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Avatar, avec ou sans entracte : la France coupée en deux (MàJ)

Le 23 Décembre 2009 dans So_cult’ par François Bliss de la Boissière

Ce n’est pas officiel, et pourtant il existe deux versions publiques du film Avatar en France. Une projetée sans interruption dans l’intégralité de ses 2H41. L’autre avec un entracte incongru placé au petit bonheur au milieu. La première, décidée par l’auteur James Cameron. La seconde improvisée par des exploitants de salle en France sous le regard ponce pilate du distributeur. Une habitude apparemment prise pour les grosses productions américaines. Avatar est-il un blockbuster comme les autres ? Qu’est devenue la France, capitale culturelle du cinéma ? ENQUÊTE...

PETITS ARRANGEMENTS AVEC LE PUBLIC. Révélé en exclusivité ici et découvert presque par hasard, l’entracte forcé au milieu du film Avatar dans plusieurs centaines de cinéma soulève une pratique curieuse dans les campagnes françaises. Organisée par certains professionnels, tolérée par les autres. Interrompre le film projeté en salles pour y passer des publicités et vendre du pop-corn alors que les auteurs ne l’ont pas conçu ainsi fait entrer la France dans un tiers monde culturel auquel on n’imaginait pas la "capitale" culturelle du cinéma appartenir. Que des blockbusters américains à rallonge soient essentiellement concernés justifie-t-il ce charcutage sauvage ? Lancé comme tel, Avatar n’est de toutes façons pas un "blockbuster hollywoodien" typique. Une semaine après sa sortie, désormais entre les mains du public, tout le monde doit avoir compris qu’il s’agit là du pari fou d’un cinéaste hors norme, d’un véritable auteur jonglant avec des outils inventant le futur. Est-il normal de fermer les yeux sur la pratique de l’entracte forcé en pleine séance dans le pays des principes, des auteurs, de la Nouvelle Vague, de l’avance sur recettes, du Festival de Cannes et autres mignardises et idées nobles qui entretiennent la vitalité du cinéma hexagonal là où les autres pays européens ont depuis longtemps baissé le pavillon ?

Révélations

Formidable révélateur des vertus durables et artistiques du relief, de la crédibilité des créatures numériques, de l’efficacité de la performance capture, de la projection numérique, le futuriste Avatar met aussi à jour malgré lui des pratiques mercantiles d’un autre monde. Une pratique obscure niée par la distribution, étouffée par les observateurs attitrés pourtant indépendants, mais publique puisque des centaines de milliers de spectateurs sont concernés. Sans être forcément avertis de cette différence de traitement entre les salles de la capitale, épargnée, et le reste du territoire français. Alors même que dans la logique de la télévision ou des services mobiles, le prix du billet d’entrée pourrait varier d’une salle à l’autre en fonction de la présence ou pas, au milieu, de la publicité. Le Groupe de cinémas CGR fondé en 1974 pilote près de 400 salles en France, dont 380 sont déjà passées au numérique. Avatar est ainsi projeté dans 200 salles CGR, toutes en relief. Ce qui représenterait, selon l’exploitant, 20% des entrées *. Et avec un entracte de 10 minutes qui n’existe ni dans les salles parisiennes ni, jusqu’à preuve du contraire, dans la tête de James Cameron.

