"Bakchich", la sortie du tunnel
Le site d’information Bakchich prépare une nouvelle levée de fonds et entend bien être à l’équilibre pour la rentrée. Avec pour objectif d’augmenter son trafic avec une nouvelle maquette.
Il s’en faut de très peu pour que le site Bakchich.info ne réussisse son pari. A quelques milliers d’euros près, ce pure player de l’information devrait atteindre le point d’équilibre à la fin de l’été.
Parmi les trois qui se sont lancés sur le Net, Mediapart puis Rue89, Bakchich était certainement le moins doté. En deux ans et demi, le site a levé 1,5 million d’euros, alors que Mediapart en avait près de 4 pour son lancement ! Gourmand, le site d’Edwy Plenel a tout dépensé et cherche désormais 2 millions supplémentaires. Parent pauvre des pure players, le petit site, avec son ton rentre-dedans, a aussi mis plus de temps à s’imposer et à gagner en légitimité.
Bakchich a commencé avec trois actionnaires de références : Xavier Niel, le patron de Free, Alexandre Allard, qui a racheté le Royal Monceau, et l’homme d’affaires belge Jean-Jacques Coppée. Une pincée de "love money", et celui des fondateurs. A noter que Fabien Baussart n’a finalement pas investi dans le site. Aujourd’hui, le site est à la recherche d’un supplément pour passer à la vitesse supérieure avant d’annoncer fièrement qu’il est rentable. "Nous avons réduit considérablement nos dépenses. Avant, elles étaient en tout de 70 000 euros pas mois, aujourd’hui c’est 50 000", souligne Nicolas Beau, l’un des fondateurs et directeur de la rédaction.
400 000 visiteurs
Dans l’autre plateau de la balance, le site dégage environ 20 000 euros par mois de publicité - Google et la régie Hi-Média-, et 20 000 autres, en gros avec la vente d’articles aux Télégramme de Brest et Siné Hebdo, mais aussi quelques abonnements - 2 500, mais avec 200 nouveaux tous les mois. Reste 10 000 euros à trouver par mois, "nous sommes dans l’attente d’un nouveau partenaire, qu’on espère pouvoir annoncer bientôt", indique Nicolas Beau. Seulement voilà, de l’argent dans les caisses, il n’y en a que jusqu’en juin... Mais ce n’est pas l’opération de la dernière chance, car selon Bakchich, les actionnaires seraient d’accord pour continuer à investir dans le site, qui a montré qu’il était capable de présenter une gestion assainie.
"Bakchich est potentiellement en meilleur santé que les deux autres, car nous avons su être prudents", rappelle le directeur. Trois autres personnes devraient également mettre un peu d’argent dans le site, car l’urgence maintenant est de passer le seuil d’audience des 400 000 visiteurs uniques mesurés par Nielsen. Pour cela, le site doit renouveler sa maquette, professionnaliser encore sa structure de production, bref, devenir un média incontournable, sans perdre son ton irrévérencieux. Dont certains prédisait qu’il ferait fuir les annonceurs, ce qui se révèle être faux : "depuis le début du mois la publicité connaît un franc rebond, les annonceurs de tous horizons se pressent, à quelques exceptions près", renchérit Nicolas Beau.
