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Affaire Peillon, France 2 a perdu le pouvoir

Le 15 Janvier 2010 dans Old fashion media par Emmanuel Schwartzenberg

En refusant de participer à un débat sur France 2, Vincent Peillon a montré que les politiques n’avaient plus besoin de passer impérativement à la télévision pour se faire entendre. La concurrence est rude pour ce média vieillissant, dont l’importance décroît au fur et à mesure que le Net gagne la bataille de la popularité.

L’AFFAIRE PEILLON marque la fin de la position dominante des grandes chaînes généralistes dans l’univers des médias. A tort ou à raison, les hommes politiques, les vedettes de ce pays considèrent que l’on peut leur claquer la porte au nez sans risque de voir sa carrière ternie.
Jugez plutôt, Vincent Peillon, leader socialiste, incarnation de la nouvelle vague qui pose un lapin très calculé à Arlette Chabot, directrice de l’information de France 2, qui l’avait invité à débattre, après Marine Le Pen, avec Eric Besson, ministre de l’Identité nationale et de l’Immigration, et qui s’en réjouit, révèle la position réelle qu’occupe France 2 aujourd’hui.
On n’a plus peur de cette chaîne comme les autres. A commencer par Martine Aubry, première secrétaire du PS, qui reconnaît avoir été prévenue de ce coup d’éclat deux jours avant l’émission et de Patrick Menucci, secrétaire national adjoint du PS, l’homme fort des Bouches-du-Rhône qui se félicite de cet acte de résistance.

100 000 personnes consultent son blog

Aucun ne redoute de faire les frais de cet acte de solidarité. Patrick de Carolis a beau écrire que le "boycott volontaire des antennes de France Télévisions par un élu socialiste menace le fonctionnement même du débat démocratique dans les médias audiovisuels, qu’ils soient publics ou privés", le président de France Télévisions ne fait trembler que lui-même.
Le temps est révolu où les hommes politiques ne déclinaient jamais les invitations à la télévision qui ne leur plaisaient guère car ils savaient que l’on pouvait leur en tenir rigueur par la suite.
Brocardé par France Télévisions, Vincent Peillon revient sur les pages d’accueil de tous les sites d’information. Son blog aurait été consulté par 100 000 personnes et il est reçu par France Info et Canal+. La politique de la chaise vide ne l’a pas privé de tribune. Bien au contraire.
Cette affaire est à rapprocher de celle d’Albert Dupontel qui avait claqué la porte du journal de Laurent Bignolas sur France 3. Il avait quitté, le 15 octobre 2009, le plateau où il était interviewé car le présentateur lui avait confié, goguenard qu’il allait l’interviewer sans avoir vu son film Le vilain. "Moi, je mérite mon salaire, ce qui n’est pas votre cas si vous ne voyez pas les films, c’est votre boulot d’aller voir les films avant d’inviter les gens" avait dit le réalisateur et comédien. Le lendemain, sur l’antenne de France Info, Arlette Chabot avait soutenu Laurent Bignolas qui avait, selon elle, fait "preuve d’honnêteté".

Débat biaisé

La profession cinématographique, les grands circuits de distribution et même sa productrice se sont interrogées sur l’opportunité de pratiquer la chaise vide lorsque l’on doit promouvoir son film.
Qu’ils aient raison ou pas, n’est plus vraiment le problème. Il va bientôt falloir admettre que les invités des plateaux télévisés, réalisés en direct, ne viendront plus s’ils ne pèsent pas sur leur contenu. Les metteurs en scène voudront être interrogés par des journalistes qui connaissent leurs sujets tandis que les leaders politiques refuseront de participer à un débat qu’ils estiment biaisé.
La Toile, la fragmentation des médias, leur offre une alternative qui les place aujourd’hui en position de force. Pour ne pas avoir compris ce nouveau rapport de force, les chaînes publiques qui devraient donner l’exemple se retrouvent dans une position de faiblesse extrême.
Au lieu de développer la rigueur journalistique et de prendre la hauteur sur les événements, elles condamnent ceux qui révèlent leurs faiblesses.
Une politique de gribouille qui ternira la fin du mandat de Patrick de Carolis.