Exploitation, un mot avec une histoire

"Le Groupe CGR ne fait que de l’entertainment" souligne la journaliste Emma Deleva de l’hebdomadaire professionnel Écran Total, "Il ne gère que des multiplexes et ne passe aucun film dit d’Arts & essais. C’est la génération pop-corn". Pionnier de l’équipement numérique en France, CGR a déjà eu le temps d’expérimenter la projection numérique 3D à base de lunettes actives, avant de réinvestir dans un procédé privilégiant les lunettes passives moins coûteuses, quand d’autres groupes d’exploitants historiques comme UGC, totalement en retard d’une révolution, n’a équipé aucune de ses salles en digital. "Le numérique est un marché de dupe" se justifie son PDG Guy Verricchia dans une interview récente. "Le surcoût que la 3D implique est à la seule charge de l’exploitant" se plaint dans une autre interview Jean Labé, président du FNCF (Fédération nationale des cinémas français). Avec une franchise louable, le directeur d’exploitation du groupe CGR, Loran Abadie, l’avoue sans détour : "C’est vrai qu’il nous arrive de créer des entractes dans les films qui atteignent ou dépassent les 2H30, même pour des projections en 35 mm." Puis d’expliquer que cela permet de projeter le film dans plusieurs salles d’un même multiplexe : "À l’entracte les bobines du début du film sont transportées et utilisées dans une autre salle en parallèle". Voilà l’explication des projections alternées toutes les demi heures avec éventuellement une seule copie du film. Les versions numériques des films permettent de jongler encore mieux avec les multi projections puisqu’un seul fichier de plusieurs Terra octets sur un disque dur suffit. Une clé d’autorisation est allouée par salle de projection. Notons au passage que l’évolution du tout numérique va jusqu’à permettre à l’exploitant de télécharger par satellite les spots publicitaires eux aussi en versions digitales.

La 3D a bon dos

Mais pourquoi couper aussi Avatar, un blockbuster, sans doute, mais un film pensé et monté au millimètre pendant quatre ans par son omnipotent maître d’œuvre ? "Nous pensons que 2H40 de film en 3D finit par fatiguer et qu’un entracte est bienvenu" justifie Loran Abadie. Pour vendre aussi des confiseries, n’est-ce pas ? "Bien sûr que cela augmente les chiffres de la confiserie" concède-t-il sans hypocrisie, "Nous sommes une entreprise, mais nous ne travaillons pas à court terme". Sous-entendu, ce n’est pas le premier objectif. "Le Luxembourg et la Suisse ont pour habitude historique de couper les films en deux" se dédouane Abadie. "Les Pays-Bas aussi insèrent des entractes" enchaine un spécialiste du secteur qui préfère garder l’anonymat devant un sujet qui va fâcher, "l’Italie depuis longtemps, la Belgique flamande et ses fameux Kinépolis également, mais pas en Wallonie !". "La Russie, la Grèce ont des "entractes culturels"" confirme un autre professionnel de la profession sous anonymat, "les spectateurs se donnent rendez-vous au bar attenant pour parler du film". Mais pas en France. Cameron aurait ainsi déjà prévu où placer la coupe dans son film en prévision de ces marchés atypiques subodore-t-on sans rien pouvoir prouver. Aux Etats-Unis, le film est bien projeté sans interruption, confirme le journal Variety.

Entracte au forceps

Le Seigneur des Anneaux, King Kong, Harry Potter… après Warner, Sony, Fox, même Disney laisse faire l’exploitant. "Les Pirates des Caraïbes ont été coupés en France". Une habitude prise à partir d’une durée de 2H30. "La fatigue liée à l’utilisation de lunettes passives pour la 3D n’est pas vraiment crédible" décrypte un des spécialistes incognito. Plus légères (quelques grammes) que les pesantes lunettes actives (30g environ), les lunettes passives s’avèreraient non seulement plus supportables sur la durée mais plus efficace pendant la projection. "Pas d’anomalie selon la place excentrée du spectateur dans la salle" nous explique-t-on. Les multiplexes de CGR n’utilisent plus que le procédé avec lunettes passives, l’éventuel inconvénient de confort ne tient plus guère.

Autant en emporte l’auteur

"Les films de 4h comme Autant en Emporte le Vent ou très long pour son époque, tel 2001 l’Odyssée de l’Espace (2h30) avaient officiellement des entractes" rappelle le critique Gérard Delorme du magazine Première. Les longs films des années 50 et 60 comme Ben Hur nécessitaient d’être interrompus pour changer les bobines. "Stanley Kubrick avait planifié précisément l’entracte de 2001 avec une musique spéciale" explique Delorme. La reprise de la deuxième partie du film commençait avec un écran noir pour mieux préparer le spectateur à l’expérience. "Il semblerait qu’à partir de la limite des 2H20 de film, l’exploitant perd une séance par jour" et pourrait s’autoriser une coupure artificielle. "Il n’y a pas de loi qui interdise aux propriétaires de salles de saucissonner le film à leur guise", précise Delorme, "Je crois que l’exploitant a tous les droits". "Il faudrait demander à un juriste" réplique un interlocuteur pourtant bien placé alors que tout conduit vers un vide juridique comblé par des ententes tacites. "Avec un film long comme Avatar, le nombre de séances est réduit" confirme Emma Deleva d’Écran Total, "l’entracte et ses ventes de confiserie sont un bon moyen d’augmenter les recettes annexes et de rattraper l’éventuel manque à gagner." Celles-ci ne sont pas comptabilisés dans les recettes billetteries partagées avec le distributeur. C’est tout "bénef" pour l’exploitant.

