Affaire Jiwa : Droit de réponse de Sony Music
Après la publication d’une lettre ouverte de Thierry Chassagne, patron de Warner Music, la société Sony Music nous a demandé de diffuser également le droit de réponse de Christophe Lameignère, président de Sony Music France.
Suite aux propos prêtés à la société JIWA, Sony Music Entertainment
France souhaite apporter les clarifications suivantes.
Jiwa a exploité des enregistrements appartenant au catalogue de Sony
Music Entertainment France pendant une année entière (2008-2009), en
totale violation de ses droits voisins, avant qu’un contrat ne soit
conclu. C’est d’un commun accord que Jiwa et Sony Music Entertainment
France se sont alors entendus sur le montant minimum garanti contractuel,
lequel n’a jamais été versé par Jiwa.
Mise en demeure de s’exécuter, Jiwa, a, à l’automne 2009, renouvelé
ses engagements envers Sony Music Entertainment France, en concluant un
protocole, échelonnant sa dette. Jiwa n’a pas plus respecté ce protocole
que le contrat d’origine.
Au total, voilà près de deux ans que Jiwa exploite des enregistrements
relevant du répertoire de Sony Music Entertainment France, sans aucune
contrepartie pour celle-ci comme pour ses Artistes, et ce au surplus en ne
fournissant pas le moindre relevé d’exploitation des écoutes effectuées
sur le site.
Jiwa se plaint de "manger son chapeau" faute d’avoir recoupé le minimum
garanti, alors qu’elle ne l’a pourtant pas acquitté. On y perd son latin
[ou, en l’espèce, son lapin !]. En tout état de cause, Sony Music
Entertainment France se réjouit de lire que "Jiwa n’envisage pas de
déposer le bilan", puisque cela laisse entendre que Jiwa devrait enfin
être en mesure de respecter ses obligations.
Jiwa souhaite imposer une "gestion collective", mais ce régime,
contestable, ne permettrait pas davantage à Jiwa de s’abstenir de
rémunérer les Artistes et plus généralement les ayants droits (dont
les producteurs, seuls à investir dans la production des enregistrements,
actifs essentiels de leurs sociétés).
Contrairement à ce que Jiwa laisse entendre, d’autres acteurs du
secteur se sont vus proposer par Sony Music Entertainment France et ont
accepté les mêmes conditions financières, et ils n’ont pas - eux - eu
de difficulté ni à les acquitter ni à les recouper.
Des sociétés telles que Jiwa, manquant à chacun de leurs engagements,
nuisent au développement du marché numérique, en ponctionnant une partie
de l’audience et des recettes publicitaires qui auraient pu revenir à des
concurrents plus respectueux des droits de chacun.
Sony Music Entertainment France reste bien évidemment prête à négocier
avec les nouveaux acteurs de l’Internet, comme elle l’a fait par
exemple avec Deezer en 2007, sous réserve cependant que ces derniers
bâtissent un modèle économique pérenne et n’utilisent pas la
musique, dans une logique spéculative, comme un simple produit
d’appel.
- Clefs
- C. Lameignère jiwa sony music
