bernardo Provenzano devenait le chef de la Mafia et Forza Italia, le parti politique de Silvio Berlusconi pouvait voir le jour dans une Italie apaisée.
Très probablement, Toto Riina, l’homme le plus féroce du clan de Corleone a été vendu par quelqu’un, en échange d’une nouvelle politique de Cosa Nostra. En échange d’une paix avec l’État, assure Attilio Bolzoni, spécialiste des enquêtes sur la mafia La Repubblica.
Luigi Ilardo, « homme d’honneur » de la mafia, qui a rencontré, en février 1994, le colonel Riccio à Messina. Et celui-ci a déclaré avant d’être assassiné le 10 mai 1996 dans sa ville de Catane : Il a été décidé que tous les représentants des différentes organisations présentes sur le territoire national devaient voter Forza Italia. Les chefs de Palerme ont établi un contact avec un membre important de l’entourage de Berlusconi qui nous a promis qu’en échange de l’appui électoral, il garantirait des nouvelles lois en faveur des accusés et même des couvertures pour le développement de nos intérêts économiques. Ce témoignage fût classé sans suite.
Pour la première fois depuis quatorze ans, le nom du sénateur Marcello Dell’Utri, bras droit de Berlusconi, déjà condamné à neuf ans de prison pour complicité d’association mafieuse, apparaît officiellement dans cette enquête. Ainsi que celui de Silvio Berlusconi. Ce qui constitue, en soi, une révolution.
Nul ne sait, à ce jour, si les juges disposent d’éléments à charge suffisants pour instruire un procès dont les principaux accusés seront le président du conseil italien et son principal collaborateur.
Cependant, il est impossible de ne pas faire l’analogie historique avec l’époque où l’union de la magistrature et de la presse italienne avait permis de démanteler la Mafia.

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8 Commentaires

  1. Fabien le 7 août 2010

    N’importe quoi ! ;D



  2.  le 7 août 2010

    Billet un peu confus qui mélange un peu tout avec des choses inexactes, mais sur le fond c’est bien de ça qu’il s’agit.Quand au commentaire qui précède, c’est en effet n’importe quoi (le commentaire, pas le billet).Je suppose que le dénommé Fabien dit ça par conviction personnelle, mais la conviction personnelle, quand on ne sait pas de quoi on parle, ça s’appelle de l’ignorance...Jean-Marie Le Ray



  3.  le 7 août 2010

    En effet, réagir par un n’importe quoi agrémenté de la petite frimousse qui va avec à ce résumé assez bien appuyé sur une page capitale de l’histoire d’Italie, je n’en verrais pas l’intérêt. Face à ce récit et aux faits auxquels il renvoie, je pense que l’on peut tout dire, sauf n’importe quoi.



  4.  le 9 août 2010

    Aujourd’hui personne ne peut nier de manière sérieuse l’imbrication politico-mafieuse dans la stratégie de la tension ayant eu lieu aux débuts des années 90. L’attentat de la gare de Bologne, exemple parmi d’autres, est l’œuvre de la mafia assistée ou couverte par les services secrets italiens. Lesquels services secrets comportant d’ailleurs bon nombre d’éminences grises de la P2, dont il se dit qu’elle renait de ses cendres. Bref la thèse selon laquelle Dell’Utri et Berlusconi seraient, sinon les commanditaires du moins auraient négocié en échange d’une relative impunité, les assassinats de Falcone et Borselino, est crédible mais implique d’être documentée. Une chose est toutefois avérée, les deux compères B et D ont partie liée avec les clans, l’un ayant été condamné l’autre le sera tôt ou tard en fonction de sa longévité politique...Il reste à savoir jusqu’où cette imbrication a pu aller.



  5.  le 9 août 2010

    je serai intéressée par l’explication un peu plus fourni du "n’importe quoi" cité en début de forum. Car en ces temps ou l’information n’a jamais été aussi accessible ( bien que souvent noyée) ; il semble qu’une partie non négligeable de nos concitoyens se réfugie dans le déni de réalité politique qui fait malheureusement le lit du populisme et de la répétition tragique de l’Histoire. Il serait assez cynique que nos chères élites aient raison sur un point, soulevé dèjà en son temps par De Gaulle , à savoir que les "les français sont des veaux".Il l’a souvent employée quand il les voyait ne pas réagir ou se considérer comme battus avant même d’avoir engagé le fer. dixit son fils .Et de veau , Fabien, vous en faites un beau...mais l’apanage du veau n’est il pas d’aller serein à l’abattoir !



  6. charlie le 9 août 2010

    article étrange !!!Mais quand on veut diffamer on raconte ’n’importe quoi’ avec des ’si’ ’je crois’ ’on m’a dit’



  7. CB56 le 10 août 2010

    "N’importe quoi" mais encore ?

    Marcello Dell’Utri, fondateur du parti Forza Italia, bras droit de Silvio Berlusconi a été condamné par la cour d’appel de Palerme à 7 ans de réclusion. Motif : le tribunal a confirmé que Dell’Utri avait entretenu des rapports constants et étroits avec Cosa Nostra du début des années 70 à 1992. Jugement du mardi 29 juin 2010.

    Pour les faits postérieurs à 92, Dell’Utri a été acquitté par manque de preuves.

    Par ailleurs, Silvio Berlusconi qui a attaqué à maintes reprises les juges qualifiés, je cite, de "communistes", veut interdire la publication des écoutes judiciaires dans les médias ce qui fait hurler la presse italienne indépendante, grosso modo les journaux qui ne lui appartiennent pas dont les 3 plus importants quotidiens italiens : Il Corriere Della Sera, La Stampa, tous deux de droite et La Reppublica de gauche.

    Je ne connais pas Il Fatto Quotidiano de Sicile mais L’Unita est l’équivalent italien de l’Humanité ce qui pourrait relativiser les informations qu’elle donne sauf que concernant la loi sur la publication des écoutes dans les médias, les journaux italiens seraient passibles d’amendes pouvant atteindre 450 000 euros... ce qui m’amène à dire que publier des informations aussi explosives que celles qu’on a lu dans l’article d’Emmanuel Schwartzenberg... pour un journal qui n’atteint même pas les 60 000 exemplaires, ce serait suicidaire s’il n’y avait un minimum de vérité. Un procès argumenté signifierait la mort de ce journal.

    PS : Fabien, vous me semblez jeune et plein de certitudes, je me fous des bovidés, veaux, vaches, boeufs, taureaux, etc... vos opinions ne sont probablement pas les miennes. Mais apprenez à argumenter, ce serait bien pour tout le monde.

    PS2 : J’ai beaucoup de respect pour Il Fatto Quotidiano que je ne connais pas parce que faire un journal en Sicile quand il y a la mafia, c’est autre chose que poster des commentaires sur Internet en France.

    PS3 : Les Juges Falcone et Borsellino ont payé de leur vie leur travail contre la Mafia. On leur a dédié le nom de l’aéroport de Palerme...



  8. aglio|e|cipolla le 11 août 2010

    Il Fatto Quotidiano est un journal basé à ROMA (Rome) ... OM



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