Kubrick / Lucas / Cameron

L’ambition technique, artistique et culturelle d’Avatar douze ans après Titanic confirme que chaque film de James Cameron devient phénomène et place le réalisateur canadien sur le sillon interstellaire laissé par Stanley Kubrick. Un bâtisseur de mondes, un réalisateur dont on ne mesure pas les qualités d’"auteur" aux moyens qu’il utilise. Bien tardivement, il vient tout juste d’être adoubé d’une étoile sur le fameux Walk of Fame d’Hollywood Boulevard. S’il avait envisagé un entracte, nul doute qu’il l’aurait travaillé avec au moins autant de soin que Kubrick. Comme George Lucas en son temps avec ses cinémas labellisés THX, dont la fameuse salle du Forum des Halles à Paris, Cameron aurait supervisé l’équipement technique utilisant la technologie Dolby 3D du Gaumont Marignan en bas des Champs-Élysées. Ou du moins validé les choix techniques comparables à ceux définis à l’Empire Leicester Square de Londres où a eu lieu la première mondiale du film le 10 décembre.

Pas d’entracte pour les applaudissements

"Le film est tellement bien raconté qu’il passe à toute vitesse" s’enthousiasme sans forcer Gérard Delorme. À quoi bon un entracte ? La richesse visuelle de chaque plan occupe sans ennui chacune des 161 minutes du film. Ce que confirme sans mal chaque spectateur croisé dans la capitale. De la salle culte Max Linder au cœur de Paris qui inaugure sa première projection 3D avec Avatar, aux salles périphériques 2D avec matériel vieillissant d’UGC (et premières minutes anamorphosées puis mal calé en hauteur…), aux salles numériques du circuit MK2 de Marin Karmitz qui n’a pas raté le virage numérique malgré son profil Arts & Essais, les gens applaudissent spontanément à la fin du film. À chaque séance. Des premières du mercredi de sortie comme à celles du dimanche matin hivernal où le public vient en masse au lieu de rester au chaud chez lui. Est-ce le cas en province où la montée en puissance émotionnelle du film est brisée par l’entracte artificiel ?

Omerta

"La Fox, distributeur d’Avatar, a préconisé l’endroit où couper le film" indique sans hésiter un des professionnels anonymes de la profession. "La France est le premier marché du cinéma en Europe", rappelle-t-il, "Lightstorm Entertainment, la société de James Cameron et son producteur Jon Landau, supervise toutes les données techniques dans le monde et est forcément au courant de tout". Publiquement, le distributeur du film en France couvre ses arrières, nie en bloc la pratique et monte sur ses ergots : "Nous ne cautionnons pas l’entracte de CGR, c’est une décision de l’exploitant !" tempête Frédéric Monnereau, directeur des ventes de Fox France, "C’est l’exploitant qui décide !". Tranquille, CGR assure que projeter Avatar avec entracte dans 200 salles ne peut pas se faire sans que tout le monde soit au courant, ou d’accord. "Harry Potter, Twilight et 2012 ont été coupés", s’indigne un Monnereau pointant du doigt la concurrence tout en refusant d’endosser la responsabilité, "Pourquoi s’acharner sur Avatar ?". Parce que le film a été promu comme un prototype grand public susceptible de changer le visage et les anciens usages du cinéma, techniques, artistiques et même commerciaux si l’on se rappelle les 15 minutes de projection offertes dans les salles cet été. Et qu’il tient ses promesses sur tous les fronts. Des soulèvements de paupières de Jake Sully en humain puis en Na’vi qui ouvrent et concluent le film, du premier plan au dernier, Avatar demande à tous d’ouvrir les yeux.

