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Premier gouvernement Hollande, la culture du numérique

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Facebook : Mauvaise publicité avant l’introduction en bourse

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Free Mobile, la "passation" des 3 millions d’abonnés en vue

Le 15 mai 2012, Web 1,2,3

Premier point d’étape, Free Mobile a recruté 2,6 millions d’abonnés. Xavier Niel propose un rapprochement avec le réseau d’Orange. Iliad entend doubler ...

Avis de tempête sur les patrons du jeu vidéo

Le 12 Mai 2010 dans Gaming par François Bliss de la Boissière

Ça chauffe dans les états-majors du jeu vidéo depuis quelques semaines sans que l’on identifie de façon sûre ce qui provoque cette brusque ébullition. Plusieurs patrons du jeu vidéo viennent ainsi de quitter coup sur coup leurs fonctions. À ce niveau de responsabilité, toujours officiellement "volontairement". Dernier en date, Philippe Sauze, directeur de la branche France, Benelux et Italie d’Electronic Arts depuis dix ans. Il faisait partie de l’aventure EA en France depuis 15 ans. INDICES…

Aux USA, le président de LucasArts depuis deux ans, Darrel Rodriguez, a démissionné de son poste, suivi par une partie de son équipe de responsables. Il avait pris la place de Jim Ward qui avait lui-même démissionné brusquement en 2008 après dix ans de services. Fin avril, Mike Griffith, président et responsable d’édition d’Activision-Blizzard, démissionne deux mois avant la fin de son contrat. Chez Atari, le retour du fondateur historique de la société pionnière du jeu vidéo dans les années 1970, Nolan Bushnell en personne, signe surtout le départ définitif des deux derniers responsables engagés dans la réforme d’Atari, Phil Harrison, ancien de Sony Computer, et David Garner, ancien d’Electronic Arts qui n’ont, pour l’instant, pas trouvé de point de chute dans le milieu.

Remerciements

Les motifs de ces départs, souhaités ou non par les intéressés, peuvent être multiples. Publications des résultats financiers de la fin de l’exercice 2009, conflits avec les objectifs des actionnaires, restructurations majeures entreprises chez certains comme Electronic Arts, Sega, ou Atari toujours et encore en chantier. Et, plus nouveau, les litiges ouverts entre management et équipes stars de développement. Ainsi, cas qui fera sûrement école et qui aura probablement valu le départ du fusible Mike Griffith, le conflit non maîtrisé et encore en cours entre l’éditeur Activision-Blizzard et les équipes de développement interne pourraient se généraliser.

Nouveaux conflits ouverts

Pas toujours bien connues, pas forcément des stars publiques, les équipes capables de créer, à répétition, des jeux qui rapportent des millions ou des milliards de dollars, comme celles derrière Modern Warfare ou Halo, peuvent peut-être finir par adopter des postures de divas et forcer de nouveaux comportements, de nouveaux contrats. C’est ce que laisse entendre Activision à propos des anciens patrons du studio Infinity Ward licenciés sans précaution pour "insubordination", "parce que l’alternative", c’est à dire les garder au sein de la société, "n’était plus possible" a fini par lâcher le grand patron de la société américaine Bobby Kotick lors de la publication des résultats du premier trimestre d’Activision-Blizzard.

Transferts de fonds

Plus mystérieux encore que le transfert de joueurs de football, le discret et pourtant lourd chemin parcouru par le studio Bungie de Microsoft, qui a fait le succès de la Xbox avec Halo, jusqu’à Activision où l’équipe devra prouver sa capacité à créer un projet aussi lucratif après Halo, s’est fait dans une discrétion totale et une douceur affichée qui ne disent rien des déchirements culturels et économiques en jeu. Qui sait les détails des tractations entre les uns et les autres ? Pour l’instant tout va bien. Mais à l’heure des comptes, quand il faudra tirer un trait sous les millions de revenus de la série Halo à partager entre Microsoft et les enfants "ingrats" de Bungie partis sous d’autres cieux, qui sont ou seront les fusibles en cas de griefs justifiés ou exprimant de l’amertume ? Nouveau dans le milieu, ce sont les avocats qui prennent parfois la parole à la place des intéressés comme dans le cas des exilés d’Infinity Ward.

À qui le tour ?

