Atlantico, les otages et France Télévisions
Selon les informations fournies à Atlantico par Gérard de Villiers, France Télévisions aurait changé son message sur la détention des otages et de leurs accompagnateurs à cause d’une trahison d’un de ces derniers. Une hypothèse contestable.
Il n’y va pas avec le dos de la cuiller, Gérard De Villiers, le journaliste et écrivain - la série des SAS -, en affirmant sur Atlantico que "grâce à une source à Kaboul digne de foi, France Télévisions a appris que les deux journalistes ont été livrés à un groupe de talibans par un de leurs accompagnateurs, qui avait changé de camp. Comme on ignore lequel, France Télévisions a décidé de "lisser" sa formule, afin de ne pas encenser un traître".
Une affirmation qui peut être lourde de conséquences dans un contexte diplomatique tendu, puisqu’elle est susceptible de peser sur d’éventuelles négociations entre la France et les ravisseurs. Et tout bonnement, parce qu’elle joue avec la vie d’êtres humains... Une affirmation dont on peut aussi légitimement douter, car il est fort probable qu’il faille chercher ailleurs une cause au changement de message dédié aux otages français sur FTV.
Gilad Shalit et Carla
Tout d’abord, parce que dans le contexte du moment, l’urgence de ne plus décompter était aussi liée à l’incertitude quant au sort des otages en Côte d’Ivoire.
Mais, cette variation du message quotidien des journalistes à leurs collègues retenus en otage peut tout aussi bien s’expliquer par l’intrusion d’une autre affaire montée en pression au même moment. Il s’agit de celle de l’otage franco-israélien Gilad Shalit, dont les soutiens très actifs ces derniers temps
auraient vu d’un bon oeil qu’il figure dans la liste de ces détenus à ne pas oublier par le service public.
Le cas Shalit devenant suffisamment urgent
pour brouiller les cartes. Y compris celles de Gérard De Villiers. France Télévisions parle donc maintenant à l’antenne des otages, et de tous, sans en dire plus sur leur nombre, histoire de ne froisser aucune susceptibilité, et ne pas peser plus sur les processus en cours. L’état-major de la télévision publique devrait d’ailleurs prendre une position officielle très prochainement, ce qui couperait cours aux rumeurs.