* Depuis sa sortie le 16 décembre en France et le 18 décembre en Amérique du Nord, Avatar a récolté 165,5 millions de $ de recettes à l’international (106 pays) et 76,8 millions de $ aux USA et Canada (chiffres revus à la hausse après premier relevé) le plaçant en 2e position du record de sortie en décembre derrière Je suis une Légende (Will Smith) et le record de sortie pour un film original (non dérivé, non suite, non remake). Sur le continent nord américain le film est présent dans 3542 cinémas comprenant 3129 salles en 3D et 179 salles 3D IMAX pour 60% des recettes). Soit 242,3 M$ de recettes pour un budget estimé entre 200 et 300 M$ pour la réalisation et 500M$ en incluant le marketing.- Màj : Pour sa première semaine d’exploitation en France du 16 au 22 décembre, le film a attiré 2 648 596 spectateurs répartis dans un parc de 726 salles. Mieux que les derniers records de 2012 et Twilight Chapitre 2. 1 650 000 de ces spectateurs ont vu le film en 3D.

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20 Commentaires

  1. antoine le 23 décembre 2009

    À l’entracte les bobines du début du film sont transportées et utilisées dans une autre salle en parallèle". Voilà l’explication des projections alternées toutes les demi heures avec éventuellement une seule copie du film.

    Hein ? En quoi ça justifie une interruption pour le spectateur ?Une fois la première bobine finie et l’autre enclenchée (invisible pour le spectateur comme ça se fait depuis un siècle dans tous les cinéma), ils peuvent faire ce qu’ils veulent de la première bobine.

    Moi pas comprendre



  2. PC le 23 décembre 2009

    Bonjour à tous (et surtout aux exploitants),

    La mise en place d’une loi s’impose obligeant la projection intégrale et sans interruption de toutes les oeuvres cinématographiques sauf si l’auteur / réalisateur du film en a décidé autrement (entracte conçu par lui comme pour Ben-Hur). Si cette pratique venait à toucher Europalaces après CGR, etc., je n’irai plus au cinéma !

    PC



  3. Benjamin le 23 décembre 2009

    @antoine : bah oui c’est si simple de passer à l’autre bobine :-)Les bobines pèsent un poids conséquent ;Certains cinémas ont des plateaux spécialement pour cela ;D’autres non ;Les projectionnistes doivent donc parfois jongler avec les bobines.



  4. Janvier le 23 décembre 2009

    Le tiers-monde culturel c’est d’aller voir ce film idiot qui n’a guère sa place que dans un parc d’attraction.



  5. Thomas le 24 décembre 2009

    J’ai aimé le film, j’aime l’oeuvre de son réalisateur, mais d’apprendre grâce à vous que la réalisation d’un flm long de 5 heures fera de moi un grand cinéaste m’a "bien fait golri". La pratique honteuse de certains exploitants vous autorise à quelques raccourcis dont Cameron n’a guère besoin.



  6. apylam le 24 décembre 2009

    "En France, le film a attiré en 5 jours 1 806 spectateurs répartis dans un parc de 726 salles."

    C’est vraiment le bon chiffre ? Ca semble ridiculement faible.



  7.  le 24 décembre 2009

    Apylam, ce n’est pas 1806 entrées mais 1 806 000 entrées de mercredi à dimanche.A l’heure d’aujourd’hui, il en est à 2 648 596 entrées en première semaine.



  8. Ranx  le 24 décembre 2009

    Ayant travaillé dans un cinéma, j’ai déjà vu ce genre de pratique. Et elles sont dûes aux films qui durent généralement très longtemps. C’est un problème techniques, dû aux bobines qu’il faut changer. Alors oui, les films qui durent 4 h coutent chers à produire, ce sont donc souvent des blockbusters qui ramènent ados et famille. Oui, cette coupure permet de vendre de la confiserie (à l’Opéra ou au théâtre, ça permet aussi de faire vivre le bar mais Molière, Shakeaspeare et les autres s’en sont remis depuis bien longtemps), confiserie sur laquelle l’employé moyen touche parfois un pourcentage (ce qui fait un peu mieux que son SMic, merci). Mais croire que les films sont volontairement interrompus, faut franchement être con.