Et l’hémorragie ne semble pas finie. Aux dernières nouvelles, même dans les nouvelles marges de l’industrie du jeu vidéo, Mark Pincus le patron de Zynga, important fournisseur de jeux sur Facebook, a annoncé à ses salariés, non pas tout à fait son départ, mais une séparation imminente avec Facebook. Un split majeur qui, s’il se confirme, tombe au moment où le site communautaire enregistre une baisse marquante de ses joueurs depuis le changement du système de notification en mars dernier. Le jeu FarmVille (justement signé Zynga) a perdu en un mois 4,4 millions de ses pratiquants mensuels (82,8 millions). 18 des 25 jeux les plus populaires sur Facebook ont perdu des adeptes en avril, dont une douzaine au moins un million d’utilisateurs. Le portail de jeux casuals MindJolt Games aurait lui-même encaissé une perte de 8 millions de joueurs.

Eux aussi

Les divorces et départs récents de patrons "administratifs" s’accompagnent également de pointures du terrain au profil plus artistique aspirant aussi, officiellement, à d’autres projets. Tranquillement, pour des raisons personnelles, et apparemment sans procès d’intention en cours, le directeur créatif d’Ubisoft Canada Clint Hocking a ainsi démissionné après neuf ans de services. Il a été au cœur de trois jeux qui se sont vendus à 12 millions d’exemplaires : deux Splinter Cell et Far Cry 2. Au Japon, un des créatifs du studio PlatinumGames que l’on croyait inséparable du groupe fondé après émancipation d’avec Capcom, réalisateur du musclé et incompris Madworld sur Wii, a rejoint la star Shinji Mikami (Resident Evil entre autre pedigree) parti encore une fois créer un nouveau studio, (Tango).

Chaises tournantes ici comme ailleurs

Quelques nominations heureusement contrebalancent ce mouvement et prouvent que le jeu des chaises musicales a bien lieu là comme ailleurs. Promotion pour Alan Pritchard, responsable européen de Sega en pleine restructuration. Il prend la tête du marketing de Sega America et laisse sa place à Jurgen Post lui-même responsable du Benelux. Denise Kalgler, une vice présidente de Nintendo of America ayant quitté ses fonctions en novembre dernier est devenue, en avril, responsable marketing de 38 Studios, un spécialiste du jeu en ligne. Un ancien responsable des studios mondiaux de Sony Computer, Jamie Macdonald, a rejoint le studio de développement britannique Codemasters en tant que Senior Vice President de la production. Mais il devra peut-être participer à la procédure judiciaire inhabituelle entreprise par Codemasters à l’encontre d’un nouveau studio de développement concurrent. Selon la plainte du spécialiste de la simulation automobile (Colin McRae, Grind…), Playground Games aurait récupéré un nombre assez conséquent de talents et de savoir-faire (15 personnes) pour se voir accusé devant la justice de porter préjudice au développement de ses prochains jeux de simulation.

L’écume des jours

Toute cette agitation au sommet n’est évidemment qu’une écume au-dessus d’une industrie qui avance contre vents et marées, toujours le vent en poupe, et qui pourrait peser 65 milliards de dollars d’ici à 2013. Les vagues sont inévitables. Nouveauté, stigmatisant une industrie encore en cours de… pacification, aux mœurs et aux relations sans cesse bousculés par des rentrées d’argent digne d’une loterie, les conflits se font de plus en plus au grand jour. Et, qu’ils soient directement coupables ou pas, les dommages collateraux peuvent être des patrons. Peut-on vraiment imaginer, au moment où, dans une échelle moindre, Codemasters accuse un concurrent de lui subtiliser ses forces vives, que le monstrueux différent qui oppose Activision et les patrons et ex employés du studio Infinity Ward (ayant générés plusieurs milliards de dollars avec leurs créations) épargnera indéfiniment le géant Electronic Arts qui dit les accueillir en toute bonne foi ?
Quant au patron français d’Electronic Arts, Philippe Sauze (cf interview EL), dont le départ prévu pour juillet a fuité vendredi dernier, le message en provenance de ses bureaux se contente d’évoquer un "nouveau projet professionnel". Preuve tout de même de la brusquerie de la manœuvre, comme à la tête de LucasArts, son remplaçant n’est pas encore connu.

Photo de Une, DR : Philippe Sauze, DG EA France sur le départ

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