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17 Commentaires

  1. fab35 le 15 janvier 2010

    Belle analyse, que je partage.



  2. Hum le 15 janvier 2010

    Attendons de voir si sa carrière ne sera pas ternie...il suffit déjà de voir Le Grand Journal sur canal plus ce soir ou il s’est fait flinguer par les chroniqueurs politiques Duhamel et Apathie. Menteur, irrespectueux, malhonnête...les arguments avancés ont fait mouche sans oublier pour terminer le refus de Vincent Peillon de débattre avec Arlette Chabot au téléphone pendant l’émission. Je crois au contraire qu’avec cette attitude il vient de signer son arrêt de mort politique....



  3. citoyen99 le 15 janvier 2010

    Cet article est à côté de la plaque.Tous les politiques feraient les pieds au mur pour aller devant les cameras.Peillon à cherché par ce coup à redorer son blason passablement terni par son précédent accrochage avec Royal. En fait, sa stratégie a lamentablement echouée et il s’est enterré complétement. Les socialistes ne sortiront pas non plus indemne de ce coup foireux.



  4. Thomas le 15 janvier 2010

    Commentaire à côté de la plaque, je m’en excuse par avance.Il est sans doute tentant de rapprocher cette affaire de celle moindre dans son importance, semblable au mieux dans l’écho qu’elle rencontra, qui fit quitter A. Dupontel le duplex de France 3. Sinon que pour cette dernière, il est tout de même beaucoup affaire de ressenti. Le vôtre, "goguenard", semble faire litière de tant de précédents dont aucun invité n’est dupe - c’est d’ailleurs une des choses dont Ardisson est le plus fier : ne jamais ou presque lire le livre, écouter le disque, voir le film de son invité. Pour une fois qu’un journaliste le reconnaissait, (subjectivité contre subjectivité, je ne l’ai pas trouvé "goguenard" mais sincère), il me semble que la réaction de Dupontel, faussement naïf m’a-t-il semblé, était sans doute justifiée, mais si agressive qu’elle a fini par être déplacée. Après tout, les journalistes, en matière artistique, sont le plus souvent des passe-plats (questions ineptes, réchauffées, etc.) et ce que le journaliste lui proposait (je rappelle que hors en antenne il avait prévenu A. Dupontel - ce qui accroît l’impression de scandale à peu de frais anticipant celui de Peillon) n’était rien d’autre que la possibilité de dire quelques mots de son film. Quel drame !



  5. Olivier le 16 janvier 2010

    J’espère que l’on va perdre peillon sur la scène politique.Cet acte n’est qu’un acte de barbouze, pret à tout pour se mettre en avant, et surtout, pret à tout pour vendre un bouquin qui sort dans les prochains jours !!Lamentable, à l’instar de ses collègues socialistes (Royal et ses coup d’éclats dignes d’un enfant de 5 ans, Aubry et la boisson, Strauss-K et ses poules, Allègre qui ne croit pas à l’effet de serre.... belle brochette !!!), pret à tout pour faire le buzz ! Des buses, oui !!!!Boycottons les socialistes !!!!



  6. Sand le 16 janvier 2010

    Maintenant qu’ils ont trouvé Peillon, je vous assure qu’ils ne vont pas le laisser sur la paillasson !

    Quel petit bonheur quand le pré se voit au travers de la télé ruinée par autant de petites morts que les figurants se comptent par milliers, restés là devant le palier à s’essuyer leurs pieds sans jamais rentrer.

    J’ai aussi vu Peillon, hier soir sur le canal, matraqué par guignol pour bien jouer ce rôle dont personne ne peut connaître la chute, encore maintenant...

    à suivre, je préfère dire, un tel divertissement ne se refuse pas, comme aussi, je me rappelle encore, pour Hadopi à l’assemblée, quand ils sont tous allés boire leur café, comme c’est drôle, la Télévision !!!!!!Mais j’avoue qu’internet, c’est encore mieux+mieux comme canal !!!!