    Et il faut arrêter de confondre "culture" et "divertissement". Avatar / Twilight / Harry Potter et les autres sont fait pour divertir, c’est comme au cirque, on vient pour en prendre plein les yeux, pour se vider la tête et pour s’amuser entre amis. ça n’a rien à voir avec un Truffaut, un Kaurismaki ou autre..

    Ou alors, on peut dire que Mozart et les Musclés, même combat puisqu’ils font tous les deux de la musique ?



  9. Ranx  le 24 décembre 2009

    "le futuriste Avatar met aussi à jour malgré lui des pratiques mercantiles d’un autre monde"

    Je peux rire là ? Parce qu’avant le film, j’ai eu le droit à Coca Zéro, Nokia et d’autres pubs me vantant (me spoilant) tout le film avec des extraits inédits. C’est la première fois que je vois un "film d’auteur" ayant un tel merchandising avant la projection.

    Alors les pratiques mercantiles de la marchande de popcorn à coté du rouleau compresseur des coca et autres téléphones... Il semble que vous aillez l’oeil sélectif sur ce qui vous offusque...



  10. LURF le 24 décembre 2009

    Le cinema comme en Inde“ chronique d’échanges cordiaux entre un amoureux de cinéma et la direction des CGR”

    Mail envoyé le lundi sur le site web CGR, suite à une séance décevante pour AVATAR

    DU CINEMA COMME EN INDE

    Je me demande si vous ne devriez pas virer votre directeur marketing...

    Je suis un grand consommateur de cinéma et le MegaCGR de M. ne répond pas plus à mes attentes. Si la qualité de l’image, la technologie 3D et le son se sont améliorés ces dernières années, les services que vous offrez sont de plus en plus déplorables. Je m’explique :- les files d’attente ne sont pas gérées, ce qui occasionne des bousculades dangereuses pour les enfants, et un énervement de tous- les salles ne sont pas nettoyées entre les séances- les salles sont surchauffées, ou trop froide, en fonction du nombre de personnes présentes- les films sur bobines sont abimés 3 jours après leurs sortie (Transformer II)- on nous IMPOSE un entracte pour nous faire sortir et consommer des boissons sous couvert du bien-être des spectateurs (la haut, harry potter, avatar,...) - vous plaisantez ???

    j’ai contacté le gérant du MegaCGR de M. et il me parle du problème de rentabilité des grosses licences, du service d’ordre plus important, donc rien pour le service tout court... tout cela est la faute du siège...

    SOYEZ INNOVANTS !!!Plutôt que de copier vos produits sur l’Inde, vous devriez penser plus à votre clientèle et regarder ce qui se passe dans des pays comme l’Australie, les USA, ou le client est traité correctement :- une réservation donne droit à un accès privilégié (type Allo-ciné il y a 10 ans !!)- des séances Premium sont organisées- ce n’est pas au client de se déplacer pour consommer une boisson, mais une hôtesse est disponible en salle (comme dans les années 60)- les salles sont propres et dimensionnées correctement- les avants -premières sont liées à un evènement avant la projection

    les chiffres du CNC annonce aujourd’hui une fréquentation record en 2009, en hausse de 5% par rapport à 2008. Si vous voulez que cela continue, il va falloir rendre vos salles plus confortables que mon salon, sans une pause au milieu d’un film ou fauteuil plein de pop-corn collants... Sinon lorsque la VOD (video à la demande) sortira 2 mois après la sortie salle, je crois que je resterai chez moi pour enfin profiter du film avec toute ma famille.

    Je reste à votre disposition pour rencontrer votre directeur marketing, l’actuel ou le futur, si vous aviez envie de faire évoluer votre produit dans le bon sens.

    cordialementPH06 xx xx xx xx

    le responsable du CGR me rappelle dans la journée, hausse un peu le ton… suite à cet entretien, je renvoie un mail sur le site CGR

    Des films comme en inde (suite)

    je remercie Monsieur G, reponsable du Mega CGR de M., qui a corrigé deux erreurs de mon dernier mail, c’est la bobine de Harry Potter qui était abimée et non Transformer II qui lui était en numérique. Là-haut n’avait pas non plus d’entracte., c’était 2012.

