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Analyse : Pandora rapporte déjà plus que Youtube aux ayant droit de la musique

Le 11 Mars 2010 dans So_cult’ par Philippe Astor

Si les estimations d’un analyste de Citigroup publiée cette semaine sur le blog All Things Digital du Wall Street Journal se révèlent fiables, sur les revenus publicitaires dégagés par Youtube, force est de constater qu’un service de radio personnalisée non-interactif comme Pandora rapporte déjà plus d’argent aux ayant droit de la musique que la plateforme de vidéo en ligne de Google. Et ce n’est qu’un début.

Selon un analyste de la banque américaine Citigroup, Mark Mahaney, le service de vidéo en ligne Youtube de Google devrait dégager en 2011 un chiffre d’affaires publicitaire de 1,05 milliard de dollars et reverser 397 millons de dollars aux fournisseurs de contenus qui alimentent sa plateforme et ont conclu un accord de partage des revenus avec elle. Le même analyste estime que Youtube a dégagé un chiffre d’affaires de 727 millions de dollars l’an dernier, et reversé 254 millions de dollars aux fournisseurs de contenus.

Pour réaliser ces estimations, Mark Mahaney s’est basé sur les revenus publicitaires (CPM) générés par chaque page vue sur MySpace et a appliqué ce ratio au nombre de pages vues de Youtube. Il a ensuite considéré que 50 % des vidéos regardées sur Youtube relevaient d’un accord de partage des revenus avec un fournisseur de contenu, qui perçoit une quote part de 70 %.

Si on se base sur ces estimations, et sur l’étude publiée fin février par la compagnie Sysomos, qui considère que la musique représente 30,7 % de l’audience de Youtube, on peut estimer le montant de revenus publicitaires reversés par Youtube aux ayant droit de la musique en 2009 à 78 millions de dollars à l’échelle mondiale, et à 18,2 millions de dollars sur le seul territoire américain (23,4 % de l’audience de Youtube selon Alexa).

2,5 fois plus de droits reversés par Pandora en 2010 ?

Ce dernier chiffre est particulièrement intéressant à considérer, en comparaison, notamment, de ce que le service de radio personnalisée non interactive Pandora a rapporté aux ayant droit de la musique l’an dernier aux Etats-Unis, soit 30 millions de dollars (60 % de son chiffre d’affaires), avec seulement 40 millions d’utilisateurs (versus plus de 100 millions de visiteurs uniques par mois aux Etats-Unis pour Youtube désormais, selon comScore). Sans compter que Pandora, qui est le premier affilié d’iTunes aux Etats-Unis, génère aussi des ventes de musique en téléchargement.

Selon un analyste financier cité par le New York Times dans un article récent, Pandora pourrait d’ailleurs doubler son chiffre d’affaires en 2010, et reverser donc quelques 60 millions de dollars aux ayant droit de la musique aux Etats-Unis, quand le chiffre d’affaires de Youtube ne devrait progresser que de 30 %, selon Mark Mahaney, et la quote-part reversée aux ayant droit de la musique américains s’élever à 23,6 millions de dollars. En 2010, Pandora pourrait donc leur rapporter 2,5 fois plus que Youtube.

Tout cela est très instructif, en terme d’analyse comparé des nouveaux modèles de revenus de la musique sur Internet, surtout si on fait rentrer dans la boucle les investissements consentis de part et d’autre, qui sont sans commune mesure (mois de 80 $M levés pour Pandora, quand Google a payé 1,6 milliard de dollars pour racheter Youtube). De quoi se laisser gagner par une sorte de frayeur rétrospective, par ailleurs, si l’on se souvient que Pandora a bien failli mettre la clé sous la porte en 2009, en raison des velléités du Bureau du copyright américain de revoir significativement à la hausse les barèmes tarifaires du webcasting.

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2 Commentaires

  1.  le 11 mars 2010

    Cela fait du bien à google de se faire battre par d’autres concurrents... casino sans telechargement



  2.  le 12 mars 2010

    Excellent billet !Il faut rappeler que Pandora cleare ses droits voisins via la gestion collective (SoundExchange), contrairement à la plupart des acteurs qui proposent des formes de services interactifs/musique a la demande, qui eux relèvent du régime exclusif (contrat avec chaque label).Or les majors resistent a la gestion collective, sous prétexte de mieux contrôler la monétisation de leur contenus.Un bon contre-exemple à méditer...Espérons que ce type de billets contribue à préciser les chiffres.Vincent Castaignet



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