  7. Vivian le 16 janvier 2010

    Même si je partage votre avis sur la perte de vitesse de la télévision face à Internet, je trouve que votre rapprochement entre cet état de fait et l’affaire Peillon est assez tiré par les cheveux. Peillon n’a pas du tout fait ce coup d’état pour monter la puissance d’Internet ou quoi que ça soit d’autre, il a juste montrer qu’il ne souhaitait pas débattre (que ce débat ait lieu à la télé ou sur Internet, ça reviendrait au même).

    Il a refusé de débattre, pas de passer à la télé !! Je trouve vraiment que c’est un très mauvais choix de refuser de débattre. Ou que ça soit. D’ailleurs, dire que le débat politique en France peut se reporter sur Internet est un peu prématuré. Un jour, peut-être, mais certainement pas encore aujourd’hui.



  8. Sand le 16 janvier 2010

    Moi je pense que refuser de débattre à un moment où, Monsieur Peillon à juger meilleur de ne pas le faire, c’est accorder le droit de la liberté de pensée, qui passe à mon avis avant la liberté d’expression.

    Et je pense aussi que refuser de débattre à un moment donner ( par rapport à ce que j’ai écrit ci-dessus) c’est mieux débattre plus tard.

    Et, c’est donc croire à demain, et débattre sur du futur, non sur des faits, comme celui-ci, qui ne mérite pas d’étaler ou de débattre outre mesure, à moins que ce ne soit lui donner plus d’importance qu’il en a maintenant, ...puisqu’il appartient désormais au passé.

    Et l’ouverture, elle est devant, devant !!!!



  9. jemery le 16 janvier 2010

    le pb la dedans ce sont les public visés ... qui regarde les debats a la télé ? qui consulte les blogs ? (pr infos mes parents grand parents ne consulte pas les blog ) la télé en revanche il l’a regarde ...la télé est en déclin du moins le net gagne de plus en plus de Vus .. et ca continuera mais la télé permet de toucher directement des millions de personnes .. il le dit son blog VU=100 000 .... alors qu’un claquage de porte en live direct a la télé c etait en millions ...

    Ce que je trouve dommage ensuite c’est qu’il a laissé la place libre au FN ... et au ministre de l’immigration ... On dirait que les gens ont pas compris qu’en parlant pas du FN en débattant pas contre eux c’est comme ça qu’ils arrivent aux 2nd tour ... :(((((( mais bon le PS 2002 ca doit etre loin pr eux ...

    De plus il parle de son blog mais sur son blog il trie les commentaire en laissant seul les soutiens donc il censure les avis divergeant ..(j’avais laissé un commentaire dans ce style là et sans insulte ou autre il a pas été publié ...)donc CCL ... il joue la com’, pas les convictions ...dommage ca aurait pu servir au PS ...



  10. Sand le 16 janvier 2010

    Et jamais vous avez pensé que si le FN serait passé en 2002, ça aurait été tellement fracassant d’avoir des extrémistes aux pouvoirs, qu’au moins, ensuite, le PS aurait repris toutes ses valeurs, et on ne se serait pas farci un sarkosisme en pleine crise mondiale.

    Ca leur aurait remis les idées en places, aux gens, télé, spectateurs, internautes et tous confondus.

    Parce que à présent, plus personne ne sait où donner de la tête avec tout ce bordel, les droites de la gauches, les gauches de la droites, pfff, taratata !

    Non, plus besoin de débattre si c’est dans des conditions pareilles, mieux vaut faire ce qu’on a à faire, après on cose.