    J’ai résumé ma demande en trois points à améliorer rapidement :- la gestion des files d’attente (éviter absolument l’effet entonnoir)- la propreté des salles- l’abolition des entractes

    Si les deux premiers points sont en parti de sa responsabilité, et qu’il faisait le maximum pour y remédier, le troisième est un point global au groupe CGR. Avec qui puis-je discuter de ce point ? le directeur d’exploitation du groupe CGR ? les représentants des studios en france ?

    je reste à votre disposition

    cordialementPH06 xx xx xx xx

    Réponse du directeur d’exploitation (siege CGR) par email…, le mardi.

    Bonjour,

    Suite à votre mail et votre échange avec Monsieur G, vous souhaitez des informations complémentaires.En ce qui concerne les files d’attentes, il nous est difficile de changer l’architecture du hall. Nous allons toutefois veiller à avoir le personnel nécessaire pour vous accueillir au mieux. Vous n’échapperez pas aux effets entonnoir durant les vacances et je ne saurais trop vous conseiller de venir au cinéma les AM hors vacances scolaires si vous ne supportez pas la foule. Vous pourrez ainsi apprécier le calme de notre hall.Pour la propreté des salles, je ne peux qu’être d’accord avec votre analyse et vous invite à faire passer le message autour de vous. La prise de conscience de notre clientèle est difficile, malgré des spots de sensibilisation, de la prévention au comptoir, etc. Malgré un investissement important dans le nettoyage, nous luttons contre le non civisme. Beaucoup de clients laissent traîner leur déchets sans se soucier des clients suivants dont vous faites partie. Je ne vois pas de solutions, si ce n’est continuer à mettre du personnel comme nous le faisons entre les séances. Encore une fois, les AM me semblent plus adaptés à votre venue.Enfin, en ce qui concerne les entractes, je comprends votre point de vue mais je ne le partage pas. A contrario de vous, beaucoup de clients nous remercient pour l’entracte car ils estiment la pause nécessaire. Pensez vous que nous nous tirerions une balle dans le pied si nous avions des analyses démontrant l’inverse ? Pensez vous que si ne n’était que mercantile nous nous générions pour passer de la pub à l’entracte, ce que nous ne faisons pas. Nous n’améliorerons donc pas ce point car nous sommes convaincus du bien fondé de ces entractes.

    Vous souhaitant une excellente année cinématographique 2010

    L. A.Directeur d’exploitation

    Ma réponse à ce Monsieur, toujours le mardiBonjour Monsieur,

    Merci pour votre réponse rapide et précise. Pour moi, le prix du billet appelle la même prestation quelque soit le nombre de personne dans la salle, ou l’heure de la journée : un fauteuil propre, un accueil décent et une projection d’une qualité irréprochable.

    Je comprends maintenant mieux votre position vis à vis des entractes, même si une rapide étude sur un site communautaire me prouve le contraire. Pour aller dans votre sens, je pense toutefois que cette situation peut-être améliorée :• par une meilleure signalitique : si vous considérez que l’entracte est un point positif, vous devriez changer la signalitique. En effet, aujourd’hui, seul un panneau au dessus des caisses le signale : vous devriez donc l’indiquer sur les affiches à l’extérieur, au dessus des caisses automatiques et sur le site internet. • par votre politique d’affectation de l’entracte car aujourd’hui elle n’est pas claire : vous associez cela à une durée du film, mais certains films aussi long n’ont pas d’entracte. Est-ce par film ? Par séance ? Par studio ?Au final, je me retrouve quasiment toujours devant le fait accompli, une fois assis dans la salle avec le panneau d’annonce de début de projection.

    Encore une fois, je ne vous écris pas par simple plaisir de critiquer comme tout bon français moyen, mais par soucis d’amélioration de votre produit.

    Très cordialementPH06 xx xx xx xx

    nouvel envoi sur le site, le mercredi

    Bonjour Monsieur,

    J’ai ce jour suivi vos précieux conseils et envoyé mes enfants de 17 et 16 ans regarder REC2, à la séance de 13h45 en salle 9 du complexe de M. Personne dans le hall, salle propre (c’est la première séance) et environ 14 personnes dans la salle. Il fait un peu frais. Il ne devrait pas avoir d’entracte. Parfait pour une bonne séance. Si ce n’est que :• le film se lance avec une partie de la projection sur l’écran, l’autre sur le plafond pendant 2 minutes • après intervention, une bande noire apparaît sur le quart droit l’image cachant une partie de l’image pendant 5 minutes • après intervention, et une proposition d’arrêt de la séance d’un responsable le film se relance... La séance continue donc • à environ 50min de film, tout a coup, l’image s’inverse (haut/bas) et le film se joue à rebours (son et image)... • heureusement tout s’est remis en place pour les 10 dernières minutes...

