Android, beaucoup de bruit pour pas grand chose...
Comscore révèle les chiffres du marché des smartphones aux États-Unis pour la période des fêtes de fin d’année 2009. Si RIM conserve la tête et qu’Apple consolide sa deuxième place, Android peine toujours à être un acteur de poids malgré la force de frappe conjuguée de Google et Motorola.
Les chiffres sont trompeurs. Comscore vient de publier les chiffres du marché des smartphones aux États-Unis. L’institut a réalisé une photographie des parts de marché de chacun des systèmes d’exploitation à partir des abonnements souscris de novembre à janvier 2010. Cette période, celle des fêtes est évidemment observée avec attention, car elle donne souvent le la pour le restant de l’année. Aux États-Unis le marché des smartphones apparaît comme relativement plus développé qu’ailleurs. 47 millions d’Américains possèdent un téléphone évolué, et la tendance ne fait que s’accentuer – au total 234 millions d’Américains ont un abonnement à un téléphone mobile.
L’étude pointe tout d’abord la bonne forme de RIM sur le marché nord-américain. Avec son Blackberry, très populaire auprès des entreprises mais aussi des jeunes fans du sms, la société canadienne a passé des fêtes de Noël bien calée tout en haut du classement avec une progression de 1,7 point pour atteindre 43% de parts de marché entre octobre 2009 et janvier 2010. Une performance importante qui démontre la solidité de la relation entre le BlackBerry et ses utilisateurs, et cela malgré la relative faiblesse technologique des produits comparés à ses rivaux. Outre la fidélité acquise par la marque auprès de ses clients, le BlackBerry profite aussi d’une distribution chez tous les opérateurs, et des prix de vente particulièrement compétitifs. A cela, il faut ajouter le nombre impressionnant de modèles disponibles, ce qui explique en grande partie la force de RIM sur ce segment. RIM décroche également une cinquième place dans le classement des constructeurs avec 7,8% de parts de marché derrière Motorola (22,9%), LG (21,7%), Samsung (21,1%) et Nokia (9,1%).
En second, mais à une bonne distance, on trouve Apple et son iPhone. En moins de trois ans et trois modèles, la société de Cupertino a réussi à capter 25,1% du marché des smartphones aux États-Unis. Entre octobre et janvier, iPhone n’enregistre qu’une faible progression de 0,3%. A cela plusieurs explications. Tout d’abord, l’iPhone aux États-Unis est sensiblement ralenti dans sa progression par le contrat d’exclusivité signé avec AT&T. Alors qu’en Europe, notamment en France, l’ouverture de la distribution à la concurrence entre les opérateurs a permis de réaliser une progression des ventes bien supérieure. Il est aussi évident que l’attente des consommateurs pour un nouvel iPhone, qui devrait être dévoilé avant l’été a pesé et contrarié en partie les intentions d’achat.
Puissance des marques
L’étude Comscore confirme le fait que rien ne va plus pour Microsoft. Malgré l’ancienneté de Windows Mobile, et le nombre impressionnant de modèles proposés supportant ce système d’exploitation, sans compter la relance hasardeuse tentée avec la version 6.5, la plateforme made in Redmond continue de perdre du terrain. Les prix cassés n’y ont rien fait, et selon Comscore les Windows Phones perdent encore des points avec 15,7% de parts de marché contre 19,7% en octobre 2009. Microsoft va certainement concentrer tous ses efforts lors de la sortie en fin d’année des premiers appareils équipés de Windows Phone 7.
Derrière l’ogre de Redmond, viennent les mobiles fonctionnant sous Android. Et il est peu de dire qu’ils ont encore déçu. Désignés comme les futurs géants du secteur par un consensus d’analystes lorsque Google a dévoilé sa stratégie, il y déjà plus d’un an, les Google phones n’ont pas tenu leurs promesses, loin s’en faut. Sur cette période Android passe de 2,8% à 7,5%. La progression est impressionnante, mais elle doit être largement relativisée. En effet, Android a certainement été avec iPhone la plateforme la plus médiatisée. Elle a profité de la distribution exclusive de la part des autres opérateurs américains Verizon, T-Mobile, etc., comprenez les concurrents d’AT&T, qui ont mis tout leur poids dans la bataille. Ajoutons à cela, la puissance de marques comme Google ou Motorola, et la disponibilité d’une petite dizaine de modèles à des prix souvent très agressifs, et pourtant, Android ne représente qu’une petite partie du marché des smartphones, et rien ne dit que la progression enregistrée pour ces fêtes de fin d’année va se poursuivre – Microsoft veille et ne se laissera certainement pas faire. Enfin, Android ne semble pas être un bon pari pour les constructeurs. Mis à part HTC, qui agit souvent comme un simple fabricant pour d’autres, comme avec le Nexus, les téléphones sous Android n’ont pas permis à Motorola par exemple de prendre des parts de marché – la société aux ailes d’argent perd 1,2% sur la totalité du marché, alors que le Milestone s’est plutôt bien vendu. Google apparaît aussi comme le grand perdant. Là encore, malgré le retentissement du lancement du Nexus, la société a démontré une fois de plus son incompétence dès qu’il s’agit de vendre quelque chose... Sur la première semaine Google avait écoulé à peine 20 000 unités, et une baisse immédiate du prix de 100 dollars n’a rien changé. Le Nexus One n’a pas pris.
Il y a fort à parier que l’arrivée des Windows Phones enterrera définitivement ce système, si Google ne réforme pas en profondeur sa stratégie.