  11. David le 17 janvier 2010

    Bonsoir,

    Je tiens à saluer le courage et l’honnêteté de M. PEILLON pour avoir réalisé ce coup médiatique, que dis-je "ce coup de Maître", qui a ébranlé le monde des médias, il a tapé au coeur même de l’outil de propagande du pouvoir : la télévision (totalement servile à l’égard du pouvoir en place - puisque appartenant à celui-ci). Je vous invite à lire les ouvrages de serge Halimi, Pierre Bourdieu ou encore le très connu Noam Chomsky, vous comprendrez le rôle des grands médias dans les "démocraties modernes" (manufacturing of conscent).Le lendemain, tout ce déferlement de mépris et de haine de la part des journalistes à l’égard de PEILLON (Apathie, Duhamel et tous les journalistes, tous, tous solidaires !!!) n’est pas anodin, ils se sentent désormais vulnérables et la machine s’emballe...Peillon, a ouvert une brèche !! Flâter les bas instincts du peuple en leur lavant le cerveau sur un faux débat sur le racisme (UMP/FN) en vue de siphoner à nouveau les voix du FN aux prochaines élections régionales. Le fait que "l’utile idiot du PS" ne soit pas présent sur le plateau, cela a démontré, car j’ai regardé le débat entre LEPEN et BESSON, que franchement c’est ridicule, et l’émission de CHABOT aussi !! elle s’est faite prendre à son propre piège !!! excellent !!!!!!A vouloir jouer , ils ont tous perdus, CHABOT, BESSON, LEPEN (qui avait perdue dans tous les cas de toute manière), mais le grand gagnant c’est PEILLON... Je jubile..On a pas fini d’en reparler, l’effet escompté est réussi. Pour moi cet évènement de janvier 2010 restera un grand moment de la télévision en faveur de la démocratie.

    David de Pau.



  12. Sand le 17 janvier 2010

    @David : Bonjour je viens de beaucoup apprécier votre intervention comme un " guide mots passants ".

    J’ai un cousin qui s’appelle David, David Dumas, un être d’exception, de très nombreuses années que je n’ai plus de ses nouvelles dû à de terribles mal-entendus des anciens, les non-dits et les trop vrais.

    C’est effectivement, comme vous le dîtes si bien, un petit scoop ce coup " Peillon ", ni perdants, ni gagnants, comme un " petits meurtres entre amis "...au devant la lumière, de quelle couleur est-elle, nul ne le sait encore que d’espérer un semblant de lueur sortant des ombres sombres.



  13. daninotte le 17 janvier 2010

    A travers cette affaire,les politiques oublient qu’ils sont bien rémunérés et par nos impôts pour nous représenter.Nous ne sommes plus au temps des seigneurs et il ne faut pas s’étonner que les français boudent les urnes.Il serait intéressant au moment des régionales de rappeler aux francçais les rémunérations et avantages divers de tous nos politiques et dans les budgets locaux quel est le pourcentage des salaires, remboursement de frais ...

    Monsieur PEILLON a manqué de respect vis à vis des français et ses propos vis à vis de la télévision sont petits et pas dignes d’un politique.



  14. Guillaume le 18 janvier 2010

    Votre analyse est très intéressante, merci.

    Mais :

    1- je ne vois rien qui puisse ternir l’excellent mandat de Patrick de Carolis, vous parlez d’ailleurs d’un changement de rapport de forces qui dépasse France Télévisions.

    2- comme beaucoup ici, je ne décolère pas de l’attitude méprisante et insultante de Peillon et du PS (Aubry étant informée) non seulement à l’égard d’Arlette Chabot qui fait très bien son boulot, mais aussi à l’égard des téléspectateurs. Je me suis senti autant planté que Mme Chabot, la voix du PS manquait cruellement à ce débat pourtant très bien mené...



  15. meilavern le 19 janvier 2010

    Si le PS disposait d’une alternative à la montée du sécuritaire, il n’aurait pas besoin de ces frasques. Il n’y a pas que la télé en perte de pouvoir.



  16. Olivier le 19 janvier 2010

    Bonjour ,

    Qui parle de courage pour Sir Peillon ne connait pas le PeillonSi le courage c’est dorénavent fuir, cela me parait inquiètant , ...... ou, peut-être pas !Et si c’était cela la nouvelle société de communication : ne pas débattre, fuir les rendez-vous, faire des coups d’ éclats, se défouler sur des blogs à sens unique.....Cela me rappelle, Sir (triste..)Peillon la fuite en avant, le courage de Pin Pin 1er, pardon, mR Jospin un soir d’avril 2002 : courage fuyons.belle exemple de combatitivité,aucun doute.Quant à se dire que le jour de l’éclat du Peillon restera dans les annales.........certainement pas dans les annales de la démocratie !



  17. mimi4124 le 22 janvier 2010

    Honte à Peillon, belle exemple pour les jeunes.Cela prouve son courage politique...de même pour Martine Aubry bien informée de l’affaire.Appliquer le principe de la chaise vide démontre bien une tête bien vide...



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