    Outre le comique de la situation, les billets non remboursés à ce jour, et le fait que je ne dois vraiment pas avoir de chance, je n’ai toujours pas compris quand je devais venir vous voir pour profiter pleinement d’une séance de cinéma.

    Mais je ne vous en tiens pas rigueur, je re-essaierai...

    CordialementPH06 xx xx xx xx

    POUR LE MOMENT, PAS DE REPONSE ☺…



  11. witt le 24 décembre 2009

    Pour le confort du spectacteur..tel était le message affiché aux caisses du CGR de Tours, au sujet de l’entracte mis en place pour le film Twilight 2. Ce film dure 2h10. Etonnamment, aucun entracte ne fut mis en oeuvre lorsque j’assistai aux projections de 2012 et Avatar. Des films d’une durée supérieure (et l’on peut rajouter, le fameux effet 3D pour le second). Conclusion simple : le public majoritairement adolescent (et non familial comme pour les deux autres, nuance importance au niveau du porte monnaie) de twilight etait cible de l’exploitant, désireux de vendre entre deux vampires son lot de confiseries. Pourquoi pas ? Mais que l’on arrête de nous prendre pour des truffes avec des explications ridicules. Après si le public est prêt à entrer dans le jeu et à consommer...Grand bien face aux exploitants de salle !



  12. Rcio le 24 décembre 2009

    Avatar est un film, considéré dans le droit français comme une oeuvre, elle est donc soumise au droit d’auteur et au droit moral.Le droit moral possède un droit spécifique correspondant à cette situation : le droit au respect à l’intégrité de l’oeuvre qui dit : " l’auteur peut s’opposer à toutes modifications, déformations ou mutilations de son œuvre. "Si on suppose qu’une coupure est une déformation (hypothèse plausible) alors J Cameron est en droit de se retourner contre ces cinémas, car ils ne respectent pas ce droit.Après la loi n’interdit pas de modifier l’oeuvre...http://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_d’auteur#Droit_moralEnfin, je ne suis pas expert en droit.



  13. EC le 25 décembre 2009

    Je ne pense pas qu’on pratique l’entracte qu’en France, par exempe j’ai vu Avatar en Autriche, à Viennne, avec une entracte aussi. C’est tellement français de toujours se voir en "exception". Sinon, pour mon experience, la pause était la bienvenue, pour un nanard pareil, et parce que j’ai les yeux sensibles, à condition bien sur d’être clairement prevenu de celle ci, ce qui à apparemment n’était pas le cas des spectateurs du CGR.



  14. sans importance le 26 décembre 2009

    Franchement j’ai l’impression de lire un ayatollah du cinéma, le commentaire de Ranx est le seul un tant soit peu réaliste : hého les gars c’est juste du DIVERTISSEMENT (et c’est un admirateur de Cameron, et ce depuis bientôt 20 ans, qui vous parle.

    Vous n’aimez pas les entractes, soit, mais réalisez que ce n’est pas si important en soi, en tout cas une entracte m’aurait permis de me lever pisser sans gêner la moitié du rang ! (je sors de ma 2ème vision d’avatar)



  15. Sonocle Ujedex le 26 décembre 2009

    "Le Groupe CGR ne fait que de l’entertainment" souligne la journaliste Emma Deleva de l’hebdomadaire professionnel Écran Total, "Il ne gère que des multiplexes et ne passe aucun film dit d’Arts & essais.[...]"

    C’est un peu faux quand même. Il y a bien des salles du CGR spécialisé dans les films Art et essai, les VO, les Indépendants et les petites productions. Notamment, à La Rochelle, il y la petite salle CGR Olympia qui s’adonne à cette pratique.

    Mais il est vrai qu’il n’y a pas légion de salles de ce genre dans la chaine CGR, pour ne pas dire peu. Le site du CGR propose une carte de toutes ses salles en France, dont ses salles Art et essai. Vous pouvez vérifiez par vous même.



  16.  le 30 décembre 2009

    y’a pas d’entracte, stop mytho.



  17. Arnaud le 5 janvier 2010

    Personnellement même en me vidant avant la séance j’avais quand même envie d’aller pisser pendant l’entracte. Et à la fin du film rebelote.Je suis pour les entractes à partir du moment ou le film dure plus de 2h30. En dessous cela n’est pas justifié (si ce n’est pour des raisons purement commerciales). Ah oui et l’entracte doit être bien placé, c’est heureusement le cas pour Avatar, il survient à un moment charnière dans l’histoire.Enfin voilà, j’ai bien apprécié l’entracte, car j’ai déjà vu le film 2 fois et la première fois il n’y en avais pas (je vous raconte pas la galère...).

    Par contre pas de pub pendant l’entracte faut que ça continue, on en bouffe déjà assez avant (30min de pub dans les CGR)...

    Sinon continuez d’aller voir et revoir Avatar, c’est un super film, il mérite le coup. De plus James Cameron est un réalisateur de génie, je suis fan depuis 15ans...Je pense aisément atteindre les 4 visionnages du film !



  18.  le 16 janvier 2010

    Il faut savoir que dans certains forums ou site "professionnels", l’information qui est relayé ici (CGR, comme d’autres d’ailleurs, se permettent de couper des films - les distributeurs fermant les yeux) a du être retirée sous la pression, que certaines personnes se sont vues sanctionnées professionnellement pour avoir osé affirmé cette vérité.

    Il en va de même avec l’utilisation de certains technologies, comme les écrans silver, permettant d’utiliser des lunettes RealD (les petites lunettes noires "jetables") : ce système ne respecte pas les normes de qualité du cinéma, et en parler ouvertement, dans la profession, est risqué pour quiconque tient à son salaire.

    Bref, sachez que derrière ce sujet marrant et probablement anodin pour le spectacteur lambda, il en y a qui payent pour relayer cette information, victimes de manoeuvres à la limite de mafieuse - assez traditionnelles du cinéma français d’ailleurs...

    Aussi, un Grand Merci à ce site d’exister, pour permettre de relayer de l’information !



  19.  le 16 janvier 2010

    Enfin, je relis le courageaux courrier de l’un d’entre vous échangé avec la direction de CGR, et tombe sur ce beau morceau de mauvaise foi :"Enfin, en ce qui concerne les entractes, je comprends votre point de vue mais je ne le partage pas. A contrario de vous, beaucoup de clients nous remercient pour l’entracte car ils estiment la pause nécessaire. Pensez vous que nous nous tirerions une balle dans le pied si nous avions des analyses démontrant l’inverse ? Pensez vous que si ne n’était que mercantile nous nous générions pour passer de la pub à l’entracte, ce que nous ne faisons pas. Nous n’améliorerons donc pas ce point car nous sommes convaincus du bien fondé de ces entractes."

    La vérité est que :* le film étant numérique, il est simple de pratiquer une entracte (afficher une image fixe), mais plus complexe de projeter du contenu alternatif durant l’entracte (nécessite un second projecteur - donc des coûts supplémentaires). * si les disributeurs ferment encore leur gueule sur les entractes, ils sortiraient de leur réserve si CGR osait passer de la pub : ils réclameraient alors soit la cessation de cet usage, soit un partage des recettes de cette publicité.

    Prendre le public pour bouclier alors que le seul but est de maximiser son chiffre sur la confiserie, c’est vraiment prendre des gens pour des cons : depuis quand un CGR se soucie du bien être de ses spectateurs ? Il suffit de rentrer dans le hall, de juger de son organisation, de juger de la qualité de l’accueil pour se rendre compte que tous les efforts sont faits pour optimiser le rendement, pas le confort !



  20. david le 24 janvier 2010

    J’ai les boules impossible à Tours (37) de voir le film sans entracte.Qu’il y ai des séances avec ou sans entractes passerais, mais là je préfère télécharger le film en version dégueulasse que de voir un film couper en deux.

    Que fait l’auteur, c’est lui que les salles pirates de son oeuvre.



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